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Elimination de Yassine: Réactions politiques et diplomatiques
23/03/04Paris condamne
Paris a condamné lundi matin "l'action conduite contre Cheikh Yassine, comme elle a toujours condamné le principe de toute exécution extrajudiciaire, contraire au droit international" et appelé toutes les parties à la retenue.
Dans un communiqué, le porte-parole du Quai d'Orsay estime que la mort du chef spirituel du Hamas "comporte des risques très graves de relance de la tension dans l'ensemble de la région".
La France "marque son extrême préoccupation devant le risque d'une nouvelle dégradation de la situation" après ce "nouveau coup porté aux efforts récents pour une reprise du processus politique", poursuit le porte-parole de la diplomatie française.
Les pays de l'UE condamnent l'assassinat de Cheikh Yassine
Les chefs de la diplomatie de l'Union européenne, réunis à Bruxelles lundi, ont exprimé diverses condamnations lundi après la mort du chef spirituel du Hamas, le secrétaire britannique au Foreign Office, Jack Straw, notamment, qualifiant d"'illégal" cet assassinat, jugé "inacceptable et injustifié".
Selon M. Straw, qui s'exprimait à son arrivée à Bruxelles pour une réunion de ses homologues des Affaires étrangères consacrée à la lutte contre le terrorisme, ce geste risque, en outre, d'être contre-productif, "peu susceptible d'atteindre ses objectifs".
Jack Straw a également appelé les parties à la retenue. "Nous comprenons tous la nécessité pour Israël de se défendre contre le terrorisme qui le frappe - dans le respect de la loi internationale", a-t-il poursuivi. Mais Israël n'a pas le droit de se livrer à "ce genre d'assassinat illégal, que nous condamnons", a-t-il ajouté. "Je ne crois pas qu'Israël tirera un quelconque bénéfice du fait que ce matin un vieillard de 80 ans en fauteuil roulant a été sa cible".
Son homologue français Dominique de Villepin a condamné pour sa part ce geste israélien qui "amplifie le cycle de la violence".
"Ce genre d'action ne contribue pas du tout à créer les conditions de la paix, les conditions du dialogue qui sont nécessaires en ce moment", a déclaré, quant à lui, le responsable de la politique étrangère de l'UE, Javier Solana. "C'est une très très mauvaise nouvelle pour le processus de paix".
Le ministre danois, Per Stig Moeller a rappelé que l'UE s'était opposée de tout temps aux "assassinats extra-judiciaires", et a jugé que le processus de paix ne sera pas "facilité quand des assassinats comme celui-ci ont lieu à Gaza".
Réunion d’urgence du Quartet
Des émissaires des Nations Unies, des Etats-Unis, de la Russie et de l'Union européenne doivent se retrouver lundi soir pour une réunion d'urgence sur les conséquences de l'assassinat ciblé de Cheikh Ahmed Yassine par Israël, a annoncé le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Maher.
Cette rencontre du Quartet, parrain du processus de paix au Proche-Orient, se tiendra à l'ambassade américaine au Caire.
Ariel Sharon déclare qu'il poursuivra la guerre contre le terrorisme
Le Premier ministre Ariel Sharon a justifié lundi la frappe ciblée qui a tué le fondateur du Hamas, Cheikh Ahmed Yassine, promettant que l'Etat hébreu poursuivrait "la guerre contre le terrorisme".
"La guerre contre le terrorisme n'est pas terminée et elle se poursuivra jour après jour, partout", a déclaré Ariel Sharon devant des parlementaires de son parti le Likoud.
"C'est un combat difficile auquel tous les pays du monde éclairé doivent participer. C'est le droit naturel du peuple juif, comme celui de toutes les nations dans le monde qui aiment la vie, de traquer ceux qui s'élèvent pour la détruire", a-t-il poursuivi.
Le chef du gouvernement israélien a ajouté que Cheikh Yassine était un "hyperterroriste" qui avait organisé des attentats tuant des centaines d'Israéliens.
© Jerusalem Post en français
Mis en ligne le 22 mars 2004 sur le site www.upjf.org











