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L'ascension d'Eurabia, Robert Spencer
Oriana Fallaci se réfère beaucoup, dans son dernier livre à cette Eurabia dont Bat Ye'or a si bien traité. Nous avons remis en course le très long article de Bat Ye'or, pour les mêmes raisons nous remettons en course cet article beaucoup plus bref, mais néanmoins utile sur ce sujet.18 Mars 2004
FrontPageMagazine.com
La connaissance d'Eurabia est un éclairage obligé pour comprendre l'Europe où nous évoluons. Dans cet article, Robert Spencer annonce la parution prochaine du livre de Bat Y'eor. Simon Pilczer
Traduction française de Simon Pilczer
Original anglais : «The Rise of "Eurabia"»
www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=12618
Maintenant que l'Espagne a rejeté le gouvernement pro-américain dans le sillage des attentats de Madrid, et qu'Oussama Ben Laden est de fait, devenu le ministre des Affaires Etrangères espagnol, la question n'est pas tant "Pourquoi cela est-il arrivé ?", mais "Pourquoi cela a-t-il pris si longtemps ?". Ce qui est vraiment surprenant n'est pas l'acte spectaculaire d'apaisement de l'Espagne, mais le fait que le gouvernement anti-terroriste d'Aznar soit allé à l'encontre des vents dominants en Europe en premier lieu. Pendant plus de trente ans, l'Europe - y compris l'Espagne - s'est préparée à ce moment: faire tout son possible pour se transformer en foyer le plus récent de l'Islam politique renaissant.
La célèbre historienne, Bat Y'eor, explique que l'Union européenne a construit depuis 1973 "une infrastructure complète d'alliances et des liens économiques, industriels, médiatiques, culturels, financiers avec les pays de la Ligue arabe". Cette nouvelle entité euro-musulmane - qu'elle a surnommée "Eurabia" [1] - a été consciencieusement conçue pour constituer un "contrepoids à la puissance américaine" sur la scène mondiale, "dont le but était de séparer et d'affaiblir les deux continents par une incitation à l'hostilité et au dénigrement permanent de la politique américaine au Moyen-Orient".
Eurabia est une entité politique et économique. Par une succession d'accords internationaux, l'Europe a accepté de soutenir les objectifs de la politique du monde islamique - en particulier sa position anti-israélienne - en échange d'un traitement de faveur sur les marchés du monde arabe. Bat Y'eor observe : "Au départ, [le dialogue euro-arabe] était considéré comme une vaste transaction : l'UE acceptait de soutenir la politique anti-israélienne en échange de larges accords commerciaux".
Les retombées ont été culturelles et aussi démographiques, comme Bat Y'eor le détaille dans son livre à paraître, Eurabia. En échange de l'ouverture des marchés arabes, les Européens ont encouragé l'immigration musulmane en Europe, découragé l'assimilation de ces populations immigrées, et encouragé la dissémination en Europe des vues islamiques sur l'histoire et la politique contemporaine. Pendant ce temps, les politiques étrangères européennes étaient mises en harmonie avec les buts et objectifs du monde islamique.
Ce "glissement de l'Europe dans la sphère d'influence arabo-islamique", explique Bat Y'eor, avait pour but de briser la traditionnelle solidarité transatlantique. "Pour diminuer la puissance américaine et s'assurer une fourniture régulière de pétrole, les européens ont accepté "le bagage traditionnel culturel des sociétés arabes, avec ses préjugés anti-chrétiens et anti-juifs et son hostilité à Israël et à l'Occident". En échange des marchés du monde islamique, l'Europe a tourné le dos à son héritage judéo-chrétien et a posé les bases de sa propre islamisation. Au niveau politique le plus élevé, l'Europe - y compris l'Espagne - a vendu son âme depuis des décennies maintenant -, abandonnant en effet son sang contre du pétrole (sans parler du sang des innombrables Irakiens et autres qui ont souffert sous le joug de tyrans avec lesquels l'Europe faisait joyeusement des affaires).
Ironiquement, le nouveau Premier Ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, déclarait : "Nous nous alignons sur Kerry. Notre alliance sera pour la paix, contre la guerre, plus de morts pour le pétrole". Pourtant, Zapatero et son nouveau gouvernement, et non l'ordre existant, représentent l'Europe qui a abandonné sa vie en échange du pétrole depuis trente ans maintenant. Après tout, selon United Press International, "c'est un collègue de l’Espagne de l'Union européenne, la France, qui a accepté des pot-de-vin du ministre irakien du pétrole en échange de son opposition à l'invasion américaine de l'Irak.
Zapatero essaie de convaincre le monde de voir son élection non pour ce qu'elle est - la plus grande victoire radicale musulmane depuis le 11 septembre, voire depuis la révolution de Khomeiny en Iran - mais simplement comme un référendum sur l'Irak. Il a puni Bush et Blair pour leurs "mensonges". Cependant, dans les grottes et les montagnes d'Afghanistan, la direction d'Al Qaïda n'est pas intéressée par les subtilités de la légalité, la révélation et l'information qui tourbillonnent habituellement en Occident autour de l'invasion de l'Irak. Ils considèrent la guerre en Irak comme un Djihad – en fait, comme un épisode du Djihad global - et ils ne verront dans le retrait espagnol d'Irak rien d’autre qu'une victoire du Djihad et une confirmation que la terreur est payante.
Ce fait reste totalement étranger à toutes les questions concernant la validité de l'invasion de l'Irak. Oussama Ben Laden, s'il est vivant, et d'autres terroristes musulmans radicaux considèreront la chose comme ils ont considéré le retrait de Bill Clinton de Somalie, dans les années 1990 : comme une preuve de la faiblesse de l'Occident, qui refuse de combattre et est mûr pour être cueilli. Maintenant qu'Al Qaïda a rectifié la politique étrangère de l'Espagne par un attentat, n’a-t-elle pas raison de penser qu'elle peut dicter sa politique intérieure - sa religion et sa culture – à l’aide de quelques attentats de plus ?
Les grandes gloires de la fabuleuse Al Andalus [Andalousie] peuvent encore exister à l’avenir.
Robert Spencer *
© FrontPageMagazine.com
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* Robert Spencer est directeur de Jihad Watch, et auteur de : Onward Muslim Soldiers : How Jihad Still Threatens America and the West (Regnery Publishing), et Islam Unveiled : Disturbing Questions About the World's Fastest Growing Faith (Encounter Books).
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Note de la Rédaction d’upjf.org
[1] En fait, Bat Ye’or n’a pas inventé ce nom. Comme elle l’écrit elle-même dans son article en ligne sur notre site ("Le dialogue Euro-Arabe et la naissance d'Eurabia", "Eurabia est le titre d'une publication éditée par le Comité Européen de Coordination des Associations d'Amitié avec le Monde arabe (Paris), et réalisée avec la collaboration du Middle East International (Londres), France-Pays Arabes (Paris) et le Groupe d'Etudes sur le Moyen-Orient (Genève)".
Mis en ligne le 20 mars 2004 sur le site www.upjf.org











