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Terrorisme
Le prochain attentat londonien, Daniel Pipes
Dans un rapport confidentiel, Young Muslims and Extremism (Jeunes Musulmans et extrémisme), élaboré conjointement par le ministère de l'Intérieur et celui des Affaires étrangères, et soumis à Tony Blair à lété 2004, nous pouvons découvrir une partie de la pensée intime du gouvernement britannique. Ce rapport, qui a fait lobjet dune fuite au profit du Sunday Times de Londres, est téléchargeable sous la forme de quatre fichiers pdf sur le site du quotidien.
FrontPageMagazine.com11 juillet 2005
Version originale anglaise: The Next London Bombing
Dans un rapport confidentiel, Young Muslims and Extremism (Jeunes Musulmans et extrémisme), élaboré conjointement par le ministère de l'Intérieur et celui des Affaires étrangères, et soumis à Tony Blair à lété 2004, nous pouvons découvrir une partie de la pensée intime du gouvernement britannique. Ce rapport, qui a fait lobjet dune fuite au profit du Sunday Times de Londres, est téléchargeable sous la forme de quatre fichiers pdf sur le site du quotidien.
Il entend «favoriser la position des Musulmans modérés au détriment de l'extrémisme» et il propose, pour ce faire, une stratégie baptisée «Operation Contest». Il contient de nombreux points intéressants, dont ceux-ci:
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«Un certain nombre de groupes extrémistes recrutent activement de jeunes Musulmans britanniques» (rapport confidentiel Part 1, p. 10).
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Ces «agents recruteurs extrémistes» «évoluent dans les sociétés religieuses ou ethniques liées au monde universitaire» (rapport confidentiel Part 1, p. 5; Part 2, p. 10).
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«D'une manière générale, ces jeunes extrémistes se répartissent en deux groupes: ils sont soit bien éduqués, étudiants ou licenciés, possédant des qualifications professionnelles en ingénierie ou en informatique, soit peu ou pas qualifiés, souvent avec des antécédents criminels» (rapport confidentiel Part 2, p. 9).
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«Les individus isolés et désuvrés, incapables de s'intégrer dans leur entourage, sont attirés par les clubs universitaires basés sur l'ethnicité ou la religion ou sont séduits par les mosquées ou les groupes de prêcheurs actifs dans les prisons à cause d'un sentiment de désenchantement et de déception envers leur existence présente» (rapport confidentiel Part 2, p. 12).
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Les terroristes islamistes comprennent «un nombre considérable» d'éléments issus des «milieux musulmans libéraux non religieux» ou qui se sont convertis à l'Islam à l'âge adulte (rapport confidentiel Part 2, p. 9).
Les recommandations politiques du rapport sont également intéressantes. Il insiste ainsi (rapport confidentiel Part 1, p. 8) sur l'urgence de «persuader le public et les médias que les Musulmans ne sont pas un ennemi intérieur». Il poursuit en suggérant que le gouvernement «doit chercher des occasions de mettre en valeur les succès des Musulmans et les exemples de contributions des Musulmans à la société aux niveaux national et local».
En outre, «l'expression Islam fondamentaliste est de peu d'utilité et devrait être abandonnée, car des Musulmans parfaitement modérés pourraient la percevoir comme un commentaire négatif envers leur propre approche de la foi» (rapport confidentiel Part 2, p. 2).
Les auteurs de Young Muslims and Extremism semblent le plus souvent trop obnubilés par des considérations politiques pour comprendre les phénomènes qu'ils traitent. Prenons le thème des Musulmans et de leurs organisations: s'ils sont prêts à faire certaines déclarations de foi et à ne pas contester ouvertement l'ordre établi, on peut bien les considérer comme des modérés. Ainsi, mon «modéré favori» de ce rapport est Hamza Yusuf (rapport confidentiel Part 1, p. 13), qui a explicitement rejeté cette désignation, comme je l'indique dans mon weblog («Hamza Yusuf Fails My 'Test'»).
Ils présentent comme des faits des points qui mériteraient une réflexion approfondie: «Une identité musulmane très marquée et une stricte adhésion aux enseignements musulmans traditionnels ne constituent pas, en tant que tels, des problèmes ou des incompatibilités avec la citoyenneté britannique» (rapport confidentiel Part 1, p. 9). Il y a là pourtant de quoi meubler un séminaire long et intensif.
Mais ce qui a le plus retenu mon attention, dans Young Muslims and Extremism, est le passage où le rapport se base sur des informations du MI5 pour formuler cette déclaration stupéfiante:
Les services de renseignements indiquent que le nombre de Musulmans britanniques engagés dans des activités terroristes, dans le pays ou à l'étranger, ou qui soutiennent de telles activités, est extrêmement faible, de l'ordre de moins d'un pour-cent (rapport confidentiel Part 2, p. 9).
En admettant l'estimation proposée par le rapport (rapport confidentiel Part 2, p. 5), soit que la Grande-Bretagne compte quelque 1,6 million de Musulmans, nous avons donc jusqu'à 16000 «Musulmans britanniques engagés dans des activités terroristes».
«Extrêmement faible»? Ce nombre me paraît plutôt extrêmement élevé.
Le fait que les autorités britanniques refusent d'admettre qu'elles devraient s'alarmer de la présence de plusieurs milliers de terroristes sur leur sol incite à se demander sur quelle planète ils vivent. Leur verbiage, leur myopie et leur incompétence a de quoi faire désespérer de l'avenir de leur pays.
Daniel Pipes
© FrontPageMagazine.com fr.danielpipes.org
Mis en ligne le 12 juillet 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











