12/04/07
Voir aussi : Rappel : "Abdallah Barghouti, 67 condamnations à vie pour 66 vies ôtées".
Interviewée le 11 avril au cours du journal télévisé israélien Mabat, la femme du terroriste du Hamas, Abadallah Bargouthi, condamné 67 fois à la prison à vie, émet lassurance que son mari fera partie des prisonniers palestiniens quIsraël devrait remettre en liberté en échange du retour de Guilat Shalit, le jeune soldat enlevé sur le territoire israélien et détenu par le Hamas depuis juin 2006.
On retiendra les deux échanges suivants qui sont particulièrement révélateurs de lenjeu réel du différend palestino-israélien.
Question de lintervieweur :
« Quelle sera la solution du problème de la libération des prisonniers palestiniens. Encore des enlèvements de soldats israéliens ?»
Réponse de la femme :
« Si Allah les aide, bien entendu. A la grâce de Dieu. »
Et le pire.
Question de lintervieweur :
« Si vous aviez loccasion de parler avec une mère juive qui a perdu son fils dans un attentat organisé par votre mari, que lui diriez-vous ? »,
Réponse de la femme, elle-même mère de plusieurs enfants, dont trois sont visibles à limage :
« Je lui dirais de quitter MON pays. »
Cela a été dit, avec froideur, malgré le large sourire arboré par cette jeune femme aux traits fins, non dénués de charme.
Au-delà du dégoût légitime quinspire une telle réaction, il est important de prendre conscience de létat desprit qui sous-tend la cruauté minérale de cette mère Palestinienne, sans pitié pour la douleur dune autre mère, dont lenfant a été assassiné.
Pour lécrasante majorité des Palestiniens, Israël est un Etat artificiel et illégitime, créé de toutes pièces, à leurs dépens, sur LEUR territoire ancestral (la Palestine) et à linstigation de nations occidentales colonialistes, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour dédommager les Juifs des souffrances et des persécutions que leur avaient infligées lAllemagne. Une telle situation leur apparaît comme une injustice historique impardonnable, qui mérite quon lutte, quon tue et quon meure pour y mettre fin.
Et nallez pas imaginer quil soit possible de raisonner ces gens en tentant de les rappeler à une vision plus équilibrée de lhistoire.
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Pas question, pour eux, de reconnaître que, vers le milieu du XIXe siècle des pionniers juifs, très pauvres, ont payé de leur travail, de leurs souffrances et parfois de leur vie, la pénible réhabilitation dune partie de leur terre dantan, en cultivant un sol ingrat et empierré, largement laissé à labandon par les descendants des conquérants arabes du pays.
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Il leur serait impossible dadmettre que ces Juifs ont assaini, au péril de leur vie, des multitudes de marécages, causes de malaria mortelle ; quils ont créé, avec un courage héroïque et des ressources ridicules, de petites unités de peuplement, villages, moshavim, kibboutzim, dans lesquelles les conditions dhabitat et de vie étaient si dures, voire inhumaines, que beaucoup dentre eux en mouraient, ou repartaient découragés dans leur pays dorigine.
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Inutile dessayer de les renvoyer à lhistoire documentée, qui réduirait à néant leurs prétentions au droit du sol sur TOUTE la Palestine.
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Ce serait peine perdue de tenter de leur rappeler quavant 1948, il ny avait pas dEtat palestinien, pas même léquivalent du Yishouv ou de lAgence Juive, dont les institutions et les ressources humains, déjà fortement structurées, ont pu se transformer, sans crise majeure, en rouages du nouvel Etat.
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Aucun Palestinien, ou presque, n'acceptera de reconnaître que, lors de la proclamation de lEtat dIsraël, plus de 600 000 juifs, qui allaient devenir Israéliens, vivaient déjà dans le pays depuis des décennies et avaient, entre temps, édifié des villes et des infrastructures modernes, jeté les bases dune administration politique et économique du pays, et mis à la disposition de tous, Juifs et Arabes, les ressources et les techniques du progrès, importées dOccident.
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Enfin, c'est dans des oreilles bouchées que tombera votre affirmation, si vous osez la formuler, selon laquelle la seule institution arabe (pas palestinienne) dalors, le Haut Comité Arabe, fondé en 1936, navait quun seul but et une seule activité : combattre et sefforcer de détruire « lentité sioniste ».
On le voit : les choses nont guère changé depuis, au moins sur le fond. Le seul ciment qui tienne ensemble, vaille que vaille et malgré leurs dissensions internes fratricides, les différents courants politiques palestiniens, est celui de la haine irrédentiste de "loccupant". Le discours cruel de la femme de larchi-terroriste Abdallah Barghouti en est la vivante attestation. Il constitue la version populaire la vulgate - de lactivité meurtrière des factions terroristes palestiniennes. Ce que dit ce discours est à peu près ceci :
· Peu importe que nous ayons ou non un Etat.
· Peu importe que nous ne tenions aucun de nos engagements et refusions daccepter lidée même de lexistence dIsraël et de notre voisinage avec lui.
· Peu importe que nous souffrions du chômage, de la précarité économique, voire de la faim.
· Peu importe que nos frères, nos maris et nos enfants meurent dans des opérations terroristes.
· Et, bien sûr, peu importe que des civils Israéliens innocents soient assassinés par nos terroristes-suicides, et nos roquettes.
Lessentiel est que nous restions indéfectiblement fidèles à notre but essentiel : lexpulsion de tous les Juifs de la Palestine, notre patrie du Fleuve du Jourdain à la Mer Méditerranée, ou leur absorption dans un Etat binational (entendez : islamo-palestinien), dans lequel nous serons, bien entendu, lécrasante majorité.
Voilà, nous semble-t-il, larrière-plan psychotique de ces propos effrayants dune mère palestinienne qui a perdu toute humanité, comme beaucoup de ses concitoyens,
· par refus de reconnaître léchec patent de leur politique du pire ;
· par haine de lIsraélien qui leur tend la main ;
· par jalousie mortelle face à leurs réalisations extraordinaires et à leur survie politique et économique, malgré des circonstances terriblement hostiles depuis le XIXe siècle jusquà nos jours ;
· par un négationnisme maladif, enfin, qui les fait sombrer dans une vision paranoïaque et conspirationniste de lhistoire, et les pousse au nihilisme et à lautodestruction.
Cest dun électrochoc ou mieux, dune conversion intérieure quont besoin les factions fanatiques de ce peuple, dont la rage semble ne pouvoir sapaiser que si lobjet de leur haine disparaît ou se soumet, par dhimmitude, ou par instinct de conservation.
Menahem Macina
© upjf.org
[Merci au Dr Aharon Lerner - dont le remarquable site IMRA constitue une source de documentation incontournable sur le Moyen-Orient, en général, et sur le conflit palestino-israélien, en particulier -, de nous avoir signalé cette interview.]

Mis en ligne le 12 avril mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org











