18/01/08
The Jerusalem Post
Texte anglais : "One attack too many for Sderot's mattress factory".
Traduction française : Menahem Macina.
La roquette qui a touché le portail de son usine à Sderot, jeudi matin, a été, pour le PDG de Hollandia International, la goutte deau qui fait déborder le vase.
A la tombée de la nuit, ce même jour, il a décidé de déplacer son usine au centre du pays et de verser une aide financière à ses 120 employés, dont 86 habitent Sderot, de manière à ce quils puissent, eux aussi, changer de lieu de résidence.
« Il ny a pas dautre alternative », a déclaré le PDG de Hollandia, Avi Barsheshet, qui vit dans un moshav près dAshkelon et fait chaque jour le trajet jusquà Sderot.
Fondée en 1981, la société Hollandia International, qui exporte ses matelas de qualité dans le monde entier, a installé à Sderot, il y a 11 ans, lunique usine de cette société qui existe en Israël, et ce par motivation sioniste, a expliqué Barsheshet au Jerusalem Post, jeudi soir. Mais les attaques de roquettes lont finalement contraint à partir.
Barsheshet précise :
« Je crois au développement du Néguev, mais subir des tirs de roquettes pendant six ans, cest plus que moi-même ou qui que ce soit dautre pouvons supporter. »
Barsheshet dit quil croit être le premier propriétaire dusine à quitter Sderot, en raison des attaques de roquettes.
Et dajouter :
« Jespère que cela servira davertissement au gouvernement. »
Il parle de sa décision comme pleine démotion, et affirme quil a envisagé cette décision à plusieurs reprises, mais sest abstenu de la mettre en uvre durant des périodes antécédentes dintenses tirs de roquettes.
Il poursuit :
« Ce nest plus possible. Il ne sagit pas dun jeu. Personne ne peut être un héros pendant si longtemps et jouer sa vie à la loterie. »
Barsheshet évoque les 30 000 shekels quil a dépensés, de sa poche, pour protéger les vitres de son usine. Ces fenêtres, explique-t-il, ont fait la différence entre la vie et la mort dau moins huit de ses travailleurs, jeudi.
« Jaurais pu assister à huit funérailles, aujourdhui. Cest un miracle. »
Par ailleurs, 16 travailleurs ont été traités pour choc, précise Barsheshet.
Le lit "Zéro gravité", de Hollandia, fabriqué à Sderot
Shalom Halevi, qui travaille au bureau du maire de Sderot, a déclaré que la décision de Barsheshet constituait un acte isolé. Selon Halevi, au cours des six dernières années, le nombre dusines installées à Sderot est passé denviron 60 à 75, dans ce nombre, Hollandia est une entreprise de taille moyenne. Dautres sociétés continuent à investir à Sderot, dont Osem, géant de lalimentation, qui compte environ 400 employés et est en cours dexpansion avec linclusion dune nouvelle ligne de produits (potages).
Toujours selon Halevi, une firme de technologie avancée est même en train de faire venir des ingénieurs à Sderot.
Le taux de chômage dans la ville est de 3, 5 %.
En tant quemployé de la municipalité qui a aidé Barsheshet à venir sinstaller à Sderot, Halevi ajoute quil a été surpris dapprendre que le PDG partait. « Je ny crois pas », a-t-il dit.
Quant à Barsheshet, informé de cette réaction de Halevi, il a déclaré :
« Je ny crois pas moi-même ».
Tovah Lazaroff
© The Jerusalem Post
Mis en ligne le 18 janvier 2008, par M.











