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Unité de vue au sommet à la conférence d'Hertzliya, Alouf Benn
Haaretz, 4 décembre 2002Traduction française par Albert Soued, écrivain www.chez.com/soued/conf.htm
Ce texte a été traduit en marge de la conférence périodique sur la sécurité qui se tient cette semaine à Hertzlyah. Pour suivre cette conférence sur le net, www.herzliyaconference.org
Ariel Sharon tire une partie de ses forces, en tant que premier ministre, des excellentes relations qu'il entretient avec les responsables de l’institution de la défense. Contrairement à ceux qui l'ont précédé, Ehoud Barak et Benjamin Natanyahou – qui se chamaillaient avec les chefs de Tsahal et avec ceux du renseignement, et qui, en conséquence subissaient leurs critiques ainsi que des "fuites" – Sharon a réussi à convertir à ses positions les rangs supérieurs de l'armée et des services secrets. Dans les réunions, il a l'habitude de les écouter attentivement, leur posant des questions et donnant l'impression qu'ils participent à l'élaboration de la politique, ce qui a contribué à son succès.
Lors des discussions de la conférence d'Hertzliyah sur la Sécurité Nationale, qui se tient cette semaine et qui est organisée par le Centre Interdisciplinaire, il est apparu, d'une façon éclatante, que l'unanimité idéologique s'est établie entre le premier ministre, le ministre de la Défense et les hauts niveaux professionnels de la Défense et du Renseignement. Tous sont d'accord pour qu'Israël poursuive la guerre contre les Palestiniens, jusqu'à ce qu'Arafat et ses associés soient remplacés par un nouveau leadership, avec lequel il serait possible de négocier une solution au conflit. Ils attendent tous aussi une attaque américaine contre l'Irak, qui servirait de moteur à des changements stratégiques de grande envergure, qui affaibliraient les Arabes et renforceraient Israël.
Les discours du chef d'état-major Moshé Yaalon et du conseiller à la Sécurité Nationale Efrayim Halévy justifient la politique de Sharon sur le plan professionnel, à savoir : "refuser de négocier sous le feu de l'ennemi, et plutôt serrer les dents et continuer les opérations de Tsahal dans les territoires, dans l'attente que l'ennemi s'épuise le premier".
Yaalon a affirmé que l'objectif de la guerre en cours doit être une victoire décisive, afin que l'adversaire comprenne qu'il n'a aucune chance de parvenir à quoi que ce soit par la terreur! En attendant, Israël doit maintenir la pression militaire sur l'infrastructure des terroristes, tout en apaisant les populations civiles par "une différence humanitaire", pour encourager le retournement en cours vers de meilleurs sentiments des Palestiniens à l'égard des Israéliens. Halévy a évoqué l'opposition grandissante des leaders palestiniens à l'"intifada" et aux attaques-suicide, car ils craignent que le mouvement national ne soit détruit si la terreur se poursuivait.
Yaalon a déclaré qu'il était opposé à l'évacuation des implantations isolées comme Netsarim, à Gaza, "sous la pression de la terreur", car ce retrait serait perçu comme un signe de faiblesse, et la lutte armée contre Israël en serait renforcée. Il a précisé que sa position sur ce point était d'ordre militaire et sécuritaire et "non politique, ni diplomatique". Mais il est difficile d'ignorer l'impact politique d'une telle opinion, en période électorale, lorsque le principal opposant à Sharon, le président du Parti Travailliste, Amram Mitzna, préconise d'évacuer unilatéralement les implantations de Gaza, comme principal argument de sa campagne.
Mitzna et Shimon Peres voient tous les deux le conflit avec les Palestiniens en termes locaux. Ils pensent que, pour éradiquer la terreur, Israël doit reprendre les négociations avec Arafat et s'efforcer de mettre fin à l'occupation des territoires. Mais Sharon, le Ministre de la Défense Shaoul Mofaz, Yaalon et Halévy ont une conception plus large. Ils considèrent le conflit israélo-palestinien comme un simple front dans la lutte culturelle globale entre l'Occident et la terreur fondamentaliste islamique. "Jamais auparavant il n'y a eu une convergence aussi grande entre les objectifs d'Israël et ceux des Etats-Unis", a affirmé Halévy, ajoutant qu'Israël doit formuler sa politique en tenant compte au maximum des intérêts et des besoins américains…
Le Likoud étant sur le point de choisir sa liste de candidats à la Knesset, le Ministre de la Défense préconise la prudence, enrichissant ses propos de citations de David Ben Gourion et tenant un discours l'allure d'homme d'Etat. Mais son discours laissait percevoir une petite critique de l'approche trop "prudente" du premier ministre, selon la ligne que Mofaz recommandait quand il était chef d'état-major. "Tôt ou tard nous aurons à nous demander s'il faut continuer notre politique actuelle, ou si nous devons peut-être changer de direction dans le processus de décision", dit-il.
Comme Yaalon, Mofaz pense que la victoire doit être remportée de manière progressive plutôt que brutalement par un coup écrasant, et que cette victoire ne sera pas seulement réalisée par des moyens militaires. Les solutions et les méthodes proposées sont également identiques à celles préconisées par les autres intervenants. Comme eux, Mofaz attend "la disparition du leadership palestinien actuel de la scène de l'histoire, afin qu'Israël puisse négocier avec ses successeurs". Jusque-là, Mofaz pense qu'Israël doit continuer à combattre la terreur "partout", qu’il doit "déligitimer" Arafat et ceux qui le soutiennent dans la terreur, et essayer de mobiliser l'aide internationale pour les populations civiles des territoires.











