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La loi Lellouche, point de vue de Charles Dalger
Paris, le 7 Tébeth 5763, 11 décembre 2002Le mieux est l’ennemi du bien, et l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ce sont les premières réflexions qui viennent à l’esprit à propos de l’annonce de cette loi. Comme la plupart des lois de ce genre, l’instigateur de celle-ci est mû par les plus sincères et les meilleures intentions. Pourtant, il existe déjà en France, fait quasiment unique dans le monde, hormis en Israël, un arsenal, plutôt impressionnant, de dispositions légales anti-racistes. C’est en constatant l’inefficacité de ces mesures légales que Pierre Lellouche a imaginé « sa » loi. Comment croire qu’en rajoutant des conditions supplémentaires, l’esprit de la loi sera mieux respecté ?
Car, c’est bien le respect du fond qui importe. Et ça, malheureusement, le législateur n’y peut rien, si une part importante et croissante de la population ne veut pas, comme cela se passe aujourd’hui.
En fait qu’y a-t-il de fondamentalement nouveau dans cette loi ? Rien. La seule différence notable, c’est le caractère aggravant de certaines circonstances. Or, à présent déjà, les circonstances incriminées sont très difficiles à prouver par les plaignants, cela ne changera pas. Un autre point accessoire concerne le prolongement du délai, avant prescription, d’un délit commis par voie de presse. Ce délai est aujourd’hui de trois mois. Franchement, on se demande quel organe de presse risquerait de ce sentir visé par ce changement.
Quelle est l’intention de l’auteur. Si Pierre Lellouche est un élu du Peuple Français à l’Assemblée Nationale de la République Française, c’est aussi un citoyen juif, dégoûté, comme beaucoup d’autres de ses concitoyens, pas nécessairement coreligionnaires, devant l’apparent laxisme dont profitent abusivement les très rares auteurs appréhendés des quelques mille agressions anti-juives commises en France depuis vingt-six mois. En quoi sa loi changerait-elle quoi que ce soit à cette déplorable situation ? Après tout, dans la nouvelle loi, rien n’oblige les juges à renoncer à leur mauvaise foi, quand ils qualifient d’incivilités et de délits de droits communs ordinaires les crimes racistes dont ont été victimes plus de 200 Juifs et des dizaines de synagogues incendiées. Il est naïf de croire que les béotiens de l’islamisme anti-juif, fussent-ils juges, renonceront à leur lubie, justement, parce que cet islamisme-là est anti-juif.
Quant aux dizaines de milliers d’agressions médiatiques dont souffrent les Juifs de France, depuis l’intensification des violences terroristes arabes en Israël, il faut être lucide. Quand c’est le Président de la République - que soutient Pierre Lellouche - qui refuse le qualificatif de terroriste à propos des plus nuisibles et plus dangereuses créatures fanatiques enragées qui sévissent en Israël, quand c’est l’agence de presse publique [AFP] qui fait couler à flots, le venin anti-israélien, il est grotesque de croire qu’il se trouvera suffisamment de juges pour les condamner toutes. Au contraire, les nouvelles dispositions de sa loi risquent d’être détournées par ceux qui étaient initialement visés, les anti-juifs. En effet, l’allongement du délai avant prescription des délits commis par voie de presse va permettre à toutes les cliques anti-juives islamo-gauchistes et les organes de propagandes complices, d’avoir le temps d’éplucher les moindres écrits et propos radiophoniques des juifs en France. Ils en ont les moyens financiers et matériels. Il risque de s’ensuivre un véritable harcèlement judiciaire à l’encontre des Juifs vivant dans cette prochaine « république islamique », que devient la France.
Pour illustrer ce possible détournement, il faut rappeler le cas exemplaire du site Internet « Am Israel Haï », un site web, parmi des millions, strictement inconnu du public. Or, ce site a eu l’insigne honneur de faire parler de lui dans le journal de 20h. des deux plus importantes chaînes de TV du pays, plus quelques grandes radios nationales et de nombreux articles dans la presse, dont quatre dans l’immonde journal du soir. Il faut bien rappeler de quoi est accusé ce dangereux site « raciste » « sioniste », qui a tant défrayé la chronique. A-t-il incité à corriger les meutes de petits Beurs nuisibles qui agressent les jeunes Juifs à la sortie des écoles ? A-t-il appelé au lynchage des ordures de propagandistes qui vomissent quotidiennement et paisiblement leur haine anti-juive sur Europe-1, France-Info, France-2, LCI, ou dans la presse française ? A-t-il demandé qu’on aille incinérer, en illustrant de croquis de fabrication de cocktail Molotov, les imams fanatiques qui prêchent la haine dans les mosquées des ZIP de banlieue ? A-t-il appelé à la liquidation des terroristes arabes, comme le fait tranquillement chaque dimanche à 12h30 sur la radio parisienne méditerranée, 88.6 Mhz, un certain Tawfik Mathlouthi, très dangereux agitateur islamiste, particulièrement virulent, qui appelle à l’assassinat des «Sionistes» partout, et qui se félicite de chaque victime juive en Israël ? En France, cet être nuisible a déjà été écouté plus de mille fois, il est plutôt efficace non ?
Non, rien de tout cela sur le site « Am Israël Haï ». Connu seulement d’une poignée d’intimes, ce site suggérait, sous le coup d’une très légitime indignation, de rosser un ramassis d’anti-juifs puants, hurlant leur haine à travers le boycott des produits israéliens. Suggestion demeurée, bien évidemment, tout à fait platonique. Jusqu’à ce jour, les Juifs sont restés honteusement passifs sous les agressions dont ils sont victimes de la part des nazi islamistes 'verts', comme à l’époque maudite de la montée du nazisme-boche noir. Bien que hors sujet, il faut redire la honte que constitua la sévère condamnation du site « Am Israël Haï » par presque tous les médias juifs. C’est malheureusement ce genre de mauvais procès qui risque de foisonner, avec la nouvelle loi.
Nous ne ferons pas à Pierre Lellouche l’injure de dire qu’il n’a pas compris ou pensé à cette vision des choses. A sa place, dans sa fonction, avec ses moyens et sa meilleure volonté, il a voulu essayer de corriger un peu ce mauvais côté de la nature humaine. On ne peut, en aucun cas, lui reprocher d’avoir essayé.
Charles DALGER,
[Sur le député P. Lellouche, voir : www.assemblee-nat.fr/tribun/fiches_id/1931.asp]











