Ambassade de France en Israël
INTERIEUR
Emeutes à Peki'in
Près de quarante personnes, dont une trentaine de policiers, ont été blessées hier dans des émeutes à Peki'in, un village de Galilée à majorité druze.
Selon le Yediot Aharonot, peu avant quatre heures du matin, près de deux cents policiers ont pénétré dans le village afin d'interpeller dix-sept de ses habitants, soupçonnés d'avoir mis le feu, samedi soir, à une antenne-relais cellulaire située dans le village voisin de Peki'in Hahadasha. Les policiers ont été attaqués par quelques centaines de jeunes du village qui leur ont jeté des pierres, les ont frappés et ont même lancé quelques grenades lacrymogènes. Les forces de l'ordre ont alors ouvert le feu sur les manifestants, tirant des balles en caoutchouc et des balles réelles.
Au cours des affrontements, plusieurs manifestants ont réussi à isoler une policière et à l'enlever. Toutefois, un habitant du village, policier à la retraite, a pu abriter la jeune femme à l'intérieur du hilwe, le lieu de prière druze. La policière a finalement été libérée plusieurs heures plus tard en échange de la libération par la police de cinq personnes interpellées. Ce n'est qu'après quatre heures d'affrontements que le calme est revenu à Peki'in.
Dès hier matin, ajoute le journal, les services d'inspection de la police ont commencé à recueillir les témoignages des policiers et des civils blessés durant les émeutes. Le chef de la police israélienne, Dudi Cohen, s'est rendu hier au chevet des blessés et a déclaré qu'une commission d'enquête serait créée afin, entre autres, de déterminer comment les arrestations ont dégénéré en incidents violents et comment les habitants du village ont été informés à l'avance du coup de filet de la police. Le chef de la police a déclaré qu'il voyait, dans l'enlèvement de policiers au cur d'une localité israélienne, un événement grave, ajoutant que le tir à balles réelles ne pouvait pas servir à disperser des manifestations et que « son utilisation par les forces de police se fait uniquement dans le cas où la vie de policiers ou de civils est en danger ». Le commandant du district nord de la police, Shimon Koren, a, lui, déclaré que la vie des policiers était en danger et que c'est ce qui les a poussés à faire usage de balles réelles.
Le ministre de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, en visite aux Etats-Unis, a déclaré : « L'opération de la police avait pour but d'effectuer des arrestations, les résultats ne sont pas à la hauteur et, bien évidemment, je ne suis pas satisfait. Toutefois, je vous assure que la mission sera menée à son terme. Tous ceux qui doivent être interpellés le seront ».
De son côté, ajoute le Haaretz, le vice-ministre des Affaires étrangères, Magli Wahabe, membre de la communauté druze, a appelé au limogeage de Shimon Koren, le commandant du district nord, coupable, selon lui, d'avoir permis « l'usage d'une force incontrôlée contre une population civile ». Par ailleurs, plusieurs députés arabes ont réclamé la création d'une commission d'enquête extérieure à la police.
Depuis près d'un an, écrit le journal, les habitants de Peki'in se plaignent d'actes de vandalisme et de violences, qui sont le résultat de conflits internes au village, et déplorent la passivité de la police à ce sujet. De même, pour certains, la violence d'hier témoigne de la frustration des jeunes Druzes face à leur situation économique et sociale.
ISRAËL-PALESTINIENS
L'aviation israélienne a bombardé un poste de police du Hamas
Le Haaretz rapporte que quatre membres du Hamas ont été tués, hier, dans le bombardement, par l'aviation israélienne, d'un poste de police, près de Khan Yunès, dans la bande de Gaza. Selon des sources palestiniennes, trois autres personnes ont été blessées. A Beit Hanun, dans le nord de la bande de Gaza, un missile tiré par l'armée israélienne et qui visait un dispositif de lancement de Qassam a manqué sa cible, blessant six Palestiniens.
Le Yediot Aharonot note que, dernièrement, Tsahal prenait garde à ne pas bombarder les postes de police et les quartiers généraux du Hamas dans la bande de Gaza, par crainte que cela n'entraîne de nombreux tirs de Qassam et ne conduise les forces terrestres israéliennes à pénétrer dans la bande de Gaza. C'est pourquoi, écrit le journal, l'attaque d'hier vient indiquer au Hamas qu'Israël ne restera pas sans réaction face aux tirs d'obus de mortier effectués par l'organisation, quitte à prendre le risque d'un embrasement.
Hier, en effet, ajoute le Haaretz, une dizaine d'obus de mortier ont été tirés vers le village israélien de Netiv Ha'assara, au nord de la bande de Gaza. Un ce ces obus a touché une maison, sans toutefois faire de blessés. En outre, quatre roquettes Qassam ont été tirées vers l'ouest du Néguev. L'une d'entre elles a touché une maison dans le kibboutz Sa'ad. Là aussi, il n'y a pas eu de blessés.
Préparatifs en vue de la conférence d'Annapolis
Selon le Haaretz, l'ancien Premier ministre palestinien, Ahmed Qorei, qui est à la tête de l'équipe palestinienne chargée des négociations en vue de la conférence d'Annapolis, a déclaré hier que les Palestiniens ne négocieraient pas avec Israël sans qu'une échéance soit fixée pour la création d'un Etat palestinien. « Le Premier ministre israélien affirme qu'il n'acceptera pas un calendrier imposé, et, bien [sûr] nous affirmons que nous ne négocierons pas sans calendrier » [sic], a-t-il déclaré.
Par ailleurs, des représentants palestiniens au Caire estiment que la conférence d'Annapolis sera reportée au début du mois de décembre afin de l'éloigner de la date des élections présidentielles libanaises. Selon eux, en effet, la participation de la Syrie à la conférence dépendra de l'attitude de Damas lors de ces élections. « Si la Syrie ne fait pas obstacle au processus qui se déroule au Liban, elle sera conviée à la conférence de paix », affirment-ils.
De son côté, la Syrie avait fait savoir qu'elle ne souhaitait pas participer à une conférence où ne seraient pas évoqués le conflit israélo-syrien et le plateau du Golan. Néanmoins, elle pourrait finalement être présente à Annapolis en tant que membre de la commission d'observation du processus de paix de la Ligue arabe.
© Ambassade de France en Israël
Mis en ligne le 31 octobre 2007, par M.











