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Nos Amis 'the French', Opinion Journal
www.opinionjournal.com/editorial/feature.html?id=110002960OpinionJournal, vendredi 24 janvier 2003, 12:01 EST
Ce n'est pas l'Amérique qui affiche son mépris pour les Nations Unies
Traduction française par Koira pour www.reinfo-israel.com
Les Français savent-ils lire ? Nous posons cette question après la récente menace faite par le gouvernement français d'opposer son veto à toute tentative du Conseil de Sécurité pour faire respecter la résolution pour laquelle les Français ont déjà voté, en fait qu'ils ont contribué à rédiger (www.monde-diplomatique.fr/cahier/irak/IMG/pdf/resolution_1441.pdf). Serait-ce que les exigences scolaires se relâchent à Paris ?
Ce qui est certain, c'est que les normes de loyauté, elles, sont en baisse. La France était l'un des 15 pays (et l'un des 5 avec un veto) qui, en novembre dernier, ont voté à l'unanimité la Résolution 1441 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. les Français, en particulier, ont passé deux mois épuisants à négocier chaque virgule avec le Secrétaire d'État Colin Powell. Or, voilà que tout-à-coup le Président Jacques Chirac et son Ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, voudraient oublier les mots qu'ils ont eux-mêmes approuvés.
Même M. Powell paraît se sentir trahi, sans doute parce que les Français l'ont fait passer pour un incompétent aux yeux d'un Président américain qu'il avait poussé à porter son affaire aux Nations Unies. Peut-être M. Powell va-t-il s'empresser de rappeler aux Français ce qu'ils ont signé.
Il pourrait commencer par le paragraphe deux de la Résolution, qui accorde à l'Irak "une dernière possibilité de s'acquitter des obligations en matière de désarmement qui lui incombent". La résolution n'a pas dit que les Irakiens avaient six mois de plus pour y réfléchir, ou qu'ils avaient droit à un autre essai. C'est leur dernière chance. Après 11 années de résistance irakienne aux ordres des Nations Unies, de refus de les honorer, nous supposons que les Français ont eu une raison d'admettre que l'on dise "dernière".
Le paragraphe trois exige ensuite que l'Irak fournisse "une déclaration à jour, exacte et complète sur tous les aspects de ses programmes de mise au point d'armes chimiques, biologiques et nucléaires, de missiles balistiques" Personne, pas même l'Inspecteur en Chef de l'ONU, Hans Blix, ne croit que les Irakiens auraient fourni quoi que ce soit qui ressemble à une déclaration complète. Ils ont même refusé d'avouer les tonnes de VX, gaz innervant, d'anthrax et autres agents que les inspecteurs de l'ONU avaient catalogués dans les années 1990.
Entre-temps, le paragraphe quatre ne saurait être plus clair quant à ce que représentent une seule de ces présentations d'informations fausses ou "existence d'omissions" : tout "fait de ne pas se conformer à tout moment à la présente résolution et ne pas coopérer pleinement à son application constitueront une nouvelle violation substantielle des obligations de l'Irak". Et une "violation substantielle doit être signalée au Conseil" en vue d'une action ultérieure pour l'imposer.
En supposant que M. Powell en ait la patience, il pourrait aussi mettre le doigt sur le paragraphe 10 de la Résolution, qui "prie tous les États Membres d’accorder leur plein appui" aux inspecteurs "dans l’exercice de leur mandat". Or, au lieu d'exhorter Saddam Hussein à se soumettre à l'ONU, la France dépense son énergie à exhorter les États-Unis à ne rien faire contre son refus continuel de se soumettre. "Le recours à la force est toujours un constat d'échec et la pire des solutions", dit maintenant M. Chirac, dans un accès amusant de pacifisme à la française.
S'il y a lieu de prendre au sérieux les promesses de la France à l'ONU, alors ce que nous avons ici est en fait un pied de nez à la "communauté internationale" que les Français prétendent honorer. Non seulement ils encouragent Saddam à résister, mais ils mettent aussi un Président américain dans une situation où il n'aura pas d'autre choix que d'agir seul et d'exposer le peu d'importance qu'a, en fait, pour la sûreté du monde ce fameux Conseil de Sécurité de l'ONU, tout équipé de son droit de veto pour la France.
Mais peut-être que nous prenons trop au sérieux tout ce bla-bla sur la paix et la "communauté internationale". Les Français, après tout, ne s'inquiètent pas trop de l'opinion internationale lorsqu'ils veulent envoyer leurs propres troupes pour calmer la violence dans l'une de leurs anciennes colonies. Ou quand ils veulent couler un bateau de Greenpeace, comme François Mitterrand l'a fait, au début des années 1980.
Leur affection pour la non-violence et le "droit international" ne semble s'affirmer que lorsque ceux-ci gênent les États-Unis. En s'alignant sur l'anti-américanisme de Gerhard Schröder, chancelier d'Allemagne politiquement affaibli, ce qui lui maintient la tête hors de l'eau, M. Chirac a une chance de faire de la France le joueur dominant en Europe. Il peut aussi exposer Tony Blair, qui est déjà le meilleur ami de l'Amérique, et en même temps rappeler à ses concitoyens les heures gaullistes de la [force de frappe et de l'indépendance vis-à-vis de l'OTAN.
Cependant, les Français et les Allemands feraient bien de s'inquiéter de savoir combien d'indépendance ils désirent vraiment. Comme nous le faisons remarquer avec optimisme dans l'éditorial du Wall Street Journal d'aujourd'hui, les États-Unis et l'Europe partagent des valeurs communes. Mais nous sommes dans un monde de l'après-guerre froide, de l'après 11 septembre, monde où les Américains ont appris qu'ils ont à craindre une menace exceptionnelle de la part des terroristes et des États qui les parrainent.
Un pays qui se sert de son veto pour s'opposer à la légitime défense des États-Unis ne trouvera pas beaucoup d'Américains disposés à garantir sa défense à l'avenir. Nous irons demander de l'aide, et donnerons la nôtre en retour, aux pays d'Europe et d'ailleurs qui sont dans le camp des États-Unis.











