21/11/06, 18 h
Sur le site de Radio-France.
Tué par balles dans sa voiture
Cliché AFP
Dans un premier temps, Pierre Gemayel a été blessé par balle dans une rue de la banlieue de Beyrouth et admis dans un état grave dans un hôpital voisin, où il est finalement décédé, selon la radio Voix du Liban, contrôlée par son parti, la Phalange chrétienne. L'Agence de presse nationale a confirmé l'information. Selon des témoins, un ou des inconnus ont ouvert le feu sur le ministre libanais de l'industrie alors qu'il se trouvait à bord de sa voiture, à Jdeideh, un faubourg chrétien situé à l'extrémité nord de la capitale, qui est également sa circonscription électorale. Ils ont expliqué qu'une voiture avait percuté son véhicule par l'arrière, puis un homme en est sorti et lui a tiré dessus.
L'héritier d'une grande famille maronite
Pierre Gemayel, fils d'une grande famille chrétienne maronite, avait 34 ans.
© Jospeh Barrak / AFP
Pierre Gemayel, qui était ministre de l'Industrie dans le gouvernement de Fouad Siniora, était le fils de l'ancien président libanais, Amin Gemayel. Son parti, la Phalange chrétienne, appartient à la majorité parlementaire anti-syrienne. Saad Hariri, chef de cette majorité parlementaire et fils de Rafic Hariri, l'ancien Premier ministre, lui-même assassiné en février 2005, à Beyrouth, a interrompu une conférence de presse télévisée en apprenant l'attentat contre Gemayel. Dans un entretien à CNN, il a qualifié le ministre de l'Industrie d'"ami" et de "frère". "Nous traduirons en justice tous ceux qui l'ont tué", a-t-il prévenu. Cet assassinat intervient alors que le Liban était déjà plongé dans une crise politique avec le départ des ministres du Hezbollah du gouvernement Siniora.
Condamnations
Après la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, qui ont condamné très rapidement cet assassinat, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a qualifié cet acte de "nouvelle tentative de déstabilisation du Liban", dans une déclaration à l'Assemblée nationale. De son côté, Jacques Chirac a fait part de son "horreur" et de sa "consternation". "Au nom de la France, le président de la République condamne cet odieux attentat avec la plus grande fermeté et exprime le souhait que les assassins soient poursuivis et punis", déclare l'Elysée dans un communiqué. Cet attentat a aussi été condamné par la Russie et par la Syrie. Tout comme la présidence finlandaise de l'Union européenne, qui condamne, dans "les termes les plus énergiques", cet assassinat, réaffirmant son "soutien sans réserve au gouvernement légitime" du Liban. Enfin, l'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, a déclaré que l'assassinat du ministre de l'Industrie libanais antisyrien, Pierre Gemayel, démontrait la nécessité de mettre sur pied rapidement le tribunal international devant juger les assassins de Rafic Hariri.
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Mis en ligne le 21 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











