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Le vrai visage de l'Europe, Julius
09/01/04Le refus de publication, par l'Union européenne, d'un rapport sur l'antisémitisme en Europe, et la divulgation, par les mêmes services, d'un sondage d'opinion faisant apparaître Israël et les Etats-Unis comme les principales menaces pour la paix [1], ont suscité dans le monde inquiétude et défiance vis-à-vis des institutions de l'Union. Mais au-delà de la polémique, ces événements symptomatiques soulèvent la question de la nature réelle de la construction européenne. Ce questionnement est d'autant plus fondé que l'Union rassemble aujourd'hui des pays qui ont connu pour la plupart, dans le passé, des régimes fascistes ou communistes.
La démarche unioniste n'est pas nouvelle en Europe. Elle s'est manifestée dès le milieu du XIXe siècle en Europe centrale, avec la constitution d'un marché commun (ou Zollverein), puis le regroupement, autour de la Prusse, des Etats germaniques. Ceci a conduit à deux guerres mondiales. La démarche a repris, dans les années 1950, avec la collaboration, en Europe de l'Ouest, d'un noyau d'Etats-pionniers, pour aboutir aux institutions que nous connaissons aujourd'hui.
Y a-t-il, ainsi, continuité ou rupture de la démarche unioniste en Europe ? Et pourquoi pas, l'Union européenne est-elle ou non, 60 ans après, une résurgence diplomatique atténuée du Grand Reich ?
Il n'est pas sans signification historique que le premier vote hostile du Parlement européen ait été à l'encontre de l'Etat d'Israël, en 2001. Et quel vote ! Condamnation, embargo économique et levée, dans le même temps, des restrictions de ventes d'armes à la dictature syrienne, refuge actif, depuis des décennies, des criminels de guerre nazis. En dépit des habillages idéologiques modernes et des logos newlook, il y a légitimement de quoi s'interroger sur les liens historiques entre le Parlement de Strasbourg et le Reichstag.
En 2002, dans cette assemblée vert-de-gris, un groupe de députés déterminés a demandé la constitution d'une commission d'enquête sur les détournements de l'aide européenne à l'Autorité Palestinienne et son utilisation pour une propagande éducative haineuse. Bien que le quorum légal ait été atteint, cette demande fut rejetée par la Commission de Bruxelles [2].
Toutes les institutions sont complices.
Tout se passe comme si la finalité profonde de l'Union européenne était la lutte morale et politique contre l"Etat d'Israël, dans l'immédiat, et, à plus long terme, l'opposition à l'influence des Etats-Unis dans le monde. L'Union européenne fonctionne actuellement comme une extension des moyens politiques de ses deux grands prédateurs historiques que sont la France et l'Allemagne, quelle que soit la rhétorique en cours.
Dans un discours devant le Parlement européen, le Président Mitterrand a dit que le nationalisme, c'était la guerre. On pourrait dire aujourd'hui que l'Europe, c'est la menace contre les minorités, la montée des populismes et la marche vers la guerre civile.
© Julius
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
[1] Dans un communiqué de presse, en date du 30 novembre 2003, le député européen, François Zimeray a rendu publiques les Conclusions d’un Rapport, alors non publié, sur l'antisémitisme dans l'Union européenne. On peut en lire le texte intégral, en anglais sur le site du CRIF. Voir la réaction indignée des Présidents respectifs des Congrès Juif Mondial et Congrès Juif Européen, Edgar M. Bronfman et Cobi Benatoff, parue dans le Financial Times du 4 janvier 2004, sous le titre, "Trahison morale de l'Europe à propos d’antisémitisme". Précisons, toutefois, que, depuis la parution de cet article dévastateur, une conciliation est intervenue entre les protagonistes. Voir: "Commission européenne - Congrès juif mondial: vers l'apaisement".
[2] Voir "Commission d'enquête sur le financement de l'Autorité Palestinienne" ; "Commission d'enquête: OK pour + du 1/4 des députés européens" ; "Qui a peur de la vérité? Des parlementaires européens protestent".
Mis en ligne le 10 janvier 2004 sur le site www.upjf.org











