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Michel Barnier, Arafat et la Feuille de route
Notre internaute et correspondant, Gérard Marx, nous adresse le texte de cet éditorial international de RFI, diffusé par le CRIF-Rhône-Alpes. Il le fait précéder de la remarque suivante : « Voici comment la radio gouvernementale RFI parle de la visite chez Arafat de Barnier, notre brillant ministre des affaires étrangères... auxquelles il semble effectivement étranger ! Cherchez le mot terrorisme, ou, à la rigueur, terroriste. » G.M. Edito international, 30/06/2004
Barnier, Arafat et la Feuille de route
Le chef de la diplomatie française Michel Barnier, dont c'est la première visite officielle dans les territoires palestiniens, appelle « à la fin de la répression israélienne », à l'issue d'une rencontre avec le président Yasser Arafat.
La rencontre a eu lieu à Ramallah, dans les ruines de la Mouqataa- le quartier général de Yasser Arafat - où le vieux chef palestinien est retenu prisonnier [1] par l'armée israélienne depuis deux ans et demi maintenant.
La signification première de cette rencontre est – bien sûr - de confirmer la légitimité du président Arafat, démocratiquement élu en 1996, que cela plaise ou non...
C'est en juin 2002, à la demande de Tel-Aviv, que le président George Bush avait décrété qu'il fallait écarter Yasser Arafat parce qu'il constituait un obstacle à la paix.
Non content de prétendre choisir ses interlocuteurs pour essayer de faire la paix, le premier ministre israélien Ariel Sharon et son entourage prétendent aussi boycotter les officiels étrangers qui prévoient des entretiens avec le leader palestinien.
Tel-Aviv a ainsi qualifié la rencontre Barnier-Arafat de « grave erreur »... pas moins, comme s'il revenait aux autorités israéliennes de superviser l'agenda du chef de la diplomatie française. On croit vraiment rêver !
Le deuxième enjeu de cette rencontre concerne le retrait israélien annoncé de la bande de Gaza.
Paris est prêt à participer à une présence internationale pour assurer le suivi de ce retrait.
Cette disponibilité s'exprime en convergence avec le plan égyptien proposant de fournir quelque deux cents cadres pour former une force palestinienne de 30.000 policiers pour Gaza.
Après sa tournée au Caire et à Amman - du 20 au 22 juin dernier -, Michel Barnier a pu ainsi confirmer et consolider ce besoin d'un suivi international qui devra nécessairement accompagner le retrait israélien.
Enfin, et c'est la priorité des diplomaties française et européenne, il s'agit de faire correspondre ce retrait israélien de Gaza à une mise en œuvre effective de la Feuille de route des parrains du Quartette - Etats-Unis, Russie, Nations unies, Union européenne.
Cette Feuille de route - qui demeure le seul cadrage diplomatique du conflit israélo-palestinien - prévoit l'installation d'un Etat palestinien viable et en continuité territoriale... au plus tard d'ici la fin 2005.
Justement, et bien-sûr ce n'est pas par hasard, le même calendrier a été arrêté par Tel-Aviv pour son retrait de Gaza qui devrait s'achever aussi fin 2005.
On voudrait dynamiter la Feuille de route qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Dans l'optique israélienne, le retrait de Gaza doit renforcer l'occupation et la colonisation de Cisjordanie alors que dans l'esprit de la Feuille de route il doit, au contraire, constituer un prélude à un retrait israélien plus large devant concerner aussi et justement la Cisjordanie.
En dépit d'un calendrier qui peut toujours évoluer, plus que jamais, c'est bien d'une mise en œuvre complète de la Feuille de route dont dépend désormais tout espoir de paix au Proche-Orient.
Richard Labévière, RFI
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Note de la Rédaction d’UPJF
[1] Faux. Arafat est libre de quitter la Mouqataa et de s’installer où il le désire dans les Territoires, y compris à Gaza. Mais il craint qu’ensuite, il ne soit plus autorise à revenir à Ramallah. C’est donc de son plein gré qu’il s’est retranché dans les ruines de son quartier général, attaqué, en son temps, par les forces de Tsahal qui voulaient en déloger des terroristes très dangereux auxquels Arafat avait donné refuge.
Mis en ligne le 01 juillet 2004 sur le site www.upjf.org.











