Ambassade de France en Israël
DIPLOMATIE
Assemblée générale des Nations Unies
La presse israélienne se fait l'écho de la vive polémique que suscite la venue à New York du président iranien, Mahmoud Ahmedinejad, à l'occasion de la 62ème Assemblée générale des Nation Unies, qui s'ouvrira demain.
Aujourd'hui, rapporte le Haaretz, le président iranien donnera une conférence devant des étudiants de l'université Columbia, à l'invitation de la faculté des sciences politiques, et ce, malgré les protestations de responsables politiques américains et de la communauté juive. Plusieurs manifestations sont prévues contre la participation d'Ahmadinejad à l'Assemblée générale, après ses propos négationnistes et ses appels à la destruction de l'Etat d'Israël.
La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui devrait participer à la grande manifestation organisée à l'initiative de plusieurs organisations juives devant le siège des Nations Unies, a déclaré : « Sa venue ici est une honte pour l'ONU et pour le monde. Le monde ne comprend pas qu'Ahmedinejad profite des valeurs universelles pour s'en prendre à nos vies, et cela aura un prix. Le monde doit se ressaisir et se défendre. Il ne peut se permettre d'avoir un Iran nucléaire ».
Le journal ajoute que Mme Livni devrait mettre à profit sa participation à l'Assemblée générale pour promouvoir une campagne visant à empêcher la participation d'organisations terroristes aux élections, dans tous les pays du monde. En partant de l'exemple du Hamas, qui, ayant accédé démocratiquement au pouvoir, impose maintenant son programme par la force, la ministre des Affaires étrangères veut proposer une série de critères que devront respecter les mouvements qui souhaitent participer à des élections. Elle espère parvenir à une décision des Nations Unies, qui proscrira notamment la candidature d'organisations armées, ou de groupes dont le programme électoral est raciste.
Hier, Tzipi Livni s'est entretenue en tête-à-tête avec le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, une rencontre qualifiée d'« importante » par des responsables israéliens. Aujourd'hui, elle devrait participer à la réunion des pays donateurs de l'Autorité palestinienne et présenter une série de mesures qu'Israël compte mettre en place pour contribuer à l'édification des institutions palestiniennes. Au cours de cette réunion, l'émissaire du Quartet de la communauté internationale, Tony Blair, devrait exposer, pour la première fois, son programme pour le renforcement des institutions et de l'économie palestiniennes.
ISRAËL-PALESTINIENS
Le gouvernement approuve la libération de 91 prisonniers palestiniens
Le gouvernement a approuvé la libération de quatre-vingt-onze prisonniers palestiniens avant la fête musulmane de l'Aïd el-Fitr, dans un peu plus de deux semaines. Selon le Haaretz, il s'agit de prisonniers membres du Fatah, du FPLP et du FDLP n'ayant pas de « sang sur les mains ».
Cette décision a été approuvée par seize ministres ; six s'y sont opposés, dont le ministre des Transports, Shaul Mofaz, du parti Kadima, le ministre du Tourisme, Yitzhak Aharonovitz, du parti Israël Beteinou, et les quatre ministres du parti religieux séfarade, Shass. Le Premier ministre, Ehud Olmert, a rappelé qu'Israël a l'habitude de libérer des prisonniers, chaque année, à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, et que ces prisonniers n'étant pas ceux réclamés par le Hamas, cette libération n'aura aucune incidence sur la libération de Gilad Shalit.
Le journal note que trente des prisonniers, qui devraient être libérés au cours de la semaine prochaine, sont des habitants de la bande de Gaza. En Israël, on espère que leur libération va pousser les familles des prisonniers du Hamas à faire pression sur l'organisation afin qu'elle montre plus de souplesse pour parvenir à un échange de prisonniers avec Israël.
Un haut responsable israélien a déclaré hier que la médiation égyptienne auprès du Hamas, dans le dossier Shalit, se poursuivait malgré le départ de la délégation égyptienne de Gaza. Le négociateur israélien, Ofer Dekel, s'est rendu une nouvelle fois, la semaine dernière, en Egypte pour des entretiens à ce sujet.
Par ailleurs, plusieurs écrivains israéliens de renom, parmi lesquels Amoz Oz, A.B. Yehoshua, et David Grossman, ont signé une pétition appelant le Premier ministre, Ehud Olmert, à ne pas « laisser passer l'occasion » de parvenir à un accord avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Les écrivains appellent également à négocier avec le Hamas pour parvenir à un cessez-le-feu.
Israël autorise le déploiement de cinq cents policiers à Naplouse
Le Haaretz rapporte que le ministre de la Défense, Ehud Barak, aurait autorisé le déploiement de près de cinq cents policiers palestiniens à Naplouse afin de faire respecter l'ordre dans la ville. Selon de hauts fonctionnaires du ministère de la Défense, ce déploiement devrait avoir lieu d'ici deux à trois semaines. Ces policiers seront armés, mais leur activité ne sera autorisée que durant la journée. Cette décision aurait été prise par M. Barak, suite à une requête du Premier ministre palestinien, Salam Fayyad.
Toutefois, des responsables palestiniens affirment qu'aujourd'hui déjà, la police palestinienne est présente à Naplouse pour lutter contre la délinquance, et que ses activités se déroulent de jour comme de nuit, sans autorisation israélienne. Ces derniers temps, les policiers palestiniens auraient même élargi leurs activités aux zones B, les zones rurales où la sécurité est sous responsabilité israélienne. Les policiers palestiniens y luttent contre la délinquance, en coordination avec les forces israéliennes.
Kerem Shalom sous un « déluge » d'obus de mortier
Le Maariv consacre un article à la situation du kibboutz Kerem Shalom, situé dans l'ouest du Negev, à la jonction des frontières égyptienne, israélienne et de la bande de Gaza. Ce petit kibboutz, d'une quarantaine d'habitants, a été, depuis une semaine, la cible de tirs incessants d'obus de mortiers en provenance de la bande de Gaza. Une centaine d'obus s'y sont abattus en l'espace d'une semaine, touchant les environs de la salle à manger commune et des habitations, sans faire aucune victime, « un miracle » selon les habitants. A cela il faut ajouter que le système d'alerte « couleur rouge », qui sert à avertir de l'imminence de la chute de roquettes Qassam, ne se déclenche pas lors de tirs d'obus de mortier, et que, par conséquent, les explosions surviennent par surprise.
Les habitants du Kibboutz, habitués à la vie tranquille d'une commune rurale, ont dû se faire aux bruits des explosions et à l'angoisse permanente qui les accompagne. Toutefois, selon un responsable du kibboutz, la cellule qui tirait sur Kerem Shalom vient d'être éliminée par Tsahal, ce qui devrait mettre fin aux attaques.
Des ministres contre l'enquête sur l'élimination de Shahade
Le Maariv se fait l'écho de la « révolte », au sein du gouvernement israélien, suite à la décision de la Cour suprême, qui a ordonné la création d'une commission d'enquête sur l'élimination de Salah Shahade, un haut responsable du Hamas dans la bande de Gaza, impliqué dans de nombreux attentats en Israël, tué dans le bombardement de son immeuble par l'aviation israélienne, le 24 août 2003. Ce raid avait fait quatorze victimes civiles dont huit enfants. La semaine dernière, le gouvernement a appris que le parquet, en réponse à un recours porté devant la Cour suprême, avait affirmé ne pas être opposé à la création d'une commission d'enquête indépendante sur cette opération.
Selon le Maariv, parmi les ministres qui s'opposent à la création de cette commission, on trouve le ministre de la Défense, Ehud Barak, le ministre de la Justice, Daniel Friedman, le ministre des Affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, et le ministre des Infrastructures nationales, Binyamin Ben-Eliezer, qui était ministre de la Défense à l'époque de l'opération contre Shahade. Le Premier ministre, Ehud Olmert, note le journal, attend, lui, de connaître la composition et les compétences de la commission d'enquête avant de se prononcer sur la question.
Selon un communiqué publié hier par le cabinet d'Ehud Barak, le ministre de la Défense estime qu'il est « inacceptable que des soldats de Tsahal soient envoyés en mission au péril de leur vie et doivent ensuite prendre un avocat pour se défendre devant la justice ». « Aucune commission semi-juridique n'a le droit d'enquêter sur les opérations de Tsahal, à moins qu'il ne s'agisse d'une opération clairement illégale. Dans ce cas-ci, c'est à l'échelon politique que la justice doit s'adresser », a déclaré Ehud Barak.
IMAGE DE LA FRANCE
Mort de Marcel Marceau
Les trois grands journaux israéliens rendent hommage à Marcel Marceau, disparu samedi à l'âge de 84 ans. Les journaux soulignent l'influence du célèbre mime sur de nombreux acteurs israéliens.
© Ambassade de France en Israël
Mis en ligne le 24 septembre 2007, par M.











