6 juin 2007
Daprès un article du Jerusalem Post du 1 juin 2007.
Texte repris du site "Un écho d'Israël".
« Jai appris par un ami ce qui se passe à Sdérot, alors, hier, je suis venu rejoindre les autres volontaires. Je ne peux continuer à étudier la Tora comme si rien ne se passait » exprime David, 19 ans, étudiant dune école talmudique. Amit, quant à lui, décide de "sauter" un de ses examens dune école de hautes études pour sengager comme volontaire à Sdérot. « Je passerai mon examen une autre fois. Ceci est plus important. »
David, Amit et beaucoup dautres jeunes de moins de 20 ans ont rejoint, il y a deux semaines, lassociation Lev Ehad (un seul coeur) pour se mettre au service de la population de Sdérot. Répartis en plusieurs équipes, ils sont envoyés pour répondre aux besoins urgents de la ville. David et Amit, par exemple, vont aller visiter une dame malade vivant seule, lui apporter de la nourriture et lui acheter les médicaments dont elle a besoin, car elle ne peut pas sortir de chez elle.
« Soyez polis : réalisez que ceux que vous visitez sont souvent traumatisés par les roquettes de ces derniers temps » insiste Gavri, lun des organisateurs. - Cette femme seule, Rachel, a eu peur de quitter son appartement lorsque ses voisins ont fui dans dautres villes du pays. Il y a deux jours un kassam est tombé sur la maison voisine et ses fenêtres ont été abîmées. Depuis lors, personne ne la visitée.
Ces deux dernières semaines des centaines de missions semblables ont pu être menées chaque jour à Sdérot par "Lev Ehad", un mouvement sioniste et humanitaire qui se définit ainsi : être une réponse civile dans des temps de crises. Cette organisation a été fondée en 2005 pour parer au manque dorganisation gouvernementale dans la situation difficile où étaient les évacués de Goush Katif. Aider les familles dans leur réinstallation provisoire et problématique, soccuper des enfants, aider au transport de meubles... fut pendant cinq mois le travail quotidien de ses volontaires.
En 2006, Lev Ehad fut de nouveau sur la touche durant la seconde guerre du Liban. Les villes et villages du nord ayant souvent été abandonnés par une partie des autorités et services municipaux ayant fui les missiles du Hezbollah, les volontaires de Lev Ehad se mobilisèrent pour les remplacer en se mettant au service de ceux qui étaient restés.
« Pour Sdérot, en 2007, la situation est très différente » explique Elya Tsur, 25 ans, le fondateur et directeur de lassociation. « Ici nous travaillons avec la municipalité. Mais cest évident quavec une telle vague de panique et dhystérie sur leur ville, il fallait de laide extérieure. »
Ces dernières années, Tsur avait souvent été en contact avec Sdérot. Il y a deux semaines, il décida de lancer une nouvelle mission, et de faire de nouveau appel aux volontaires. « Dès que lon a commencé à parler dévacuer les habitants de la ville, dinstaller les tentes de Arcadi sur les plages de Tel Aviv pour les réfugiés, dès que le ministère de la Défense et lAgence Juive se sont organisés pour permettre aux habitants de quitter la ville, la panique sinstalla. Et devant cette situation, larmée ne peut rien. Une armée peut tuer les terroristes, mais pas la terreur elle-même. Cest quelque chose qui sinstalle dans les coeurs et nécessite une présence humaine, une aide civile. »
Tsur est arrivé avec 150 volontaires adolescents et jeunes pour passer le shabbat à Sdérot, dormant dans une école et mangeant dans les familles pour essayer de saisir ce que Lev Ehad pourrait faire. « Nous avons réalisé que la première chose à faire était de connaître les réels besoins des habitants. Des milliers étaient partis précipitamment et ceux qui restaient étaient tendus, confrontés à de nouveaux problèmes provenant de cette nouvelle réalité. Ce sont les vieux et les malades, manquant du personnel soignant ou de laide à domicile habituels, mais aussi des familles nombreuses dont les parents navaient pas voulu fuir par crainte de perdre leur travail. »
Les volontaires passèrent de rue en rue frapper aux portes des quelque 5.500 foyers pour découvrir les besoins, y répondre, être là : « Quelquun soccupe de vous ». En effet, dans des cas comme ceux là, chacun a besoin de ce "quelquun" qui écoute, répond, interroge et offre son aide.
Lev Ehad est en passe de devenir une organisation permanente. Elle comprend actuellement quelque 3500 volontaires dont la plupart ont moins de 20 ans. Daprès Tsur, un ancien officier de la brigade dinfanterie du Golani, 2/3 des volontaires sont religieux et 1/3 laïcs. « Nous sommes strictement apolitiques. Parmi les volontaires certains sont de droite, dautres de gauche. Mais ils doivent laisser derrière eux leur option politique. Il faut que les gens que nous aidons puissent avoir confiance en nous, et ce nest possible que si nous navons pas dautre but que le service gratuit. Nos services sont très divers : distribuer de la nourriture ou des médicaments, organiser des jeux avec les enfants dans les abris...mais aussi conduire un chien chez le vétérinaire. »
En fin daprès midi, les volontaires se retrouvent et défilent à travers la ville en chantant accompagnés de divers instruments de musique. Témoignage vivant de la présence fraternelle de centaines de jeunes venus de tout le pays..."pour vous". Mais aussi possibilité pour ces volontaires de décompresser et dexprimer leur joie dêtre là.
Antoinette Brémond
© Un écho dIsraël
Mis en ligne le 8 juin 2007, par M.











