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Imbroglio moyen-oriental
Source : politiquearabedelafrance.blogspot.com/Me basant sur ce que j'en ai lu à ce jour, je vous recommande ce site personnel (weblog). Je ne sais qui en est l'animateur, mais je puis témoigner, à mon niveau, qu'il est bien informé et que ses analyses sont bien meilleures que celles de nombre de chroniqueurs de la presse, pompeusement affectés du titre de spécialistes du Proche-Orient. Menahem Macina.
14/03/05
Drôle de chassé-croisé en fin de semaine dernière, entre l'Europe et les États-Unis, à propos du Moyen-Orient. Alors que Jeudi 10 Mars, contre toute attente, les États-Unis décidaient d'accepter le Hezbollah comme une composante politique du pays, d'après le New York Times, le parlement européen reconnaissait le même Hezbollah comme un mouvement terroriste. Le monde à l'envers.
Pour ce qui est de l'Europe, il est important de signaler que le parlement européen a donné un avis consultatif, alors que c'est le Conseil qui doit prendre des mesures concrètes, telle l'inclusion de l'organisation chiite dans sa liste des organisations terroristes. Autrement dit, si les parlementaires européens méritent un coup de chapeau pour cet avis émis à l'encontre de certaines chancelleries, il n'est pas dit que les chancelleries en question, et à leur tête la France, vont tirer les conclusions qui s'imposent d'une telle déclaration du parlement. Surtout lorsque l'on sait qu'un tel avis avait déjà été émis par le parlement européen.
Qu'il y ait, au parlement européen, des hommes et des femmes pour qui la vérité est importante et qui sachent reconnaître une organisation terroriste en plein jour doit moins nous surprendre que le fait que les États-Unis fassent soudain volte-face, eu égard au contexte général de la guerre de Bush contre le terrorisme.
Il est à noter, d'ailleurs, que dimanche 13 mars, le gouvernement américain a démenti cette intormation. Il en est souvent ainsi, en politique internationale. Un journal croit savoir quelque chose et le partage avec ses lecteurs. Comme le journal est sérieux et bien informé, le gouvernement concerné prend soin de démentir sans qu'on puisse savoir si c'était un tuyau crevé ou un démenti de pure forme.
Il y a eu un autre exercice du même genre, et en tous points similaire, ce week-end. Le Sunday Times, de Londres, publiait hier un article révélant que les États-Unis avaient donné leur feu vert à Israël pour attaquer l'Iran en cas d'échec de la voie diplomatique. Le gouvernement, par la voix de Condoleeza Rice, a encore une fois démenti cette information. Sans qu'on soit plus capable de savoir ce qu'il en est, bien sûr.
On pourrait même imaginer l'échange suivant : les États-Unis ont été assez échaudés par la campagne anti-guerre en Irak qu'ont menée un certain nombre de pays européens, à commencer par la France. Du coup, pour le prochain round, ils essayent de manier à la fois la carotte et le bâton. À savoir : qu'ils laissent entendre qu'ils pourraient fermer les yeux quant au Hezbollah et aux intérêts de la France au Liban. En échange de quoi, les États-Unis resteraient maîtres du jeu pour la question iranienne, au point de ne pas empêcher une attaque israélienne afin de stopper la course à l'armement atomique de la dictature chiite.
Ce possible calcul de realpolitik, qui pousserait les États-Unis à choisir de laisser s'installer le Hezbollah pour mieux combattre l'Iran peut se révéler doublement fructueux, puisque l'Iran est le soutien essentiel de l'organisation terroriste libanaise. Il faut toutefois, pour cela, que l'Europe ne vienne pas jouer la mouche du coche, et que les calculs de la diplomatie francaise ne lui brouillent pas la vue au point de vouloir empêcher ce deal de se matérialiser. À ce propos, on pourra opportunément s'interroger sur le silence de la presse française sur le volet iranien du jour, dans l'imbroglio moyen-oriental.
© politiquearabedelafrance.blogspot.com
[L'existence de ce site nous a aimablement été signalée par Michka.]
Mis en ligne le 15 mars 2005 sur le site www.upjf.org.
Pour ce qui est de l'Europe, il est important de signaler que le parlement européen a donné un avis consultatif, alors que c'est le Conseil qui doit prendre des mesures concrètes, telle l'inclusion de l'organisation chiite dans sa liste des organisations terroristes. Autrement dit, si les parlementaires européens méritent un coup de chapeau pour cet avis émis à l'encontre de certaines chancelleries, il n'est pas dit que les chancelleries en question, et à leur tête la France, vont tirer les conclusions qui s'imposent d'une telle déclaration du parlement. Surtout lorsque l'on sait qu'un tel avis avait déjà été émis par le parlement européen.
Qu'il y ait, au parlement européen, des hommes et des femmes pour qui la vérité est importante et qui sachent reconnaître une organisation terroriste en plein jour doit moins nous surprendre que le fait que les États-Unis fassent soudain volte-face, eu égard au contexte général de la guerre de Bush contre le terrorisme.
Il est à noter, d'ailleurs, que dimanche 13 mars, le gouvernement américain a démenti cette intormation. Il en est souvent ainsi, en politique internationale. Un journal croit savoir quelque chose et le partage avec ses lecteurs. Comme le journal est sérieux et bien informé, le gouvernement concerné prend soin de démentir sans qu'on puisse savoir si c'était un tuyau crevé ou un démenti de pure forme.
Il y a eu un autre exercice du même genre, et en tous points similaire, ce week-end. Le Sunday Times, de Londres, publiait hier un article révélant que les États-Unis avaient donné leur feu vert à Israël pour attaquer l'Iran en cas d'échec de la voie diplomatique. Le gouvernement, par la voix de Condoleeza Rice, a encore une fois démenti cette information. Sans qu'on soit plus capable de savoir ce qu'il en est, bien sûr.
On pourrait même imaginer l'échange suivant : les États-Unis ont été assez échaudés par la campagne anti-guerre en Irak qu'ont menée un certain nombre de pays européens, à commencer par la France. Du coup, pour le prochain round, ils essayent de manier à la fois la carotte et le bâton. À savoir : qu'ils laissent entendre qu'ils pourraient fermer les yeux quant au Hezbollah et aux intérêts de la France au Liban. En échange de quoi, les États-Unis resteraient maîtres du jeu pour la question iranienne, au point de ne pas empêcher une attaque israélienne afin de stopper la course à l'armement atomique de la dictature chiite.
Ce possible calcul de realpolitik, qui pousserait les États-Unis à choisir de laisser s'installer le Hezbollah pour mieux combattre l'Iran peut se révéler doublement fructueux, puisque l'Iran est le soutien essentiel de l'organisation terroriste libanaise. Il faut toutefois, pour cela, que l'Europe ne vienne pas jouer la mouche du coche, et que les calculs de la diplomatie francaise ne lui brouillent pas la vue au point de vouloir empêcher ce deal de se matérialiser. À ce propos, on pourra opportunément s'interroger sur le silence de la presse française sur le volet iranien du jour, dans l'imbroglio moyen-oriental.
© politiquearabedelafrance.blogspot.com
[L'existence de ce site nous a aimablement été signalée par Michka.]
Mis en ligne le 15 mars 2005 sur le site www.upjf.org.











