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Après l'Irak, il faut voir grand ! Par Yosef Goell *
Traduit par Albert Soued, écrivain www.chez.com/soued/conf.htm Paru dans le Jerusalem Post, le 14/10/02.
Nous avons traduit cet article parce que nous pensons, depuis un certain temps déjà, que le conflit israélo-arabe ne peut trouver sa solution que dans le cadre d'un remodelage du Moyen Orient analogue à celui qui eut lieu après la Première Guerre mondiale, au siècle dernier.
Comme le rapporte le New York Times de la semaine dernière, les bonnes nouvelles sont que l’administration Bush est préparée à voir grand, en ce qui concerne l’avenir de l’Irak. Ce journal a précisé que Washington est déjà avancé en matière de planification pour l’après-Saddam Hussein.
Selon des sources de haut niveau, à Washington, on pense à une restructuration du pays, après une occupation par un gouvernement militaire, à l’instar de l’Allemagne et du Japon, après leur défaite lors de la Seconde Guerre mondiale.
Ces mêmes autorités officielles disent que certains, au sein de l'administration, sont opposés au démembrement de l’Irak après Saddam Hussein. Cette position devrait être revue.
Si à Washington l’administration s’inscrit déjà dans la perspective de voir grand, elle devrait également être prête à exploiter l’immense opportunité militaire et diplomatique qui s’offre à elle et profiter de la situation pour résoudre les problèmes qui se posent dans cette partie du Moyen Orient.
Cette opportunité historique ne se reproduira pas de sitôt, et tout effort doit être fait pour saisir l’occasion. La défaite, l’occupation et la restructuration de l’Irak devraient offrir la possibilité de résoudre le conflit israélo-arabe, de permettre à la Jordanie hachémite de s’extraire de son statut de royaume du désert, et enfin de créer un Kurdistan indépendant.
L’erreur fondamentale de l’accord d’Oslo était de croire que le peuple palestinien était vraiment prêt à une réconciliation et à un compromis historique avec Israël et qu'il souhaitait créer une Palestine indépendante, en échange d’un engagement à la fin du conflit.
Les deux dernières années ont fourni la preuve concluante que tel n’était pas réellement l’objectif d’Arafat, et, en cela, cet homme représente vraiment l’esprit et les intentions du peuple palestinien. Aucun compromis diplomatique sur les frontières, sur les implantations, sur la souveraineté ou sur les réfugiés ne peut effacer la haine des Palestiniens envers Israël – et apparemment envers le peuple israélien - et c’est devenu comme la raison d’être du peuple palestinien. Cela indique qu’aucune solution n’est possible.
L’an dernier le professeur Walter Reich, de l’Université Georges Washington, suggérait dans le Jerusalem Post qu'on s'oriente vers l’option jordanienne ; qui préconise qu’Israël restitue à la Jordanie «certains des territoires» pris lors de la guerre de 1967. En effet c’est une solution qui éviterait la poursuite de la confrontation avec les Palestiniens, tout en écartant la possibilité de créer un état souverain supplémentaire qui risquerait de devenir une base de terreur alimentée par cette haine palestinienne. C’est une bonne direction dans la réflexion, mais elle n’est pas suffisante, car elle ne va pas assez loin. Les territoires palestiniens et leur population seraient un fardeau plutôt qu’un avantage pour le roi Abdallah II et pour la famille hachémite régnante. Il est donc nécessaire d’ajouter une compensation suffisante pour adoucir ce fardeau afin qu’il puisse devenir supportable.
Cette compensation pourrait venir d’Irak. Une fois créé un Kurdistan indépendant ou autonome dans le tiers septentrional du pays, les deux autres tiers pourraient fusionner avec la Jordanie et avec «des territoires» palestiniens pour constituer un ensemble homogène sous la couronne hachémite. Cette compensation en fait que réaliser le rêve des Hachémites, après la Première guerre mondiale, dynastie qui a été chassée du Hedjaz arabe par la famille d’Ibn Al Saoud, et de l’Irak par un assassinat. Elle lui permettra de gouverner un Etat arabe allant de la rive ouest du Jourdain jusqu’à l’Iran, sans créer un nouvel état.
Les réserves gigantesques de pétrole pourraient transformer ce royaume du désert, avec une population de 20 millions d’habitants, comprenant des gens hautement éduqués et évolués sur le plan technologique. Cet Etat pourrait devenir une puissance économique locale pro-occidentale au milieu du Moyen Orient. Cette grande entité Jordanie-Irak pourrait recevoir en son temps tout ce qui reste de réfugiés palestiniens, venant des camps de Gaza, du Liban et de Syrie. Pensez-y, c'est peut-être la solution la plus réaliste !
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*Yosef Goell est maître de conférences en sciences politiques et journaliste chevronné.
[Texte aimablement transmis par Norbert Lipszyc.]











