Ambassade de France en Israël
ISRAËL-PALESTINIENS
Le gouvernement doit décider de mesures à prendre face aux tirs de Qassam
Le cabinet restreint de sécurité doit se réunir aujourd'hui afin de décider de la réaction israélienne à la poursuite des tirs de roquettes Qassam contre le Néguev occidental.
Selon le Haaretz, une majorité des membres du cabinet serait favorable à des mesures visant la population civile dans la bande de Gaza, telles que des coupures temporaires de l'électricité, en cas de tirs de roquettes. Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a demandé hier à ses services de vérifier si de telles mesures sont envisageables sur le plan juridique.
Des responsables politiques cités par le journal estiment que Tsahal ne devrait toutefois pas, pour l'heure, élargir ses opérations militaires dans la bande de Gaza, au-delà des raids qui sont effectués à l'heure actuelle. En effet, le Premier ministre Ehud Olmert est, comme son ministre de la Défense, opposé à une offensive terrestre de grande envergure, et ce pour plusieurs raisons : les pourparlers en cours avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et la conférence de paix internationale, prévue pour novembre ; la tension qui persiste entre Israël et la Syrie et qui empêche la mobilisation de forces importantes dans la bande de Gaza ; les prévisions selon lesquelles la protection des habitants de Sdérot sera meilleure d'ici quelques mois et qu'il vaut mieux attendre avant de lancer une opération ; la proximité des fêtes juives, qui rend délicate la mobilisation de réservistes ; et enfin, les nombreux dignitaires étrangers qui doivent se rendre prochainement en Israël.
Le cabinet, ajoute le Maariv, pourrait toutefois adopter le plan du ministre de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, qui propose que Tsahal effectue de brèves incursions dans des secteurs de la bande de Gaza, qui servent au lancement et au stockage des roquettes Qassam, en ne restant sur place que pour de brèves périodes. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, propose, quant à elle, que l'aviation israélienne provoque des bang supersoniques dans le ciel de la bande de Gaza et que les postes-frontière avec la bande de Gaza soient fermés pour plusieurs jours après chaque tir de roquette.
A Sdérot, les parents d'élèves ont décidé de fermer aujourd'hui tous les établissements scolaires de la ville, et des manifestations doivent avoir lieu aujourd'hui à Jérusalem, pour réclamer la protection de toutes les salles de classe. En attendant, le comité des parents d'élèves de Sdérot compte s'adresser à la Cour suprême afin qu'elle ordonne au gouvernement de fournir aux enfants de Sdérot des salles de classe en dehors de la ville, hors de portée des Qassam.
Par ailleurs, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a décrété hier létat de « situation exceptionnelle » pour les localités israéliennes situées autour de la bande de Gaza, permettant ainsi le transfert aux autorités militaires, de certains pouvoirs dans le domaine civil. L'armée pourra notamment décider de l'ouverture, ou de la fermeture des établissements scolaires et des usines de la région. Cela permettra aussi de mieux dédommager les victimes des tirs de roquettes. Ce décret, valable quarante-huit heures, devra être prolongé par le gouvernement.
La Cour suprême modifie le tracé de la clôture de séparation
Le Maariv rapporte que la Cour suprême a ordonné hier au gouvernement et à l'armée de démanteler une section longue de 1,7 kilomètre de la clôture qui sépare Israël de la Cisjordanie, près du village palestinien de Bilin, et de modifier son tracé. Les magistrats ont estimé que la construction de la clôture autour d'un quartier en projet de la colonie de Modiin-Ilit était illégale, d'autant plus que la construction de ce quartier n'avait pas été juridiquement approuvée.
Pour les juges, le préjudice causé aux habitants du village palestinien, expropriés d'une partie de leurs terres, et qui ont vu certains de leurs champs passer à l'ouest de la clôture, ne peut être justifié par la protection des terrains non construits de la colonie. Ils ont, par conséquent, ordonné aux autorités de « déplacer » la clôture vers l'ouest, de telle manière, que seuls les quartiers déjà construits de Modiin-Ilit soient du côté « israélien », le quartier en projet se retrouvant du côté « palestinien » de la clôture. « Le tracé de la clôture de sécurité ne doit pas se baser sur la volonté d'inclure du côté israélien des terrains destinés à l'élargissement de colonies, surtout s'il s'agit de plans d'urbanisme qui ne verront pas le jour prochainement », a écrit la présidente de la Cour suprême, Dorit Beinish.
Le Haaretz rappelle que, depuis un an et demi, les habitants de Bilin et des militants israéliens d'extrême gauche manifestent chaque semaine contre le tracé de la clôture, et affrontent régulièrement les forces de l'ordre. En tout, près de huit cents manifestants et plusieurs dizaines de soldats ont été blessés au cours de ces manifestations.
INTERIEUR
Les travaux de la commission Winograd dureront encore plusieurs mois
Me Tzvi Agmon, l'avocat de la commission Winograd, qui enquête sur la deuxième guerre du Liban, a fait savoir hier à la Cour suprême que la commission avertirait toute personne susceptible d'être mise en cause dans son rapport et qu'elle permettrait à tous ceux à qui ce rapport risque de causer un préjudice, de s'exprimer devant elle. Ces personnes auront aussi le droit de consulter les documents qui les concernent, de présenter de nouvelles preuves et d'être représentées par un avocat. A ce stade, la commission ne s'est pas engagée à laisser les témoins effectuer des contre-interrogatoires, ce qui rallongerait encore davantage les travaux de la commission.
La signification de cette annonce, approuvée par la Cour et qui a valeur de jugement, est que les travaux de la commission, qui devaient se terminer au plus tard en novembre, dureront encore de nombreux mois. Des juristes cités par le Haaretz estiment que le rapport définitif de la commission sera publié entre janvier et mars 2008. Ce délai devrait aussi bénéficier au Premier ministre, Ehud Olmert, qui, s'il est mis en cause dans le rapport, risque de devoir affronter une crise politique majeure.
© Ambassade de France en Israël
Mis en ligne le 05 septembre 2007, par M.











