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Terrorisme
Les victimes des attentats sont sous le choc après la victoire du Hamas
26 janvier 2006
Ynet
Traduction : Cécile Pilverdier, Un écho dIsraël.
« Quai-je à dire au Hamas ? Je vais les féliciter davoir tué mon fils unique - et cest tout. Je suis restée sans mon mari, qui est mort il y a quelques années, et sans enfant. Ils ont gagné. Ce qui mest le plus cher a disparu, je nai plus ni nuit ni jour, mon cur est brûlé ».
Ces mots durs sont ceux de Sarah Ben Arouya, la mère de Shimon, assassiné dans lattentat de lhôtel Park, à Netanya, et ils expriment peut-être un peu ce que ressentent à travers tout le pays, les familles victimes du terrorisme, qui ont perdu leurs êtres chers. Pour elles, la victoire du Hamas, responsable de la majorité de ces actes terroristes, cest la victoire du meurtre sur la raison.
Dans le café 'Moment' à Jérusalem, qui a été victime dun attentat très violent, aura lieu ce jeudi 26 janvier une réunion de crise de la direction « Almagor », association des victimes du terrorisme, avec les représentants des familles endeuillées et des handicapés par le Hamas. Dehors, se tiendra une manifestation de protestation symbolique, suite au résultat des élections pour lAutorité palestinienne.
Meir Indor, président de lassociation, a déclaré que « la grande victoire du Hamas prouve au peuple dIsraël que, chez les Palestiniens, celui qui tue le plus de Juifs est le plus populaire. Il est absurde de leur confier un pouvoir qui devient une autorité terroriste, et des territoires supplémentaires qui deviendront des centres de terreur. Continuer ainsi, cest finalement amener ici le Hesbollah et El Qaïda ».
Parmi les familles qui ont perdu leurs proches dans un attentat, on a du mal à comprendre. Avi Zanaa, le père dAriel, qui a été assassiné dans une école religieuse préparatoire à larmée, à Atsmona, raconte : « Je comprends que la mère du terroriste, Oum Nidal, qui a tué mon fils, est aujourdhui candidate du Hamas au parlement palestinien. Cette femme, qui est encore en vie, a envoyé son fils tuer, et elle va maintenant entrer en politique, elle est interviewée librement et elle mène la campagne du Hamas ». Selon lui, « nous attendons et observons. Où sont les liquidations et la force de dissuasion ? Apparemment, les politiques sont davantage préooccupés par les élections. Cest encore une défaite pour lEtat dIsraël. Aux yeux des Palestiniens, cest un certificat de faiblesse, eux qui ont reçu sur un plateau dargent la bande de Gaza. Comment a-t-on permis au Hamas de se présenter aux élections ? Nous récoltons ce que nous avons semé. Nous avons, à la frontière sud-ouest, un état Hamas islamique, qui ne sera pas moins extrémiste que lIran. Moi, comme simple citoyen, je ne peux rien faire, mais jattends de lEtat dIsraël quil ne permette pas cela. Il est impossible quun mouvement reconnu comme organisation terroriste érige un parlement et que nous restions les bras croisés ».
« LEtat dIsraël permet quon nous extermine »
Itzhak Maoz, le père de Tehila, assassinée dans lattentat du restaurant Sbarro à Jérusalem, a déclaré à Ynet : « Quatre années ont passé depuis que ma fille Tehila a été tuée. Il y a deux ans et demi, je me suis trouvé dans lattentat de la ligne 14 à Jérusalem et jen suis resté sourd dune oreille. Je vois la victoire du Hamas comme le résultat des concessions quIsraël a faites, ces dernières années. Quand on a commencé à parler avec Arafat, tous les attentats ont débuté. Les Américains ne veulent pas parler avec eux, alors pourquoi, nous, devons-nous leur parler ? »
Et de continuer : « Aujourdhui jai de très mauvais pressentiments. Les résultats, maintenant, nous montrent qui est en face de nous, qui est notre interlocuteur, et ils nous prouvent que les Palestiniens ne sont pas intéressés à la paix. Mais tout dépend de nous : si nous avions agi, lennemi naurait pas relevé la tête ».
Le sentiment quil y a des coupables de cette nouvelle situation est commun aux nombreux membres des familles. Corinne Ben Arouya, la veuve de Shimon Arouya, explique : « Je montre du doigt lEtat dIsraël, qui permet quon nous assassine, que lon se moque de nous et quils prennent le pouvoir et aient les rênes en main. » Elle ajoute quil ny a, dans ses propos, aucun sentiment de haine contre les Palestiniens, mais seulement contre les organisations terroristes qui continuent de tuer : « Celui qui ma sauvé la vie lors de lattentat était un médecin arabe. »
© Ynet
Mis en ligne le 30 janvier 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











