Vous êtes :
Accueil » Conflit palestino-israélien» Ressources documentaires
Ressources documentaires
Comprendre la dernière "provocation" d'Ariel Sharon
27/02/05Source : politiquearabedelafrance.blogspot.com/
Me basant sur ce que j'en ai lu à ce jour, je vous recommande ce site personnel (weblog). Je ne sais qui en est l'animateur, mais je puis témoigner, à mon niveau, qu'il est bien informé et que ses analyses sont bien meilleures que celles de nombre de chroniqueurs de la presse, pompeusement affectés du titre de spécialistes du Proche-Orient. Menahem Macina.
Dans une interview à la télévision israélienne, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a estimé le 23 février que les « Français sont pro-Arabes ». Il répondait à la question : « Pourquoi les rapports se sont dégradés avec les Français alors qu'ils avaient beaucoup aidé Israël après sa création ? ». « L'une des choses les plus étranges, c'est que la France se refuse à considérer le Hezbollah comme une organisation terroriste, alors qu'elle est l'une des plus dangereuses dans le monde », a-t-il ajouté. La diplomatie française n'a absolument pas réagi à cette "provocation".
Comment comprendre cette nouvelle bombe lancée par Ariel Sharon sur le gouvernement français, malgré le "réchauffement" des relations franco-israéliennes ? Comment comprendre l'absence de réaction du côté français ?
C'est que le réchauffement franco-israélien est pour l'essentiel une illusion : c'est bon pour les journalistes. Le pauvre Jean Daniel estimait dans son édito du nouvel Obs du 8 février : « Les relations bilatérales franco-israéliennes sont redevenues très bonnes. » Mais la clairvoyance n'est pas la qualité principale de Jean Daniel.
Plutôt qu'un réchauffement, il faut parler d'un repli français : la France a été contrainte d'assouplir ses positions sur de nombreux sujets. Elle a en effet dû faire face, dernièrement, à des déroutes importantes de sa politique arabe.
D'abord, son soutien à Arafat a échoué et ne lui a pas permis de prendre la place qu'elle souhaitait dans le conflit israélo-palestinien. (La stratégie d'Arafat et le rôle qu'y jouait la France ont été expliqués de manière limpide, il y a quelques jours, par un proche conseiller d'Ariel Sharon au journal La Croix : selon Eyal Arad, « Il y a un an et demi, l'objectif de Yasser Arafat était d'empêcher par le terrorisme toute possibilité de pourparlers entre Israéliens et Palestiniens, dans l'espoir de susciter un réglement imposé, en particulier de la part des Européens. ») Le nouveau climat entre Israéliens et Palestiniens, suite à la mort d'Arafat, oblige la France à se repositionner.
Il y a eu aussi la déconvenue Bachar Assad, sur lequel la diplomatie française avait misé, sur les bons conseils de Rafic Hariri, qui a culminé le 14 février par l'assassinat de ce dernier.
La France, tenant à tout prix à mener une politique active au Moyen-Orient, s'est donc vue contrainte :
Car l'avenir sera moins consensuel et moins mielleux. Si tout le monde s'entend sur le retrait de Gaza, c'est la Cisjordanie qui est le véritable enjeu. Sharon entend en garder une partie significative tandis qu'Abbas veut, naturellement, tout. Entre les deux, il y aura, en arbitres, les États-Unis et l'Europe, cette dernière ayant été réintroduite dernièrement par Condoleeza Rice dans le processus. Pour Sharon, une Europe menée par la France et poussant au retrait total de la Cisjordanie est une réelle menace.
Les propos du 23 février n'ont pas été prononcés au hasard. On remarque que Sharon avait choisi de participer à l'émission de l'humoriste Eli Yatzpan, celui-là même qui avait été identifié en décembre 2004 par Gérard Araud, l'ambassadeur de France, comme le plus virulent des anti-Français en Israël. « Tout le monde sait que Yatzpan a choisi la France pour cible », avait-il dit.
On remarque ensuite qu'il a explicitement cité la question du Hezbollah que la France refuse toujours de considérer comme une organisation terroriste. Il s'agit là d'un contentieux très réel et très actuel, le Hezbollah étant un suspect probable de l'attentat du 26 février à Tel-Aviv. Malgré le repli tactique de la France, malgré son "profil bas" (pour autant qu'on puisse parler de profil bas pour la diplomatie française), la France n'a pas plié selon lui sur certaines considérations essentielles : le Hezbollah est la principale d'entre elles. Alors même que son proche ami Hariri a été assassiné par les services pro-syriens, Chirac continue de soutenir le très pro-syrien Hezbollah, qui ne fait pas de secret de son opposition au processus de paix israélo-palestinien. Pour Sharon, c'est l'indice qui lui fait penser que la France reste un partenaire douteux. Autant continuer à l'affaiblir encore et la discréditer.
Au profil bas et aux propos mielleux des Français, Sharon a répondu : "Bas les masques !". En position de faiblesse, la France a préféré de ne pas répondre à la provocation de Sharon : elle sait qu'elle n'a rien à y gagner.
© politiquearabedelafrance.blogspot.com
Mis en ligne le 15 mars 2005 sur le site www.upjf.org.
Dans une interview à la télévision israélienne, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a estimé le 23 février que les « Français sont pro-Arabes ». Il répondait à la question : « Pourquoi les rapports se sont dégradés avec les Français alors qu'ils avaient beaucoup aidé Israël après sa création ? ». « L'une des choses les plus étranges, c'est que la France se refuse à considérer le Hezbollah comme une organisation terroriste, alors qu'elle est l'une des plus dangereuses dans le monde », a-t-il ajouté. La diplomatie française n'a absolument pas réagi à cette "provocation".
Comment comprendre cette nouvelle bombe lancée par Ariel Sharon sur le gouvernement français, malgré le "réchauffement" des relations franco-israéliennes ? Comment comprendre l'absence de réaction du côté français ?
C'est que le réchauffement franco-israélien est pour l'essentiel une illusion : c'est bon pour les journalistes. Le pauvre Jean Daniel estimait dans son édito du nouvel Obs du 8 février : « Les relations bilatérales franco-israéliennes sont redevenues très bonnes. » Mais la clairvoyance n'est pas la qualité principale de Jean Daniel.
Plutôt qu'un réchauffement, il faut parler d'un repli français : la France a été contrainte d'assouplir ses positions sur de nombreux sujets. Elle a en effet dû faire face, dernièrement, à des déroutes importantes de sa politique arabe.
D'abord, son soutien à Arafat a échoué et ne lui a pas permis de prendre la place qu'elle souhaitait dans le conflit israélo-palestinien. (La stratégie d'Arafat et le rôle qu'y jouait la France ont été expliqués de manière limpide, il y a quelques jours, par un proche conseiller d'Ariel Sharon au journal La Croix : selon Eyal Arad, « Il y a un an et demi, l'objectif de Yasser Arafat était d'empêcher par le terrorisme toute possibilité de pourparlers entre Israéliens et Palestiniens, dans l'espoir de susciter un réglement imposé, en particulier de la part des Européens. ») Le nouveau climat entre Israéliens et Palestiniens, suite à la mort d'Arafat, oblige la France à se repositionner.
Il y a eu aussi la déconvenue Bachar Assad, sur lequel la diplomatie française avait misé, sur les bons conseils de Rafic Hariri, qui a culminé le 14 février par l'assassinat de ce dernier.
La France, tenant à tout prix à mener une politique active au Moyen-Orient, s'est donc vue contrainte :
- de "lâcher" la Syrie de Bachar Assad et d'appeler les États-Unis à la rescousse au Liban, ce qui a donné la résolution 1559 en septembre.
- de soutenir la nouvelle direction palestinienne de Mahmoud Abbas dans son refus de la violence et les négociations avec Israël.
Car l'avenir sera moins consensuel et moins mielleux. Si tout le monde s'entend sur le retrait de Gaza, c'est la Cisjordanie qui est le véritable enjeu. Sharon entend en garder une partie significative tandis qu'Abbas veut, naturellement, tout. Entre les deux, il y aura, en arbitres, les États-Unis et l'Europe, cette dernière ayant été réintroduite dernièrement par Condoleeza Rice dans le processus. Pour Sharon, une Europe menée par la France et poussant au retrait total de la Cisjordanie est une réelle menace.
Les propos du 23 février n'ont pas été prononcés au hasard. On remarque que Sharon avait choisi de participer à l'émission de l'humoriste Eli Yatzpan, celui-là même qui avait été identifié en décembre 2004 par Gérard Araud, l'ambassadeur de France, comme le plus virulent des anti-Français en Israël. « Tout le monde sait que Yatzpan a choisi la France pour cible », avait-il dit.
On remarque ensuite qu'il a explicitement cité la question du Hezbollah que la France refuse toujours de considérer comme une organisation terroriste. Il s'agit là d'un contentieux très réel et très actuel, le Hezbollah étant un suspect probable de l'attentat du 26 février à Tel-Aviv. Malgré le repli tactique de la France, malgré son "profil bas" (pour autant qu'on puisse parler de profil bas pour la diplomatie française), la France n'a pas plié selon lui sur certaines considérations essentielles : le Hezbollah est la principale d'entre elles. Alors même que son proche ami Hariri a été assassiné par les services pro-syriens, Chirac continue de soutenir le très pro-syrien Hezbollah, qui ne fait pas de secret de son opposition au processus de paix israélo-palestinien. Pour Sharon, c'est l'indice qui lui fait penser que la France reste un partenaire douteux. Autant continuer à l'affaiblir encore et la discréditer.
Au profil bas et aux propos mielleux des Français, Sharon a répondu : "Bas les masques !". En position de faiblesse, la France a préféré de ne pas répondre à la provocation de Sharon : elle sait qu'elle n'a rien à y gagner.
© politiquearabedelafrance.blogspot.com
Mis en ligne le 15 mars 2005 sur le site www.upjf.org.











