Dimanche 10 février 2008

Photo AFP (ajoutée par upjf.org)
Guysen International News
Un week-end de plus sous le feu des Qassam pour les habitants de Sdérot, et un bilan très lourd : Deux frères ont été grièvement blessés par des tirs de roquettes. Le plus jeune, âgé de 8 ans, a déjà dû être amputé dune jambe et se trouve toujours à lhôpital dAshkelon dans un état critique. Lensemble de la classe politique israélienne souhaite désormais lancer une opération de grande envergure dans la bande de Gaza, afin de lutter efficacement contre les attaques terroristes. Une position à laquelle Ehoud Olmert ne semble pas adhérer
Les alertes, les sirènes, la peur
Un quotidien pour les habitants de Sdérot. En deux jours, ces derniers ont été victimes dune véritable pluie de roquettes, pas moins de 40 missiles se sont abattus sur la petite ville du sud dIsraël.
Plusieurs personnes ont été commotionnées, et deux gravement blessées, dont un enfant. "Maman, quest-il arrivé à mes jambes" hurlait ce dernier à terre, victime de lattaque.
Rami et Osher Touitou, respectivement 19 et 8 ans ont été conduits à lhôpital Barzilaï dAshkelon. Le plus jeune a déjà été amputé dune jambe, et est actuellement examiné par les médecins pour savoir si sa seconde jambe peut être sauvée. Son frère a également été sérieusement blessé.
« Cet enfant criait "aidez-moi, aidez-moi". Lorsque jai vu quil lui manquait une de ses jambes, javais limpression que cétait mon fils qui appelait au secours et je restais là, terrifiée. Jusquà quand pouvons-nous supporter cette situation », a déclaré une habitante de Sdérot.
Une situation devenue plus quintolérable pour les habitants de cette petite ville, qui, excédés, nont pas hésité à se mobiliser.
Plusieurs dizaines dentre eux ont manifesté samedi soir dans la ville, malgré les menaces continuelles de chutes de Qassam, avec un leitmotiv : lancer une opération de grande envergure dans la bande de Gaza et obtenir la démission dEhoud Olmert.
Et ce dimanche, cest à Jérusalem quils sont venus exprimer leur colère. Ils ont notamment bloqué laccès de la capitale et ont défilé en direction du cabinet du Premier ministre, brandissant des banderoles et des éclats de missiles.
« Ehoud Olmert vient à la tombée de la nuit à Sdérot, Ehoud Barak à laube. Ils nont même pas le courage de venir ici et de nous regarder en face », expliquait un habitant.
« Il ny a plus dautre solution. Ehoud Olmert a longtemps repoussé cette issue, mais aujourdhui il ne peut plus reculer. Tsahal doit lancer une opération à Gaza. Cest le seul moyen, pour nous, de sortir de ce cauchemar », affirmait, pour sa part, un autre manifestant.
Car tous sont daccord pour le dire : la lutte contre les terroristes de Gaza passe désormais par une opération de grande envergure dans la bande de Gaza.
Le chef détat-major, Gabi Ashkenazi, a déjà ordonné à larmée dachever les préparatifs en vue dune grande offensive terrestre à Gaza.
Une opération qui pour linstant na pas été lancée officiellement par les dirigeants politiques, mais qui apparaît comme la seule solution viable.
« Nous allons continuer à attaquer la Bande de Gaza avec tous les moyens dont nous disposons. Nous agirons jusquà trouver une solution au problème des Qassam »
a déclaré Ehoud Barak, depuis Sdérot, sous les huées des habitants.
Pendant ce temps, Ehoud Olmert a réuni un cabinet spécial de sécurité à Jérusalem, afin dévoquer la situation de la ville martyre. Et le Premier ministre semble bien être le seul à camper sur ses positions.
"La colère de la population est compréhensible et normale, mais ce nest pas un plan daction. Nous allons aller de lavant afin datteindre nos objectifs, cest-à-dire éliminer les terroristes. Mais je ne laisserai pas ces ressentiments guider ma conduite",
a fait savoir le chef du gouvernement.
Le Premier ministre préfère donc attendre avant denvisager une opération denvergure. Pourtant la situation sur le terrain est plus que critique.
Depuis le début de lannée 2008, ce sont 330 roquettes qui ont été tirées depuis Gaza sur le sud du pays, entraînant plusieurs blessés et de nombreux dégâts.
Selon le ministre de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, Sdérot est devenue une « ville déserte ». Et de souligner :
« 20 % des habitants des villes sont déjà partis, quant aux autres, ils ne voient pas la fin du cauchemar ».
Une situation qui ne manque pas de réjouir le groupe terroriste des Comités de Résistance Populaire, dont le porte-parole a dailleurs encouragé le reste des habitants à quitter la ville.
Pour les mouvements terroristes, en effet, le départ des Israéliens de Sderot serait lultime récompense dun 'travail' acharné visant à faire reculer encore davantage "les ennemis sionistes".
Le gouvernement israélien le permettra t-il ?
Hanna Mesguishe
© Guysen International News
Mis en ligne le 11 février 2008, par M.











