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Sonner du cor face à l'abandon général d'Israël, M. Macina
03/05/04Sous le titre "Le gouvernement espagnol abat ses cartes", un de nos internautes, qui signe 'Themis', nous fait suivre une dépêche de l’AFP, qu’il accompagne de la remarque suivante :
«[Selon cette dépêche], le ministre des affaires étrangères Moratinos déclare que la communauté internationale est l'otage de 50.000 colons israéliens.
Veut-il laisser entendre que les Israéliens pourraient être rendus responsables d'un éventuel prochain attentat commis en n'importe quel point du globe par les islamistes ? A mon sens oui.
Je persiste à dire que nous ne pouvons plus nous contenter de rétablir la vérité pour combattre l'antisionisme et l'antisémitisme, car, dans peu de temps, le flot d'accusations sera tel qu'il rendra impossible toute tentative de le contenir.
L'heure n'est plus à la seule indignation, mais à l'organisation des conditions d'une résistance adaptée à la gravité de la situation.»
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Extraits de la dépêche
MADRID, 3 mai (AFP) - Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a déclaré, lundi, que la communauté internationale "ne peut pas continuer à être l'otage" de 50.000 colons qui ne veulent quitter ni Gaza ni la Cisjordanie.
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Le ministre espagnol a déclaré à la télévision espagnole, Telecinco, que "50.000 personnes bloquent toute dynamique de paix". "Neuf millions de personnes - 6 millions d'Israéliens et 3 millions de Palestiniens - dépendent du vote de 50.000 personnes qui sont les colons et qui ne veulent quitter ni Gaza ni la Cisjordanie", a-t-il dit.
"Nous ne pouvons pas continuer à être les otages d'un si petit nombre de personnes", a-t-il ajouté.
"La communauté internationale devra prendre ses responsabilités", car "on ne peut pas appuyer la politique de colonisation des territoires occupés par Israël. Cela, il faut le dire clairement"…
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"La communauté internationale et la société israélienne devront un jour se réveiller: nous ne pouvons pas continuer à être les otages d'un secteur minoritaire de la société" israélienne, a-t-il dit.
AFP 03/05/04 08:53
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Ce qui est grave dans les mots et expressions (mis par nous en grasses rouges) de ce communiqué, c’est qu’ils traduisent un véritable appel à une pression des nations pour mettre Israël au pas. J’oserais dire qu’il s’agit d’une tentative d’internationaliser le conflit.
De plus, selon une méthode éprouvée – qui caractérise la politique européenne depuis des années -, c’est toujours Israël qui est la cible des reproches. Pas un mot de réprobation pour la fuite en avant terroriste et meurtrière des responsables de l’Autorité palestinienne, et spécialement pour celle de son chef, Yasser Arafat. Si M. Moratinos veut pousser Israël au désespoir, il n’a qu’à continuer de la sorte.
Cette attitude partisane et les propos accusateurs qui l’expriment, me font craindre que nous soyons parvenus à un point de non-retour et de cristallisation d’une guerre, qui a commencé dès l’établissement d’un Etat Juif sur cette terre, et qui est entrée dans une phase explosive depuis le déclenchement de la deuxième Intifada, en 2000.
La quasi-totalité des nations prennent inconditionnellement parti en faveur des Palestiniens et réputent Israël coupable de tout ce qui lui arrive, de la misère des Palestiniens, et des risques d’embrasement général de la région. Ils refusent de reconnaître que ce que veulent les ennemis palestiniens et arabes de l’Etat Juif, c’est sa disparition pure et simple en tant qu’entité souveraine et patrie des Juifs. Sans les Etats-Unis - qui ont toujours garanti l’existence d’Israël et l’ont soutenu dans une grande partie de ses entreprises, malgré bien des divergences -, à vue humaine, Israël aurait déjà été rayé de la carte.
Un peuple peut tenir tête à des armées ennemies, voire les vaincre sur le champ de bataille. Par contre, aucune nation ne peut survivre politiquement ni économiquement si elle est perdue de réputation et devient la bête noire des autres peuples. C’est, à peu près la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui Israël, en raison de la convergence de deux exaspérations, très différentes par leurs motivations, mais convergentes par leurs enjeux.
La première est celle des Palestiniens et des Arabes, qui s’efforcent, depuis plus d’un demi-siècle, de mettre fin à "l’intrusion" dans un pays qu’ils considèrent comme leur, d’un "ramassis de Juifs cosmopolites", considérés par eux comme des envahisseurs et des voleurs de terre, qu’ils rêvent soit d’absorber dans un unique Etat palestinien - où leur spécificité nationale, religieuse et culturelle juive, devra se dissoudre -, soit d’expulser, manu militari.
La seconde exaspération est celle des nations - particulièrement les européennes -, que le sort de cette entité juive en terre d’Islam indiffère, et qu’irritent profondément les problèmes que leur cause son "entêtement" à se maintenir sur cette terre et à refuser d’admettre que "l’aventure sioniste" n’aura été qu’une "parenthèse de l’histoire" qu’il est temps de refermer. De plus en plus enclins à céder au chantage économique arabe dont les enchères ne cessent de monter, ces nations semblent n’attendre qu’une occasion pour "lâcher" Israël, comme elles le firent des Juifs européens à l’époque de leur extermination par les Nazis.
J’estime, pour ma part, que c’est de cet état d’esprit que découle le climat général de diabolisation de l’Etat d’Israël. Il est rare qu’un être humain – s’il n’est pas un monstre - voie sans malaise d'autres êtres humains aller à la mort. Aussi, faute d’avoir le courage, voire l’héroïsme de s’opposer à ceux qui lui réservent ce sort, ceux qui détournent la tête, tenaillés par ce qui leur reste de conscience, ont absolument besoin de se justifier, à leurs propres yeux, de cet abandon cruel et lâche. Ils battent alors le rappel de tous les motifs – fondés ou supposés – qui les exonèrent du devoir humain minimum de défense de ces 'parias', avec lesquels ils ne veulent pas se compromettre et dont ils se détournent avec horreur.
Dès lors, tout est bon : les défauts, les particularités ethniques, culturelles, religieuses, voire physiologiques - qui sont le lot de toutes les races, deviennent vite insupportables chez ceux qu’on a déjà mentalement abandonnés à leur triste sort. Et quelle bonne fortune lorsque l’on trouve des reproches fondés à leur faire, surtout lorsque le nombre des accusateurs confine à l’unanimité ! Alors on se sent conforté, rassuré, justifié même d’écarter du chemin du commun des mortels ceux qui s’en distinguent de manière aussi agressive, insupportable, et dommageable pour la paix qu’ils menacent par leur existence même. La paix du "business as usual", du "foutez-nous la paix", du "laissez-nous commercer en rond". Les nations n’ont-elles pas tout fait pour convaincre Israël de s’ôter de là pour que les Palestiniens s’y mettent ? Mais les "colons" ne veulent rien entendre… dixit Moratinos et bien d’autres de même rang que lui…
Et tout le monde - ou presque - se tait face à la déréliction d’Israël. Ses alliés d’hier et même ses amis de toujours sont fatigués de le soutenir. Son malheur pèse sur eux de manière insupportable. Pire on les hait à cause de leur soutien à "ces Juifs" et à "ces Israéliens". Il leur faut même subir des attentats mortels.
Il faut comprendre ces gens-là ! Ce ne sont pas des héros. Ils en ont assez de prendre des coups à cause d’Israël. Que l’Etat hébreu ait raison ou tort, ce n’est pas leur affaire. Ce qu’ils veulent, c’est que ce "gâchis" prenne fin. Que les menaces et l’insécurité mondiale – dont Israël (et les Américains, qui les soutiennent) sont responsables – cessent enfin et définitivement. Et comme les Arabes ont fixé la condition – la seule – pour que règne la paix : cesser de soutenir Israël (entendez : l’empêcher de se défendre victorieusement, l’obliger, par la force s’il le faut, à en passer par les conditions palestiniennes les plus exorbitantes), les nations, qui n’en peuvent plus, ne blâment pas les maîtres-chanteurs, mais la cause (involontaire) du chantage : Israël. Dès lors le dénouement lamentable est proche. Moratinos n’est que l’un des hérauts avant-coureurs de l’ultime abandon – si ce n’est de l’ultime coalition, qui mettront fin à "l’aventure sioniste".
Si le texte de notre correspondant (Themis), introduisant la dépêche de l’AFP qui l’a révolté, pouvait paraître exagérément alarmiste à beaucoup, le mien sera sans doute réputé hystérique et accusé de semer la sinistrose.
Je pense, cependant, que lui et moi avons raison de sonner du cor. Des millions de Juifs ont péri dans la Shoah parce que ni les "veilleurs" de notre peuple, ni les hommes de bonne volonté des autres peuples n’ont su conjurer la catastrophe avant qu’elle n’advienne, ni dénoncer le crime, avec suffisamment de force, pendant qu’il se déroulait.
Je ne sais comment nous parviendrons à "organiser les conditions d'une résistance adaptée à la gravité de la situation", comme le préconise notre intervenant, et j’ignore même quelles seront les modalités pratiques de cette "résistance", mais je suis d’accord avec l’idée, sur laquelle je reviendrai.
En attendant réfléchissons-y et, si possible, concertons-nous.
«Fils d'homme, parle aux fils de ton peuple. Tu leur diras: Quand je fais venir l'épée contre un pays, les gens de ce pays prennent parmi eux un homme et le placent comme guetteur; s'il voit l'épée venir contre le pays, il sonne du cor pour avertir le peuple. Si quelqu'un entend le son du cor mais n'en tient pas compte, et que l'épée survient et le fait périr, le sang de cet homme sera sur sa propre tête. Il a entendu le son du cor sans en tenir compte: son sang retombera sur lui. Mais celui qui en a tenu compte, sa vie est sauve. Mais si le guetteur a vu venir l'épée et n'a pas sonné du cor, si bien que le peuple n'a pas été averti, et que l'épée survienne et fasse chez eux une victime, celle-ci périra victime de sa faute, mais je demanderai compte de son sang au guetteur. Toi aussi, fils d'homme, je t'ai fait guetteur pour la maison d'Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. (Ezéchiel 33, 2-7).
Menahem Macina
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Mis en ligne le 4 mai 2004 sur le site www.upjf.org











