Ambassade de France en Israël
ISRAËL-PALESTINIENS
Israël aux Etats-Unis : Le trafic d'armes vers Gaza compromet la conférence
Le Haaretz rapporte qu'Israël a fait passer récemment un message aux Etats-Unis, selon lequel la poursuite de la contrebande d'armes et le passage d'« experts en terrorisme » depuis le Sinaï vers la bande de Gaza pourraient compromettre la tenue de la conférence d'Annapolis. De hauts fonctionnaires israéliens ont fait savoir à leurs homologues américains que ce phénomène était devenu un problème stratégique, et leur ont demandé d'intervenir auprès des autorités égyptiennes.
Selon le journal, Israël est aussi frustré de l'attitude égyptienne sur le plan diplomatique, après que des voix se sont fait entendre, en Egypte, en faveur de la reprise du dialogue entre Fatah et Hamas. Les responsables israéliens affirment que l'Egypte agit à l'encontre des objectifs de la communauté internationale, en renforçant le Hamas aux dépens de Mahmoud Abbas.
Les milieux politiques et militaires en Israël sont notamment déçus de ce qu'ils décrivent comme l'immobilisme égyptien face à ce qui se produit ces dernières semaines sur « l'axe Philadelphie », la frontière qui sépare la bande de Gaza du Sinaï égyptien. Des dizaines de membres du Hamas ainsi que des membres du Jihad islamique seraient passés dernièrement d'Egypte vers la bande de Gaza. Aux demandes d'explications de la part d'Israël, les Egyptiens se contentent de répondre qu'il y a « un trou dans la clôture frontalière ».
Le message adressé aux Américains fait également état de l'inquiétude israélienne face à l'ampleur de la contrebande d'armes qui permet au Hamas de poursuivre le processus de renforcement de ses capacités militaires, ce qui risque de mettre en péril le processus diplomatique. Israël craint, en effet, un scénario dans lequel des roquettes de plus longue portée que les Qassam feront de nombreuses victimes dans plusieurs villes israéliennes, ce qui obligerait Tsahal à effectuer une opération d'envergure dans la bande de Gaza et pourrait entraîner l'annulation de la conférence internationale d'Annapolis.
Les Etats-Unis attendent la réponse d'Israël sur les expropriations à l'est de Jérusalem
Le Haaretz reprend une dépêche de l'agence AFP selon laquelle la Secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a déclaré hier que les Etats-Unis demanderaient à Israël d'expliquer sa décision d'exproprier des terrains palestiniens en zone E-1, située entre Jérusalem et la colonie de Maalé Adoumim. « J'ai convoqué leur Ambassadeur et lui ai demandé des explications. Je les attends toujours », a-t-elle déclaré.
Le mois dernier, les autorités militaires ont en effet exproprié plus de cent hectares de terrains appartenant à quatre villages palestiniens de Cisjordanie, afin d'y construire une route destinée à la circulation palestinienne. Ce projet devrait, par ailleurs, permettre à Israël de construire en zone E-1.
Condoleezza Rice, ajoute le journal, entamera ce dimanche une visite de cinq jours dans la région. Après une série de rencontres à Jérusalem et à Ramallah, consacrées notamment aux préparatifs en vue de la conférence d'Annapolis, Mme Rice est attendue au Caire pour des entretiens avec le chef de l'Etat égyptien.
Ehud Olmert aurait adopté les grandes lignes de la conférence de Taba
Selon un membre de l'équipe palestinienne chargée des négociations en vue de la conférence d'Annapolis, cité par le Maariv, le Premier ministre Ehud Olmert aurait accepté que les grandes lignes de ce qui avait été conclu lors de la conférence de Taba, en 2000, servent de base aux pourparlers actuels. Les Palestiniens, affirme-t-il, ont, eux aussi, accepté ces principes, et les désaccords qui demeurent entre les deux délégations sont peu importants.
Toutefois, rien de tout cela n'a pour l'heure été mis par écrit, les Palestiniens ayant le sentiment qu'Ehud Olmert doit faire face à une opposition interne au sein de son gouvernement en la personne du ministre de la Défense, Ehud Barak.
Le journal ajoute que ce responsable palestinien a laissé entendre que les Palestiniens pourraient renoncer au droit de retour des réfugiés, si Israël faisait preuve de souplesse sur d'autres sujets tels que le statut de Jérusalem. Selon lui, par ailleurs, un calendrier concernant le transfert du contrôle des grandes villes palestiniennes à l'Autorité palestinienne pourrait être prochainement établi, ce sujet ayant été évoqué dernièrement, lors de rencontres entre le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, et le directeur du Shabak, Yuval Diskin.
INTERIEUR
Sondage
Selon une enquête réalisée, pour le Haaretz, par l'institut Dialog, le Premier ministre Ehud Olmert a freiné sa chute dans les sondages, 15 % des Israéliens se déclarant satisfaits du Premier ministre Ehud Olmert, soit un point de plus que lors d'un précédent sondage datant du mois d'août. De même, 20 % des personnes interrogées estiment qu'Ehud Olmert a les qualités requises pour être Premier ministre, alors qu'ils n'étaient que 18 % en août.
En revanche, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, perd de sa popularité, puisqu'elle ne recueille que 40 % d'opinions favorables contre 48 % il y a deux mois. Au mois d'août, 40 % des Israéliens estimaient que Mme Livni avait les qualités requises pour être Premier ministre, ils ne sont plus que 28 % aujourd'hui.
Avec 33 %, la cote de satisfaction du ministre de la Défense, Ehud Barak, augmente de trois points par rapport au mois d'août. Toutefois, seules 23 % des personnes interrogées estiment qu'il a les qualités requises pour être Premier ministre, ce qui représente une chute de treize points en deux mois.
Enfin, 41 % des Israéliens estiment que le président du Likoud, Binyamin Netanyahu, a les qualités pour être Premier ministre. Ils étaient 51 % au mois d'août.
Concernant les pourparlers que mènent actuellement Ehud Olmert et Mahmoud Abbas sur un accord permanent, 51 % des Israéliens y sont favorables, 42 % s'y opposent.
De même, 40 % des personnes interrogées sont favorables à ce que, dans le cadre d'un accord permanent, des quartiers arabes de Jérusalem-est soient transférés aux Palestiniens, les quartiers juifs restant sous souveraineté israélienne. 50 % s'opposent à un tel arrangement.
Sur le plan intérieur, seuls 28 % des Israéliens pensent que les enquêtes judiciaires dont fait l'objet Ehud Olmert doivent être suspendues. 64 % souhaitent que les enquêtes se poursuivent.
50 % des personnes interrogées estiment que la commission Winograd, chargée d'enquêter sur la deuxième guerre du Liban, commettrait une erreur si elle n'incluait pas dans son rapport définitif des recommandations concernant des personnes spécifiques. 43 % estiment que, même dans ce cas de figure et en l'absence de conclusions concernant personnellement le Premier ministre, il faudra convoquer des élections anticipées. 18 % sont d'avis qu'Ehud Olmert devra démissionner pour être remplacé par un autre membre du parti Kadima. Seuls 23 % pensent que le gouvernement Olmert pourra rester en place après la parution du rapport Winograd.
Toujours selon ce sondage, si des élections avaient lieu aujourd'hui, le Likoud arriverait en tête avec 28 sièges, suivi par le parti travailliste qui en obtiendrait 23. Les deux partis perdent deux sièges par rapport au dernier sondage, réalisé en août. Kadima reste stable avec 13 sièges. Viennent ensuite Israël Beteinou, le parti d'Avigdor Lieberman, avec 10 sièges, puis les ultra-orthodoxes séfarades du parti Shass, avec 9. Le bloc d'extrême droite Union nationale-PNR et le parti ultra-orthodoxe Yahadout Hatora obtiennent chacun 7 sièges. Le parti de gauche Meretz est crédité de 5 sièges et le parti des retraités, de 2 sièges. Les partis arabes conservent leur force actuelle avec 10 députés. La nouveauté de ce sondage est le parti Justice Sociale, d'Arcadi Gaydamak, qui, alors qu'il n'était crédité d'aucune intention de vote au mois d'août, obtiendrait aujourd'hui 5 sièges à la Knesset.
© Ambassade de France en Israël
Mis en ligne le 12 octobre 2007, par M.











