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Les enfants d'Iran peuvent mourir, pourvu qu'Israël périsse!, J.-P. Chemla
27 décembre 2003Titre complet : "Les enfants d’Iran peuvent bien mourir, pourvu qu’Israël périsse aussi !"
[Cet éditorial de Jean-Pierre Chemla sur le site de nos amis de Primo-Europe mérite d'être lu très largement. Il est suivi d'une réaction d'Internaute, que nous laissons à votre appréciation. Menahem Macina.]
Dépêche de l’AFP du 27/12/2003 :
«Le gouvernement israélien a adressé samedi ses "condoléances au peuple iranien (...) avec lequel il n'a aucun conflit", après le tremblement de terre meurtrier qui a frappé l'Iran vendredi, a indiqué le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.
"Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom adresse au nom du gouvernement d'Israël et du peuple d'Israël ses condoléances au peuple iranien à la suite de la catastrophe du tremblement de terre dans le sud-est de l'Iran", indique le communiqué.
"Le gouvernement et le peuple d'Israël sont affectés par la tragédie humaine que vit le peuple iranien et estiment qu'en dépit de tous les différends, la mobilisation de l'ensemble de la communauté internationale est nécessaire pour venir en aide aux familles des victimes et des blessés", poursuit le communiqué. »
Il est vrai que les victimes d’une telle catastrophe naturelle n’ont ni religion ni nationalité quand elles subissent un sort si tragique. Dans de telles circonstances, une mère qui hurle sa douleur quand elle ne retrouve pas ses enfants, un enfant qui sanglote d’angoisse quand il se retrouve seul au milieu des décombres, sont les mêmes de Bogotà à Manille, de Johannesburg à Vilnius. Pour tous les hommes et femmes de cette planète, ce sont les mêmes, pour vous, pour moi.
Pas pour les dirigeants iraniens…
L’Iran a déclaré, ce matin, accepter l’aide de tous les pays étrangers, sauf celle d’Israël. Ses chefs prouvent ainsi que la haine qu’ils portent en eux est plus forte que tout autre sentiment, bien plus, en tout cas, que la compassion que leurs propres sujets sont en droit d’attendre d’eux. Leur obsession anti-israélienne les avait autorisés à afficher, lors d’une parade militaire, des slogans appelant à la destruction physique d’Israël, au vu et au su d’une Communauté Internationale impassible, alors que celle-ci se montre si prompte à dégainer des résolutions condamnant l’Etat juif sous n’importe quel prétexte.
Qu’importe, pour cette petite fille coincée sous des gravats, que son sauveteur ait une étoile de David, un croissant ou une croix rouge sur son dossard de secouriste, si celui-ci la ramène à la vie. Mais pour la «République» des Mollahs, l’enjeu est capital, et le sacrifice de cette enfant vaut bien une reconsidération de sa propre perversité.
Comme il serait heureux d’entendre les réactions des pays de l’Union Européenne à ce genre de déclarations. La France, en la personne de Dominique de Villepin, est dans les bonnes grâces de l’Iran après son «arrangement» concernant le développement de son programme nucléaire, et un rappel ferme de sa part sur le caractère déplacé de ces propos serait le bienvenu.
Souhaitons au peuple iranien de panser ses plaies rapidement. Il sera bien temps, pour lui, de juger, un jour, ses tyrans, race de 'saigneurs', pour qui le temps se couvre méchamment en ce moment. Ne doutons pas que des annonces comme celle de ce matin s’ajouteront à leur dossier à charge.
Si sauver une vie revient à sauver l’Humanité toute entière, ne pas tout faire pour en sauver une revient à se disqualifier aux yeux de cette même Humanité.
Que ceux qui ont un doute sur l’existence d’un camp du Bien et d’un camp du Mal mettent en balance les déclarations respectives des ministres israélien et iranien. Certains rendez-vous tragiques de l’Histoire ont le mérite d'ouvrir les yeux de ceux qui en ont encore la force.
Jean-Pierre Chemla
© Primo-Europe
Mis en ligne le 27 décembre 2003 sur le site www.upjf.org
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[Ci-dessous, la réaction d'un Internaute.]
----- Original Message -----
From: Hess joachim
To:
Sent: Monday, December 29, 2003 3:29 PM
Subject: réaction à l'article intitulé : les enfants d'Iran peuvent mourir...
Permettez moi de réagir à cet article que je trouve injuste d'une certaine façon et en tout cas, ignorant du regard de l'adversaire. Voici ma réaction.
L'Iran refuse l'aide d'Israël, préférant ainsi voir ses enfants mourir. Bon, ça c’est très bien, très humaniste, ça fait d’Israël le symbole du bien et de l’Iran le symbole du mal. Et pourtant, si seulement nous voulions bien nager à contre courant de cette indignation convenue et nous mettre quelques instants dans la tête des dirigeants iraniens, nous arriverions peut-être à une conclusion bien moins tranchée.
Israël est pour l’Iran un ennemi implacable. Ce pays a su renaître et s’imposer au milieu de l’Islam. Il ne se contente pas de gagner toutes les guerres, il gagne aussi des territoires. Pas un seul des pays environnants n’a échappé à l’humiliation de la défaite. Ni les guerres traditionnelles, ni le terrorisme, ni aucune des résolutions des instances internationales n’ont réussi à le faire plier. Voilà près de 60 ans que Israël (toujours vue d’Iran) réduit à la misère «le peuple palestinien», lui confisque tous ses droits et emploie des méthodes que le monde entier condamne. Ce diable d’ennemi peut tout aussi aisément, cibler un «résistant» dans la casbah de jénine, détruire un réacteur nucléaire à plusieurs centaines de km de chez lui, éliminer le leader d’une organisation ici ou enlever un ancien nazi là-bas et libérer des otages au coeur de l’Afrique. Lorsque Israël n’agit pas directement et à découvert, il fait agir ses alliés au sein de l’administration américaine. L’Irak est alors envahi, la Syrie et l’Iran menacés et la Libye est mise au pas. Et pendant ce temps, Israël peut développer tranquillement et impunément toutes les armes qu’il juge nécessaire à sa défense et en menacer le monde arabe. Et ce, avec l’aide financière et scientifique des américains.
Voilà comment les dirigeants iraniens peuvent voir Israël et peu importe de savoir s’ils ont raison ou tort. Comment alors dans ses conditions, ne pas considérer l’aide proposée par Israël comme autre chose qu’un geste politique 'Puisque Israël n’a rien d’humain, son offre ne peut être destinée qu’à se donner un visage plus humain sur le dos des victimes. L’Iran se devait donc de la rejeter sans qu’il nous soit permis d’en conclure que ses enfants peuvent bien mourir, pourvu qu’Israël périsse aussi, puisque l’aide du monde entier est là pour les sauver.
Si une catastrophe de ce type frappait les palestiniens, l’aide que proposerait Israël serait tout aussi sincère mais ne serait probablement pas mieux perçue.
Si (D. nous en préserve) cette catastrophe frappait Israël, qui en Israël estimerait sincère l’aide que proposerait Arafat ‘ Qui ne penserait pas qu’il s’agit là d’une opération de «public relation» destinée à montrer la sensibilité de coeur du dirigeant terroriste ‘
Seules les victimes et leurs familles, où qu’elles soient, se moqueraient de toutes ces considérations.
Joachim Hess.
Mis en ligne le 29 décembre 2003 sur le site www.upjf.org











