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Les pionniers juifs ont-ils volé les terres palestiniennes? A propos d'un livre
Sous le titre "Livre interdit en France", notre ami, Norbert Lipszyc a diffusé le message qui suit :
Joan Peters, From Time Immemorial: The Origins of the Arab-Jewish Conflict over Palestine
Cet excellent livre a été publié dans diverses langues, dont le Swahili. Je voulais le faire traduire en Français, l'éditeur américain n'a pas trouvé d'éditeur français prêt à le publier à cause de la pression exercée par les Arabes sur ceux-ci.
Il faut trouver cet éditeur et je vous remercie de m'aider à cela. Sinon il faudra le publier à compte de traducteur et le diffuser largement.
Je vous envoie, ci-après, le message que m'a envoyé un ami américain proche à qui j'avais demandé de contacter l'auteur.
Merci de m'aider dans ce travail de salubrité publique, quand on entend sur France Inter ou dans "C dans l'Air", sur France 5, les âneries d'un Chagnollaud, qu'on présente comme un "expert" de ce conflit.
Norbert Lipszyc
Norbert.
I had a very interesting phone conversation with Joan Peters yesterday. She owns the copyright to the book. It has been translated into Japanese, Swahili, Hebrew, and other languages but not to French or another European language.
She told me that Harper and Co. her publisher wanted to translate the book into French, but the Arabs campaigned against them in France, so that no publisher would take the book to print.
She wanted to know you interest. Do you have publisher that will print and distribute the book in France?
Would you be willing to sponsor the book in France?
I left it with her, that I will act as your intermediary, and will send her your responses.
Please send me an email with what you would like to tell her, I have here phone number, but I don't think that she receives phone call.
She was listed in an old Chicago phone book, but is no longer listed, because she does not want Arabs to know where she lives.
After I told her why I sent her a fax and that you and I are Jewish, she spoke at length with me.
I have ordered a copy of the book from Barnes & Noble.
Have you read the book? This is a write up of the book. Sounds very interesting.
Lets proceed.
Best regard.
http://search.barnesandnoble.com/bookSearch/isbnInquiry.asp?sourceid=00387615289379424402&ISBN=0963624202&bfdate=03-26-2004+17:29:18
NL
---------------------------
Celles et ceux qui me connaissent savent que j’ai l’habitude (bonne ? mauvaise ? – je vous laisse en juger) de commenter des informations de cette nature et de donner mon avis les concernant. C’est le cas à propos de ce livre.
Pour être honnête, je dois avertir nos internautes que ce livre est loin de faire l’unanimité. De grands spécialistes (je ne parle pas ici des ennemis de la cause israélienne, mais d’authentiques historiens, dont plusieurs sont Juifs) l’ont durement éreinté. Pour faire bonne mesure l’un des plus enthousiastes recenseurs du livre, dès sa sortie (1984), Daniel Pipes – qui n’est pas suspect d’anti-israélisme ! – a reconnu n’avoir pas prêté suffisamment attention aux insuffisances de l’ouvrage. Ce qui ne l’a pas empêché de rester ferme dans son soutien à la thèse essentielle de Mme Peters.
C’est pourquoi j’ai pris la peine de traduire un de ses textes répondant précisément à des critiques, qu’il estime fondées pour une part, mais excessives quant à leurs conclusions.
Pour l’objectivité du débat, je mentionne ensuite quelques liens aux articles qui discréditent la thèse de Mme Peters.
J’espère contribuer ainsi à une meilleure appréciation des qualités et des défauts de l’ouvrage de Mme Peters, dont, personnellement, je souhaite une traduction française.
Las but not least, il existe un autre ouvrage, contemporain de celui de Mme Peters et qui corrobore sa thèse sans que son auteur en ait eu connaissance. Il s’agit de Arieh L. Avneri, The Claim of Dispossession: Jewish Land-Settlement and the Arabs 1878-1948 [La prétention [des Arabes] d’avoir été dépossédés [de leur terre], (Yad Tabenkin, 1984). Cette enquête étudie l’expansion du peuplement juif durant les 70 années précédant la fondation de l'Etat d’Israël, et ses effets sur l'économie et les institutions culturelles de la communauté arabe d’alors. Elle examine également la taille de la population arabe de Palestine en 1878, la cause de sa croissance durant les 70 années du développement juif, les ventes arabes de terre aux Juifs, et le nombre de réfugiés juifs et arabes après la guerre de 1948. J’ai lu l’un et l’autre ouvrages et franchement, je trouve le second beaucoup plus sérieux et convaincant que celui de Mme Peeters. Malheureusement, il a l’inconvénient d’être technique et sec et – contrairement à l’ouvrage de Peeters – totalement dépourvu de lyrisme, ce qui en rend la lecture un peu fastidieuse. Mais c’est, à mon sens, le dossier le plus sérieux et le moins sujet à caution concernant cette difficile question. Il est impératif que ce livre soit traduit ; AVANT même celui de J. Peters. Tel est mon sentiment.
Pour illustrer le bien fondé de la thèse centrale de ces deux auteurs (Peters et Avneri), je mets en exergue de l’article de Pipes, ci-dessous, cette citation époustouflante, eu égard au fait que le propos a été émis in tempore non suspecto :
Selon Mandrin Chriss (L’Industrie du Mensonge), le gouverneur britannique du Sinaï de 1922 à 1936 observait, avec un humour tout britannique :
"Cette immigration [arabe] illégale se poursuivait non seulement en provenance du Sinaï, mais également de Transjordanie et de Syrie, et il est très difficile de soutenir la thèse de la misère des Arabes si, dans le même temps, on ne peut empêcher leurs compatriotes des Etats voisins de venir partager cette misère."
----------------------
Par Daniel Pipes
En réponse à la Palestine de Melle Peters (16 Janvier 1986)
Lettre à l’éditeur de THE NEW YORK REVIEW OF BOOKS, VOLUME 33, NR 5, 27 MARS 1986
Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org
Original anglais : www.nybooks.com/articles/5172
Sans entrer dans les détails, le livre de Joan Peters From Time Immemorial [Depuis la nuit des temps], a été reçu de deux manières à deux époques différentes. Les premières recensions considérèrent son livre comme une contribution sérieuse à l'étude du conflit arabo-israélien, les dernières le taxent de propagande. Deux ans après la publication du livre, la recension du professeur Yehoshua Porat dans votre numéro du 16 janvier 1986 met probablement un terme au deuxième 'round'. En tant que l’un des recenseurs du livre, lors de sa première parution - et puisque j’ai été mentionné, pour cette raison, dans la recension du professeur Porat – j’aimerais, à ce stade, commenter la discussion.
Il n'est pas difficile d'expliquer la différence entre les deux 'rounds'. Pour la plupart, les premiers critiques, moi-même y compris, se sont concentrés sur le fond de la thèse centrale de Mlle Peters ; les recenseurs postérieurs, en revanche, ont souligné les défauts - techniques, historiques, et littéraires – du livre de Mlle Peters.
Je ne contesterai pas l'existence de ces défauts. From Time Immemorial cite imprudemment, utilise peu soigneusement les statistiques, et ignore les faits gênants [pour sa thèse]. Une grande partie du livre n’a rien à voir avec la thèse centrale de Mlle Peters. Les aptitudes linguistiques et scientifiques de l'auteur sont sujettes à caution. Son utilisation excessive des guillemets, des notes de bas de page bizarres, et une tonalité polémique et quelque peu hystérique causent du tort à l’ouvrage. En bref, From Time Immemorial se profile comme un livre terriblement mal rédigé ["an appallingly crafted book"].
Ceci étant dit, reste le fait que le livre expose une thèse que ni le professeur Porat, ni quelque autre critique n'a réussi à réfuter jusqu’à maintenant. La thèse centrale de Mlle Peters est qu'une substantielle immigration des Arabes vers la Palestine s’est produite durant la première moitié du vingtième siècle. Elle étaie cet argument d’une collection de statistiques démographiques et de comptes-rendus contemporains, qui, pour l’essentiel, n'ont été remis en cause par aucun critique, y compris le professeur Porat.
Néanmoins, le professeur Porat discrédite son argumentation comme "fantaisiste". Il affirme que "la principale raison" de la croissance de la population est que les naissances arabes sont demeurées constantes, tandis que la mortalité infantile diminuait. Il conclut que le mouvement de la population [allégué par J. Peters], comparé à son augmentation naturelle n'était pas significatif.
Il n’est pas question de contester le fait que l’amélioration des conditions sanitaires a contribué à l'augmentation de la population arabe. Mais rien ne permet d’en déduire que la baisse de la mortalité infantile ait été plus importante que l'immigration. Le professeur Porat l’affirme, mais il n’apporte pas la preuve nécessaire pour convaincre un lecteur.
La réfutation de la thèse de Mlle Peters exige un examen détaillé des archives de décès, des registres d'immigration, d’émigration et d’emploi, des normes de l’habitat nomade [d’alors], et ainsi de suite. Il se peut qu’elle ait tort; mais on n’en aura la preuve que lorsque un autre chercheur aura examiné les preuves et établi que l'immigration [arabe en Palestine] était négligeable. L'existence ou l’inexistence d'une immigration arabe massive en Palestine n'a, bien sûr, rien à voir avec les motivations de Mlle Peters, ni avec les imperfections évidentes de son livre. Les faits concernant les changement démographiques ne seront pas déterminés par l’accumulation du mépris à l’égard de Mlle Peters, mais uniquement par un nouvel examen des archives.
Malgré une présentation défectueuse, l'hypothèse de Mlle Peters reste posée ; il incombe à ses critiques de cesser de traiter l’auteur de tous les noms et de faire un effort sérieux pour prouver qu’elle a tort en démontrant que des milliers d'Arabes n'ont pas émigré en Palestine dans la période sous revue.
Tant que nous n’en sommes pas là, que penser? Y a-t-il des raisons d'accepter la version des événements de Mlle Peters? Je le crois : même si From Time Immemorial ne place pas l'immigration arabe en Palestine dans un contexte historique, il n'est pas difficile de trouver une raison à ces déplacements [de population]. Les Arabes qui sont allés en Palestine cherchaient à profiter de l’opportunité économique créée par les Sionistes. En tant qu’Européens, les Sionistes avaient apporté avec eux, en Palestine, des ressources et des qualifications bien plus avancées que ce dont disposait la population locale. Les Juifs ont mis en oeuvre des activités économiques créatrices d’emplois et de richesses, et qui ont attiré des Arabes. Les Sionistes ressemblaient aux Anglais, aux Allemands, et à d'autres Européens des temps modernes qui se sont installés dans des régions peu peuplées – l’Australie, l’Afrique du Sud, ou l’Ouest américain – attirant ensuite à eux les populations autochtones.
Il n'y a vraiment rien d’étonnant à tout cela; et c’est parce que cela concorde tellement avec le bon sens, que j’ai cru à l'argument qu’un nombre important d’Arabes se sont rendus en Palestine. Naturellement je rectifierai mes vues, si des preuves évidentes indiquaient le contraire. Mais il faudra pour cela que les critiques de Mlle Peters aillent au-delà de la polémique et prouvent réellement que sa thèse est erronée.
Daniel Pipes
------------------------
Quelques recensions critiques (positives et négatives) :
© Commentary pour l’original anglais et upjf.org pour la version française
Mis en ligne le 27 mars 2004 sur le site www.upjf.org
Joan Peters, From Time Immemorial: The Origins of the Arab-Jewish Conflict over Palestine
Cet excellent livre a été publié dans diverses langues, dont le Swahili. Je voulais le faire traduire en Français, l'éditeur américain n'a pas trouvé d'éditeur français prêt à le publier à cause de la pression exercée par les Arabes sur ceux-ci.
Il faut trouver cet éditeur et je vous remercie de m'aider à cela. Sinon il faudra le publier à compte de traducteur et le diffuser largement.
Je vous envoie, ci-après, le message que m'a envoyé un ami américain proche à qui j'avais demandé de contacter l'auteur.
Merci de m'aider dans ce travail de salubrité publique, quand on entend sur France Inter ou dans "C dans l'Air", sur France 5, les âneries d'un Chagnollaud, qu'on présente comme un "expert" de ce conflit.
Norbert Lipszyc
Norbert.
I had a very interesting phone conversation with Joan Peters yesterday. She owns the copyright to the book. It has been translated into Japanese, Swahili, Hebrew, and other languages but not to French or another European language.
She told me that Harper and Co. her publisher wanted to translate the book into French, but the Arabs campaigned against them in France, so that no publisher would take the book to print.
She wanted to know you interest. Do you have publisher that will print and distribute the book in France?
Would you be willing to sponsor the book in France?
I left it with her, that I will act as your intermediary, and will send her your responses.
Please send me an email with what you would like to tell her, I have here phone number, but I don't think that she receives phone call.
She was listed in an old Chicago phone book, but is no longer listed, because she does not want Arabs to know where she lives.
After I told her why I sent her a fax and that you and I are Jewish, she spoke at length with me.
I have ordered a copy of the book from Barnes & Noble.
Have you read the book? This is a write up of the book. Sounds very interesting.
Lets proceed.
Best regard.
http://search.barnesandnoble.com/bookSearch/isbnInquiry.asp?sourceid=00387615289379424402&ISBN=0963624202&bfdate=03-26-2004+17:29:18
NL
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Celles et ceux qui me connaissent savent que j’ai l’habitude (bonne ? mauvaise ? – je vous laisse en juger) de commenter des informations de cette nature et de donner mon avis les concernant. C’est le cas à propos de ce livre.
Pour être honnête, je dois avertir nos internautes que ce livre est loin de faire l’unanimité. De grands spécialistes (je ne parle pas ici des ennemis de la cause israélienne, mais d’authentiques historiens, dont plusieurs sont Juifs) l’ont durement éreinté. Pour faire bonne mesure l’un des plus enthousiastes recenseurs du livre, dès sa sortie (1984), Daniel Pipes – qui n’est pas suspect d’anti-israélisme ! – a reconnu n’avoir pas prêté suffisamment attention aux insuffisances de l’ouvrage. Ce qui ne l’a pas empêché de rester ferme dans son soutien à la thèse essentielle de Mme Peters.
C’est pourquoi j’ai pris la peine de traduire un de ses textes répondant précisément à des critiques, qu’il estime fondées pour une part, mais excessives quant à leurs conclusions.
Pour l’objectivité du débat, je mentionne ensuite quelques liens aux articles qui discréditent la thèse de Mme Peters.
J’espère contribuer ainsi à une meilleure appréciation des qualités et des défauts de l’ouvrage de Mme Peters, dont, personnellement, je souhaite une traduction française.
Las but not least, il existe un autre ouvrage, contemporain de celui de Mme Peters et qui corrobore sa thèse sans que son auteur en ait eu connaissance. Il s’agit de Arieh L. Avneri, The Claim of Dispossession: Jewish Land-Settlement and the Arabs 1878-1948 [La prétention [des Arabes] d’avoir été dépossédés [de leur terre], (Yad Tabenkin, 1984). Cette enquête étudie l’expansion du peuplement juif durant les 70 années précédant la fondation de l'Etat d’Israël, et ses effets sur l'économie et les institutions culturelles de la communauté arabe d’alors. Elle examine également la taille de la population arabe de Palestine en 1878, la cause de sa croissance durant les 70 années du développement juif, les ventes arabes de terre aux Juifs, et le nombre de réfugiés juifs et arabes après la guerre de 1948. J’ai lu l’un et l’autre ouvrages et franchement, je trouve le second beaucoup plus sérieux et convaincant que celui de Mme Peeters. Malheureusement, il a l’inconvénient d’être technique et sec et – contrairement à l’ouvrage de Peeters – totalement dépourvu de lyrisme, ce qui en rend la lecture un peu fastidieuse. Mais c’est, à mon sens, le dossier le plus sérieux et le moins sujet à caution concernant cette difficile question. Il est impératif que ce livre soit traduit ; AVANT même celui de J. Peters. Tel est mon sentiment.
Pour illustrer le bien fondé de la thèse centrale de ces deux auteurs (Peters et Avneri), je mets en exergue de l’article de Pipes, ci-dessous, cette citation époustouflante, eu égard au fait que le propos a été émis in tempore non suspecto :
Selon Mandrin Chriss (L’Industrie du Mensonge), le gouverneur britannique du Sinaï de 1922 à 1936 observait, avec un humour tout britannique :
"Cette immigration [arabe] illégale se poursuivait non seulement en provenance du Sinaï, mais également de Transjordanie et de Syrie, et il est très difficile de soutenir la thèse de la misère des Arabes si, dans le même temps, on ne peut empêcher leurs compatriotes des Etats voisins de venir partager cette misère."
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La Palestine de Mme Peters : Echange de vues
Par Daniel Pipes
En réponse à la Palestine de Melle Peters (16 Janvier 1986)
Lettre à l’éditeur de THE NEW YORK REVIEW OF BOOKS, VOLUME 33, NR 5, 27 MARS 1986
Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org
Original anglais : www.nybooks.com/articles/5172
Sans entrer dans les détails, le livre de Joan Peters From Time Immemorial [Depuis la nuit des temps], a été reçu de deux manières à deux époques différentes. Les premières recensions considérèrent son livre comme une contribution sérieuse à l'étude du conflit arabo-israélien, les dernières le taxent de propagande. Deux ans après la publication du livre, la recension du professeur Yehoshua Porat dans votre numéro du 16 janvier 1986 met probablement un terme au deuxième 'round'. En tant que l’un des recenseurs du livre, lors de sa première parution - et puisque j’ai été mentionné, pour cette raison, dans la recension du professeur Porat – j’aimerais, à ce stade, commenter la discussion.
Il n'est pas difficile d'expliquer la différence entre les deux 'rounds'. Pour la plupart, les premiers critiques, moi-même y compris, se sont concentrés sur le fond de la thèse centrale de Mlle Peters ; les recenseurs postérieurs, en revanche, ont souligné les défauts - techniques, historiques, et littéraires – du livre de Mlle Peters.
Je ne contesterai pas l'existence de ces défauts. From Time Immemorial cite imprudemment, utilise peu soigneusement les statistiques, et ignore les faits gênants [pour sa thèse]. Une grande partie du livre n’a rien à voir avec la thèse centrale de Mlle Peters. Les aptitudes linguistiques et scientifiques de l'auteur sont sujettes à caution. Son utilisation excessive des guillemets, des notes de bas de page bizarres, et une tonalité polémique et quelque peu hystérique causent du tort à l’ouvrage. En bref, From Time Immemorial se profile comme un livre terriblement mal rédigé ["an appallingly crafted book"].
Ceci étant dit, reste le fait que le livre expose une thèse que ni le professeur Porat, ni quelque autre critique n'a réussi à réfuter jusqu’à maintenant. La thèse centrale de Mlle Peters est qu'une substantielle immigration des Arabes vers la Palestine s’est produite durant la première moitié du vingtième siècle. Elle étaie cet argument d’une collection de statistiques démographiques et de comptes-rendus contemporains, qui, pour l’essentiel, n'ont été remis en cause par aucun critique, y compris le professeur Porat.
Néanmoins, le professeur Porat discrédite son argumentation comme "fantaisiste". Il affirme que "la principale raison" de la croissance de la population est que les naissances arabes sont demeurées constantes, tandis que la mortalité infantile diminuait. Il conclut que le mouvement de la population [allégué par J. Peters], comparé à son augmentation naturelle n'était pas significatif.
Il n’est pas question de contester le fait que l’amélioration des conditions sanitaires a contribué à l'augmentation de la population arabe. Mais rien ne permet d’en déduire que la baisse de la mortalité infantile ait été plus importante que l'immigration. Le professeur Porat l’affirme, mais il n’apporte pas la preuve nécessaire pour convaincre un lecteur.
La réfutation de la thèse de Mlle Peters exige un examen détaillé des archives de décès, des registres d'immigration, d’émigration et d’emploi, des normes de l’habitat nomade [d’alors], et ainsi de suite. Il se peut qu’elle ait tort; mais on n’en aura la preuve que lorsque un autre chercheur aura examiné les preuves et établi que l'immigration [arabe en Palestine] était négligeable. L'existence ou l’inexistence d'une immigration arabe massive en Palestine n'a, bien sûr, rien à voir avec les motivations de Mlle Peters, ni avec les imperfections évidentes de son livre. Les faits concernant les changement démographiques ne seront pas déterminés par l’accumulation du mépris à l’égard de Mlle Peters, mais uniquement par un nouvel examen des archives.
Malgré une présentation défectueuse, l'hypothèse de Mlle Peters reste posée ; il incombe à ses critiques de cesser de traiter l’auteur de tous les noms et de faire un effort sérieux pour prouver qu’elle a tort en démontrant que des milliers d'Arabes n'ont pas émigré en Palestine dans la période sous revue.
Tant que nous n’en sommes pas là, que penser? Y a-t-il des raisons d'accepter la version des événements de Mlle Peters? Je le crois : même si From Time Immemorial ne place pas l'immigration arabe en Palestine dans un contexte historique, il n'est pas difficile de trouver une raison à ces déplacements [de population]. Les Arabes qui sont allés en Palestine cherchaient à profiter de l’opportunité économique créée par les Sionistes. En tant qu’Européens, les Sionistes avaient apporté avec eux, en Palestine, des ressources et des qualifications bien plus avancées que ce dont disposait la population locale. Les Juifs ont mis en oeuvre des activités économiques créatrices d’emplois et de richesses, et qui ont attiré des Arabes. Les Sionistes ressemblaient aux Anglais, aux Allemands, et à d'autres Européens des temps modernes qui se sont installés dans des régions peu peuplées – l’Australie, l’Afrique du Sud, ou l’Ouest américain – attirant ensuite à eux les populations autochtones.
Il n'y a vraiment rien d’étonnant à tout cela; et c’est parce que cela concorde tellement avec le bon sens, que j’ai cru à l'argument qu’un nombre important d’Arabes se sont rendus en Palestine. Naturellement je rectifierai mes vues, si des preuves évidentes indiquaient le contraire. Mais il faudra pour cela que les critiques de Mlle Peters aillent au-delà de la polémique et prouvent réellement que sa thèse est erronée.
Daniel Pipes
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Quelques recensions critiques (positives et négatives) :
- From Time Immemorial : The Origins of the Arab-Jewish Conflict Over Palestine, by Joan Peters, Harper and Row, 601 pp. www.danielpipes.org/article/1110, Commentary, July 1984.
- From Time Immemorial: The Origins of the Arab-Jewish Conflict Over Palestine (Part 1 of 6), by Paul Blair (April 16, 2002) www.capmag.com/article.asp?ID=2135
- From Time Immemorial: The Origins of the Arab-Jewish Conflict over Palestine
www.fact-index.com/f/fr/from_time_immemorial__the_origins_of_the_arab_jewish_con.html - "Mrs. Peters's Palestine: An Exchange", By Daniel Pipes, Ronald Sanders, Reply by Yehoshua Porath, In response to Mrs. Peters's Palestine (JANUARY 16, 1986) www.nybooks.com/articles/5172
© Commentary pour l’original anglais et upjf.org pour la version française
Mis en ligne le 27 mars 2004 sur le site www.upjf.org











