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Il loue Mitzna et s'attire deux répliques vigoureuses
Le Figaro du 7/01/03 publie l'article suivant. Ce texte a suscité deux réactions énergiques d'Israéliens francophones : Lucien Siac et Israël Lichtenstein. Ces réponses suivent l'article de Ch. Szlakmann.Un espoir pour Israël
PAR CHARLES SZLAKMANN *
[07 janvier 2003]
Il y a des carrefours de l'Histoire où une personnalité, seule contre tous, peut infléchir le cours des événements, alors que tout semble perdu ou sans issue. Ainsi en fut-il de De Gaulle, bravant l'opposition d'une partie de l'armée – son milieu d'origine –, pour mettre en œuvre la décolonisation de l'Algérie. De Ben Gourion en 1937, imposant à ses compagnons – malgré la fronde qu'ils avaient déclenchée – la partition d'Eretz-Israël entre Juifs et Arabes, préférant un Etat juif aux frontières réduites, plutôt que de cultiver la chimère des «frontières bibliques». De Bégin en 1979, qui rétrocéda toute la péninsule du Sinaï à l'Egypte, rompant ainsi avec l'idéologie de son parti, affrontant également l'hostilité paradoxale de certains leaders travaillistes, mais offrant à Israël émerveillé une paix froide certes, bien réelle pourtant.
Tous ces hommes surent résister aux courants majoritaires et aux pesanteurs idéologiques de leur temps et de leur milieu. Visionnaires, ils furent à même de comprendre quel était le véritable destin de leur pays et son intérêt supérieur, au-delà des contingences du moment. Ainsi en est-il aujourd'hui d'Amram Mitzna, le nouveau leader du Parti travailliste israélien. Cet homme de convictions et de principes n'avait pas hésité autrefois, au péril de sa prometteuse carrière militaire, à désapprouver les directives du prince, dans la meilleure tradition des prophètes d'Israël. Tel est bien le trait de caractère qui fait la différence: sans principes, on n'est pas homme d'Etat, juste politicien. Aujourd'hui, une nouvelle fois, Mitzna prouve qu'il est capable de dépasser les tabous, les contorsions de tous ordres et les langues de bois: oui, abandonner les colonies de Gaza, «jusqu'au dernier centimètre». Oui, retourner aux négociations si c'est possible, et, sinon, se séparer des Palestiniens sans attendre d'autorisation de quiconque. Oui, construire un mur de protection et combattre le terrorisme sans la moindre concession. Enfin, transférer l'énorme budget des colonies aux défavorisés dont le nombre s'accroît quotidiennement. Un honorable ministre du Likoud a bien imprudemment qualifié ce programme de «défaitiste». C'est au contraire un programme éminemment sécuritaire. C'est une démarche qui renoue avec l'audace et l'esprit d'initiative qui caractérisaient le petit Israël, lorsqu'il était à même de l'emporter sur trois armées arabes coalisées. C'est enfin une plate-forme où le vieux principe qui est au cœur du sionisme reprend ses droits: vision d'Israël comme Etat juif et démocratique, recherche de la justice sociale, refus permanent et rigoureux de dominer un autre peuple. Ce programme est le seul à même de sortir l'Etat de l'impasse dans laquelle il est enfermé aujourd'hui.
* Ecrivain, auteur de La Violence urbaine (Laffont), Le Judaïsme pour débutants (La Découverte), La Hagadah de Pâque (Berg international).
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Réaction n° 1
REPONSE de Lucien SIAC :
Zorro est arrivé !
par Lucien Siac
Jérusalem, 9 Janvier 2003
Un sport qu’affectionnent particulièrement les esprits bourrés de références historiques est de rechercher des exemples dans le passé pour servir de modèle à la solution d’un problème concret contemporain. Ces beaux esprits affolés par une situation à leurs yeux désespérée, se jettent dans les bras rassurants de celui qui saura répondre à ce qu’ils souhaitent entendre.
C’est ainsi que Charlie Szlakmann (dans son papier « Un espoir pour Israël » paru dans le Figaro du 7/1/03) est convaincu d’avoir trouver l’homme providentiel en la personne du maire de Haïfa, l’ ex-général Amran Mitzna et lui décerne sans plus tarder les galons suprêmes : « Diplôme d’honneur d’homme de convictions et de principes, visionnaire et bien plus encore, prophète, n’hésitant pas au péril de sa prometteuse carrière militaire à désapprouver les directives du prince dans la meilleure tradition des Prophètes d’Israël »
Et pour faire bon poids, alors qu’il n’a prononcé jusqu’à ce jour que des promesses électorales éculées le voilà propulsé sur la scène de l’Histoire au même rang que les De Gaulle, Ben Gourion et Begin. Remarquons en passant que c’était à peu de chose près le portrait qu’on faisait de Pétain en 1940.
Revenons sur terre et cessons de rêver : les faits sont là :
Pour le bloc arabo-musulman la légitimité même d’un Etat sous souveraineté juive dans une région considérée musulmane, est un concept inacceptable car contraire à la volonté d’Allah. Les déclarations de certains dirigeants arabes, prônant « la coexistence de deux Etats souverains vivant côte à côte dans la paix » ne sont que de la poudre aux yeux et ne servent qu’à maintenir un équilibre précaire entre ce que souhaitent entendre les oreilles occidentales et les masses musulmanes en ébullition. Le Président Sadate qui osa braver cet exercice périlleux en faisant le déplacement à Jérusalem, le paya de sa vie. En Egypte personne ne l’a regretté : l’opinion publique égyptienne le considère comme un traître à la nation arabe et les chefs d’ Etats arabes ne sont pas près de tenter à nouveau l’aventure.
En effet, tout musulman est pénétré de l’idée que toute souveraineté juive en terre d’Islam est une anomalie, un blasphème, une erreur qu’il faut corriger et qu’il est du devoir de chaque croyant d’extirper cette hérésie. Le monde arabo-musulman, qui représente un poids considérable tant économique que financier et politique, (sinon culturel) sur la scène mondiale, soutenu par un Occident dépendant, pense que le temps travaille pour lui et que « l’entité sioniste » finira par se désagréger
Pour les Juifs le but à atteindre a été de reconstruire un Etat sur une portion d’un territoire qui fut le berceau de la culture hébraïque et dans lequel une souveraineté juive s’exercerait afin d’y concrétiser les commandements éthiques et moraux de la Thora. Nous n’en sommes qu’aux premières années de notre renaissance nationale ; beaucoup a déjà été fait et beaucoup reste à faire mais courage et persévérance ne nous ont jamais fait défaut. Cette portion de territoire telle qu’elle nous fut attribuée par un vote des Nations-Unies fut acceptée par nos dirigeants d’alors et ce sont les guerres que nous ont livrées les Arabes et qu’ils ont perdues qui ont fait varier sa superficie et non pas une volonté d’expansion territoriale.
Deux volontés s’opposent : pour les musulmans : éradication de toute souveraineté autre que musulmane dans cette région et pour les Juifs rupture définitive et radicale avec la longue nuit d’un peuple dispersé ,soumis aux caprices de ses oppresseurs, et qui revient sur la terre de la promesse.
Est-il possible de résoudre cette opposition radicale ?
Nous arrivons au cœur du problème. Il s’exprime par un simple mot : compromis. Cette notion est étrangère à la culture arabo-musulmane dans ses rapports avec les Nations. Tout compromis, traité de paix, trêve, conclus avec les non-musulmans ne sauraient être qu’une manœuvre tactique dictée par le rapport des forces en attendant que ce dernier se retourne et permette de reprendre la lutte. Faut-il rappeler que depuis la création de notre Etat tout compromis a toujours été rejeté, cinq guerres ont été déclenchées sans modifier d’un pouce la volonté de nos ennemis.
Persister à vouloir ignorer ces données est un aveuglement, un refus de prendre en compte une réalité vérifiée dans les faits. Il faut comprendre ce rejet par un désir éperdu de solution immédiate sinon proche, par une incapacité à supporter une pression obsédante, une impatience d’arriver enfin à des temps idylliques pour ne pas dire messianiques.
Amran Mitzna, ne fait que reprendre les recettes de ses prédécesseurs travaillistes, résumées dans les désastreux accords d’Oslo. Elles ont fait la preuve de leur inanité et nous en goûtons les fruits amers.
Le peuple d’Israël en a vu d’autres. Il est solide et se consolide chaque jour dans son Etat. Notre situation est bien meilleure qu’elle ne le fut jamais car notre armée de citoyens sait mieux que n’importe quelle armée au monde pourquoi elle se bat.
Ne soyons pas impatients, tenons le cap, persévérons, construisons, travaillons, étudions, vivons. Nous sommes résolument optimistes. L’avenir est à nous.
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Réaction n° 2
Réponse du Dr Lichtenstein :
QUELQUES VERITES
Réponse à Charles Szlakman
Le culte des idoles serait-il devenu une valeur juive et Mitzna son vrai Dieu ? En une envolée lyrique se voulant prophétique, Mr. Szlakman voudrait remplacer un général par un autre. En quoi serait-il préférable à Barak, prêt à renoncer à Jérusalem et abandonnant ses concitoyens à la grâce d’un adulateur de la mort des enfants de son peuple ? Serait-il meilleur que Rabin, abusé par son entourage, offrant des armes à ceux dont il voulait briser bras et jambes à Gaza ? Le prix Nobel, du nom du maître dynamiteur, quand il est dit de la Paix, est-il garant de celle-ci ? Ne doit-on pas se souvenir du général Dayan, aveugle plus que borgne, qui n’avait pas vu venir la guerre de Kippour ? Le redressement n’est-il pas dû à l’initiative d’un général ( Sharon, charogne) que les nations, et non la nation juive, vouent à l’opprobre ?
La « paix maintenant » inscrite dans le chiffon de papier brandi par Chamberlain revenant de Munich en 1938, a permis, entre autres calamités, une guerre mondiale entraînant la mort de 30 millions de « gentils » et de six millions de juifs.
Le front du refus, cette invention arabe, n’est-il pas une permanence caractérielle de la psychologie des dirigeants qui se réclament de l’Islam ? Le jour où Israël aura son Panthéon au frontispice duquel on inscrira « Aux hommes qui ont fait la grandeur d’Israël », on n’y verra que des arabes.
En 1937, qui a refusé le plan de partage de la commission Peel, accepté par Ben-Gourion comme vous le rappelez fort justement ?
En 1948, qui a envahi un état dans les limbes fondé sur une proposition du Conseil de Sécurité sinon les pays d’alentour ?
En 1967 qui s’est coalisé pour étrangler un état d’Israël pas encore majeur ?
Et depuis qui n’a pas décroché le téléphone qu’attendait Dayan appelant à la négociation ?
Camp David, Taba, Oslo, autant de refus, certains tragi-comiques comme la signature d’Arafat.
La main tendue qu’on ampute à chaque fois comme un salami doit guérir de ses blessures.
Que les donneurs de conseils cessent de convier Israël à retourner au ghetto, derrière « un mur de protection » dites-vous. Celui du ghetto de Varsovie ? Celui des camps disséminés sur le sol de France ?
Je les appelle à venir participer à la grande épopée du retour du peuple juif sur sa terre. La démocratie et Israël seront leur œuvre. Ils n’auront pas à choisir, à l’instar de Camus, « entre la Justice et ma mère ».
Bienvenue au pays.
Israël Lichtenstein, médecin à Jérusalem, le 8 janvier 2003
[Textes aimablement communiqués par Nicole Malamet.]











