Sur le site de lESISC (European Strategic Intelligence & Security Center)
On annonçait, en fin de semaine, que 43 bagagistes de Roissy et dOrly sétaient vu retirer leur badge daccès aux pistes, pour raisons de sécurité. Ces 43 bagagistes étant musulmans, les milieux islamistes se sont emparés de laffaire en criant à lislamophobie. Certains en ont même profité pour remettre sur le tapis la fermeture de salles de prières illégales dans les aéroports.
Samedi matin, Monsieur Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, a justifié la décision de retrait des badges en expliquant : « Il y a 43 personnes à qui nous avons retiré l'habilitation. Il n'y avait là aucun délit de sale gueule. Il y avait des éléments précis qui nous amenaient à leur interdire l'entrée sur la surface d'un aéroport ».
Les badges en question permettent laccès aux zones sous sûreté, aux pistes et aux avions et leur attribution ou leur maintien fait donc, tout naturellement, lobjet denquêtes de sécurité. Il nous revient quau cours des enquêtes effectuées ces derniers mois, il est apparu que certains bagagistes, de religion musulmane, fréquentaient des mosquées ou salles de prières radicales, ou étaient connus pour leurs positions et sympathies fondamentalistes voire pour des comportements jugés « suspects » par les services de police et de renseignement. Le sous-préfet en charge de Roissy, Monsieur Jacques Lebrot a été plus précis sur certains griefs retenus à légard des personnes concernées : « Le risque terroriste est très important en France [...] Pour nous, quelqu'un qui va passer des vacances plusieurs fois au Pakistan, cela nous pose des questions ». Selon M. Lebrot, plusieurs des bagagistes auraient « séjourné dans des camps d'entraînement ».
Tout naturellement, les services concernés ont été amenés à proposer le retrait des badges de sécurité à ces personnels. On remarquera que les enquêtes en cours depuis des années et en tous cas, depuis 2001 - font toutes apparaître un lien clair, net et souvent précis, entre fondamentalisme religieux, radicalisme islamiste et terrorisme. Cela ne signifie évidemment pas que tous les fondamentalistes vont évoluer vers le radicalisme politique ou encore moins vers le terrorisme. En revanche, la totalité des terroristes sont passés, dans le processus de radicalisation qui a été le leur, par les étapes du fondamentalisme et du radicalisme.
On est dès lors amené à estimer, dans une analyse objective de la menace et du risque quest bien fondée une décision visant à écarter de certaines tâches et fonctions les fondamentalistes et, a fortiori, les radicaux islamistes. Le ministre de lIntérieur a, du reste, souligné que son devoir était « de veiller à ce que les personnes qui ont accès aux pistes de décollage et d'atterrissage n'aient, ni de près ni de loin, de liens avec des organisations radicales ».
Six des bagagistes concernés ayant saisi la justice, les tribunaux auront donc, dans un futur proche, à se prononcer sur la justesse de la décision qui a été prise. Ce qui amène Nicolas Sarkozy à estimer : « Je préfère qu'on ait le risque d'un contentieux devant un tribunal parce qu'on a été trop sévère pour une habilitation plutôt qu'on se retrouve avec un drame parce qu'on n'a pas été assez sévère. Tous les pays au monde font cela. »
Mais cette polémique fait ressortir une autre affaire : sept lieux de culte radicaux ont été fermés à Roissy et Orly ces derniers mois. LAFP citait, ce matin, un agent d'exploitation français d'origine tunisienne, M. Mohammed Seddiki, qui déclare : « Depuis six ans que je travaille à Roissy, il n'y a jamais eu de problème. En juin, on nous a fermé notre salle de prière et maintenant on me dit que je suis un danger pour l'aéroport. »
On se permettra simplement de souligner que les aéroports sont gérés par la Société anonyme « Aéroports de Paris » dont 30% du capital a été introduit en bourse au printemps, mais dont 70% dudit capital demeurent entre les mains de lEtat. Il sagit donc détablissements publics. La France étant un Etat laïc, il nexiste aucune raison valable de tolérer lexistence, dans un établissement de ce type, de lieux de culte, réservés au personnel. Lexistence même de tels lieux serait dailleurs purement et simplement illégale.
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour lamitié entre les peuples) et plusieurs syndicats sétant émus de la décision de retrait des badges, laffaire nen restera certainement pas là et il est plus que probable que lon assistera, dans les jours et semaines à venir, à une offensive de propagande islamiste visant à stigmatiser « lislamophobie » des autorités françaises.
© Esisc
Mis en ligne le 21 octobre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











