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Incursion à Djebaliya : la France condamne Israël
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Le contraire nous eût étonnés ! A cet égard, il vaut la peine de lire attentivement le point de presse suivant du porte-parole du Quai d’Orsay. On remarquera la hargne du journaliste accrédité, qui pousse la porte-parole dans ses derniers retranchements pour bien faire comprendre que la France est perçue comme moins sévère envers Israël qu’envers les Palestiniens. Voilà qui est nouveau et qui, à en juger par le ton du journaliste, sonne comme un avertissement, voire une menace. Menahem Macina.

www.france.diplomatie.gouv.fr/actu/pointpresse.asp?liste=20041001.html

PROCHE-ORIENT

Nous sommes vivement préoccupés par l'escalade de la violence enregistrée depuis deux jours dans la bande de Gaza qui a provoqué la mort de nombreux civils.
Nous avons condamné, hier, les tirs de roquettes qui avaient entraîné la mort de deux enfants à Sdérot il y a deux jours.
Israël a le droit de se défendre contre le terrorisme mais doit le faire dans le respect du droit international humanitaire.
Le recours à la violence n'est pas une solution. Il faut tout faire pour sortir de cet engrenage.
Les deux parties doivent déployer tous leurs efforts pour permettre la reprise d'un processus politique et la mise en œuvre de la Feuille de route, qui demeure la seule solution pour mettre fin aux violences dramatiques, dont les populations civiles supportent les conséquences.

(Concernant votre déclaration sur les événements à Gaza, trois enfants palestiniens et deux enfants israéliens sont morts hier ; aujourd'hui, on constate qu'il y a beaucoup plus d'enfants tués et plusieurs centaines de blessés. Hier, vous avez utilisé le terme ''condamner avec la plus grande fermeté'' aujourd'hui, vous êtes ''vivement préoccupés''. Faut-il comprendre le même symbole ?)

Il y a deux choses, les faits que nous avons condamnés, et l'escalade de la violence qui nous préoccupe vivement.

(Oui, mais c'est une guerre qui se déroule, que dites-vous à ce propos ?)

Nous disons qu'il y a escalade de la violence et nous marquons notre vive préoccupation devant cette escalade de la violence qui est nourrie par tout cet enchaînement de faits.

(Pensez-vous que la situation n'est pas suffisamment préoccupante pour que la demande palestinienne concernant une réunion urgente du Conseil de sécurité soit prise en compte ? Vous êtes membre permanent, ne pensez-vous pas que le moment est venu pour vous réunir, comme vous l'avez fait pour le Liban ? Il serait dommageable que l'opinion publique pense qu'il y a deux poids, deux mesures au Conseil de sécurité ?)

Il n'y a pas deux poids et deux mesures. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a différents projets aux Nations unies, l'idée de travailler au Conseil de sécurité, l'idée de travailler à l'Assemblée générale, tout ceci fait l'objet de consultations et doit faire également l'objet d'une décision de l'ensemble des membres des pays concernés. Effectivement, je vous le redis, toute cette escalade de la violence nous préoccupe vivement et c'est la raison pour laquelle nous appelons à ce qu'il soit mis fin à toutes ces violences dramatiques dont les civils sont les victimes finalement. En effet, il faut y travailler.

(Pourriez-vous nous faire une petite explication de textes sur les deux déclarations distinctes, hier sur la situation au Moyen-Orient. D'une part, la première déclaration sur l'attaque contre la ville israélienne et d'autre part, la riposte.
Normalement, l'habitude veut que le Quai d'Orsay n'émette qu'une seule déclaration dans laquelle est exprimée sa position sur deux accidents différents. Il y a un écart de langage dans les deux déclarations, la première qui condamne simplement et qui demande à Israël de pratiquer la retenue, et la seconde qui condamne avec la plus grande fermeté une attaque contre la ville israélienne.
Nous ne sommes pas ici pour faire une comptabilité des pertes humaines ou de la gravité d'une attaque, nous demandons aux Palestiniens de respecter la Feuille de route, d'imposer sa loi contre les terroristes, mais à Israël, on ne demande à Israël qu'une simple retenue, on ne lui demande pas de respecter la Feuille de route ou d'arrêter l'incursion en Gaza. Ceci me choque, pourriez-vous nous donner une explication, y a-t-il vraiment un écart entre les deux positions ?)

Non, sur le fond, je vous le redis, ce qui nous interpelle, c'est cet enchaînement de violence et c'est à cela maintenant qu'il faut que les uns et les autres mettent un terme. C'est la raison pour laquelle nous en appelons à la relance du dialogue politique, à la relance de la Feuille de route, car la situation est terrible pour toutes les populations concernées.

(Mais, permettez-moi de constater que dans vos deux déclarations, l'une comporte cette phrase où l'on indique qu'il faut faire preuve de la plus grande fermeté et dans l'autre, cette phrase a disparu, bref, c'est ma première remarque. De plus, les opérations israéliennes contre les localités palestiniennes n'étaient pas seulement concentrées sur Gaza mais dans plusieurs régions du Territoire palestinien. Je me demande donc pourquoi vous négligez la référence à ces opérations de grande envergure. Vous n'avez parlé que de Gaza.
Quelle est votre réaction concernant la décision de M. Sharon qui a donné un feu vert public pour mener une opération de grande envergure contre les localités palestiniennes. Avez-vous une réaction ?)

Je crois que la déclaration que j'ai faite tout à l'heure y répond.

(Elle ne mentionne pas du tout M. Sharon.)

Non, mais elle mentionne clairement notre vive préoccupation, je le redis.

(Est-ce suffisant à l'heure actuelle ?)

Tout cela demande à être étudié en continu, nous réagirons davantage si nous estimons devoir le faire, nous, et sans doute aussi les Européens. Pour le moment, ce que je dis, c'est que cette escalade de la violence nous préoccupe vivement.

(Votre ambassade en Israël et le Consulat général vous fournissent-ils le nombre de morts parmi tous les civils ?)

Nos postes font leur travail, nous informent. Je vous le redis, nous analysons tout cela comme une escalade de la violence qui nous préoccupe vivement.

© France.diplomatie.gouv

Mis en ligne le 04 octobre 2004 sur le site www.upjf.org.
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