1er février 2008
Les Palestiniens qui se précipitent vers lEgypte à travers le mur qui servait de frontière avec ce pays font louverture de nos JT.
Mais pourquoi nappelle-t-on pas ce mur, qui sépare les Gazaouites de leurs frères égyptiens « mur de la honte » ou « de lapartheid » ? Pourtant, il ressemble étrangement à lautre !
Derrière le mur, les emplettes !
Cette ruée vers les magasins de Rafah nest pas sans évoquer les-trois-J-des-Ga-le-ries prises dassaut par des consommatrices passionnées. Dailleurs, en dehors du fait que les Parisiennes nont pas besoin du Hamas pour détruire les clôtures, cette comparaison EST raison : les commerçants égyptiens nagent dans le bonheur et dans les devises.
On ne va pas faire la fine bouche en insistant sur le seuil-de-pauvreté-dû-à-loccupation-israélienne que ces malheureux ont franchi à la baisse et qui laisse perplexe devant les magasins dévalisés.
Dabord, « dévalisés » est pris dans son sens figuré : les marchandises nont changé de mains que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Ensuite loccupation israélienne responsable de tous les maux de la planète (et même sur Mars et Vénus, on se demande ) loccupation israélienne, donc, a pris fin il y a deux ans et demi.
Quand elle existait encore, il était plus difficile au Hamas de faire entrer clandestinement des armes et des explosifs dans Gaza par les tunnels : les Israéliens les détruisaient régulièrement. Les douaniers égyptiens sont plus cool
Pendant que la population consomme à tour de bras, les « activistes du Hamas » (comprendre les gros baraqués avec les lance-missiles) ont accru leurs tirs de roquettes contre les villes israéliennes.

Le 17 janvier 2008 : tous aux abris !
Certes, une famille de Juifs qui se précipite dans labri souterrain au milieu de la nuit sous sa maison dévastée est moins spectaculaire quune femme palestinienne se griffant la peau après la perte dun être cher quon mène au cimetière et qui remonte tout seul sur son brancard quand les cahots de la route len font choir.
Et puis qui dit spectaculaire dit « caméras ». A Sderot, il ne doit pas y avoir de caméras.

Une maison de Sdérot détruite par les "roquettes artisanales"
Petite leçon de balistique pour les nuls
Les roquettes Qassam (alias artisanales) ont une portée de 8 à 11 kilomètres. Mais le Hamas dispose aussi dun armement plus sophistiqué : cest pas parce quon considère les bonnes femmes comme des ventres quon est des ploucs ! La preuve, une roquette Katioucha est tombée, il y a quelques jours sur Ashkelon, qui est située à plus de 16 kilomètres de Gaza. Un record !
Quaurait fait msieu Michu si les Boches avaient bombardé Metz ?
Euh Mauvais exemple : la dernière fois que cest arrivé, Msieu Michu a attendu que les Américains débarquent.
Bon, alors comment Msieu Michu aurait-il voulu que son gouvernement réagisse si les Ritals avaient bombardé Nice ? Coup de boule, on leur aurait mis, aux Ritals ! Coups de boule, boulets de canon, non mais oùkiskroient et pour kikisprennent ?
Eh bien Israël na pas eu cette réaction. Etat guerrier, lentité sioniste impérialiste a fait preuve de réserve. Israël a même facilité lentrée de laide humanitaire à Gaza. Pourtant, son armée a récemment découvert plus de deux tonnes dengrais destinés à la construction dexplosifs, dans un camion daide humanitaire qui faisait (quelle coïncidence) route vers Gaza.
La réaction militaire israélienne a été calibrée pour réduire les tirs de roquette et garantir la sécurité de ses citoyens tout en sefforçant dépargner le plus possible la population civile palestinienne.
Son action a visé les centres opérationnels du Hamas, les dispositifs lance-roquettes palestiniens, les camions transportant des quantités de roquettes Qassam et des Palestiniens armés.
Et puis il a brièvement limité lapprovisionnement en carburant de la centrale électrique de Gaza, tout en continuant de fournir à la population gazaouite plus de 70% de son électricité directement depuis le réseau israélien. Le Hamas a sauté sur loccasion pour créer une situation de crise en plongeant dans le noir certaines parties situées dans le nord de Gaza.
Quand le sage montre lescroc, limbécile regarde le doigt et parle de la bougie
Limage dun enfant éclairé à la bougie fait plus vendre que linterview dun syndicaliste expliquant les revendications des électriciens qui travaillent sous les bombes (artisanales, hein, faut pas exagérer non plus !). Nimporte quel prof de communication vous le dira. Et nimporte quel JT français vous le confirmera.
Pour autant, Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, a autorisé cette semaine lapprovisionnement de la bande de Gaza : gaz de cuisine, 500 000 litres de diesel pour les générateurs, 2,2 millions de litres de combustible industriel pour les centrales électriques et 50 chargements dautres formes daide humanitaire.
Y sont fous, ces Hébreux !
Depuis le début du mois de janvier, Israël a autorisé plus de 500 Palestiniens souffrants et plus de 450 de leurs proches à quitter Gaza et à pénétrer sur son territoire pour recevoir des soins dans des hôpitaux israéliens.
Et le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a poursuivi ses pourparlers avec Mahmoud Abbas, président de lAutorité palestinienne. Le 14 janvier, Tzipi Livni, ministre israélien des Affaires étrangères, a rencontré le négociateur en chef des Palestiniens, Ahmed Koreï.
Cest Yisthak Rabin qui disait « je négocie dun point de vue politique comme sil ny avait pas de terrorisme et je combats le terrorisme comme sil ny avait pas de négociation politique ». Une bien belle formule qui est toujours appliquée
Depuis la conférence dAnnapolis, Israël a libéré 429 prisonniers palestiniens, il a recommencé à coopérer avec ladministration civile de lAutorité palestinienne pour accorder 19 000 permis dentrée en Israël à des marchands cisjordaniens, il a relâché les restrictions liées aux déplacements et transféré les recettes fiscales palestiniennes à lAutorité palestinienne.
Qui a dit :
"La réaction dIsraël a été provoquée par la frappe des missiles du Hamas."? Il a ajouté que "le Hamas na jamais abandonné son plan de destruction dIsraël et rejette toujours le principe dune solution reconnaissant deux États."
Un sioniste extrémiste ? Non. Un néocon ? Non. Un adventiste du 7ème jour délirant ? Non plus.
Cest Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne et commissaire européen pour la Justice, la Liberté et la Sécurité.
Apparemment, il a parlé tout bas car les médias français nont pas entendu.
Liliane Messika
© Primo-Europe
Mis en ligne le 10 février 2008, par M.











