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Qu'attend de l'Europe le dirigeant syrien? Par Michael Gove
The Times 17 Décembre 2002
Extraits traduits en français par Jean-Pierre Chevallier
La Syrie de Bashar Al-Assad a beaucoup changé : c'est un État terroriste encore plus ignoble qu'avant
Le jeune et énergique président syrien a réellement opéré des changements dans son pays depuis qu'il en pris la tête, en juin 2000. Il a même réussi à réaliser ce que beaucoup d'autres croyaient impossible. Bachar a fait de la Syrie un État terroriste encore plus ignoble.
Depuis septembre 2000, la Syrie a augmenté son soutien financier, militaire et politique à des groupes tels que le Djihad, le Hamas et le Hezbollah.
Malgré l'idéologie syrienne basée sur un nationalisme arabe séculier, Bachar a été bien content de trouver des groupes fondamentalistes islamiques, de les équiper en armes et d'entraîner leurs militants. La bombe qui a tué 21 civils dans l'attentat perpétré dans une discothèque de Tel-Aviv, en juin 2001 a été fabriquée par un tueur entraîné par la Syrie et travaillant pour le Hamas.
L'assassin du Djihad, Ali Saffuri, responsable de la coordination d'au moins dix attaques-suicide, recevait ses ordres de Damas. [...]
Sous la direction de Bachar, la Syrie a contracté une alliance encore plus intime avec un groupe terroriste fondamentaliste, le Hezbollah. Le père de Bachar avait annexé le Liban, qui fut le pays le plus libre du Proche-Orient, le réduisant à une colonie militarisée. Son fils est allé encore plus loin dans son alliance avec les meurtriers du Hezbollah, dont le chef, Hassan Nasrallah, a déclaré, il y a quelques mois, pour soutenir la politique syrienne, que la présence des forces syriennes au Liban était «une nécessité régionale et interne pour le Liban» et une «obligation nationale pour la Syrie». La Grande-Bretagne semble à présent un allié de Bachar
[...] La réaction de M. Blair à l'occupation illégale de pays souverains, au parrainage du terrorisme et à la répression continue de son peuple a été servile [...] Le Premier ministre se retrouve à donner des conseils pour une réforme économique ou pour une stratégie technologique. La justification rationnelle de cette attitude est le vieux principe de «l'engagement». «La Grande-Bretagne fait ce qu'elle peut pour aider la Syrie à jouer un rôle plus important dans la communauté internationale», a déclaré Tony Blair.
Le Premier ministre devrait se souvenir de la manière dont les États terroristes ont utilisé l'«engagement» occidental, dans le passé. Kim Jong Il, dictateur de Corée du Nord, a utilisé l'aide étrangère pour développer des armes nucléaires, biologiques et chimiques. Il ignore les accords internationaux et lance un programme de missiles balistiques qui met en danger les pays qui ont investi dans le sien. Faisant fi de la prolifération des armes, il fournit d'autres États terroristes, comme nous avons pu le constater, la semaine dernière, avec le cargo intercepté, qui faisait route vers le Yémen. Kim Jong Il a réagi à «l'engagement» en bon tyran, l'utilisant comme une opportunité pour renforcer son pouvoir répressif [...] Bachar Al-Assad apprécie beaucoup le dirigeant coréen, au point d'avoir fait chez lui l'acquisition de missiles Scud et de l'avoir aidé à développer des armes chimiques et biologiques [...]
Après qu’il ait déjà bénéficié de l'expertise nord-coréenne, nous pouvons tranquillement nous attendre à ce que Bachar sache profiter de l'engagement occidental. Ce dont s'apercevront sûrement les femmes qui, au Proche-Orient, vont devenir veuves.
© 2003 The Times
Original anglais : www.timesonline.co.uk/article/0,,482-516339,00.html
[Texte aimablement transmis par Koira.]











