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Fait et rumeur [à propos de la photo du bébé-kamikaze], By Doron Rosenblum

[Traduction française de Danielle Elinor Guez, revue et corrigée par Menahem Macina, pour www.reinfo-israel.com. Reproduction sur site soumise à autorisation (écrire à relations@skynet.be.]
La photo d’un bébé palestinien habillé en kamikaze (ceinture d’explosifs, bandeau et tout le tralala) que l’armée israélienne a dévoilée et distribuée a provoqué ce week-end une tempête grotesque et significative. Comme d’habitude, cette maladroite 'action de relations publiques' s’est heurtée à la muraille glissante de contre-propagande palestinienne et de scepticisme dans les médias du monde. C’est la même muraille qu’Israël a essayé d’escalader pendant des années, avec pour seul résultat de se casser la figure.
Quel est le secret de ces années de succès dont jouissent des porte-parole palestiniens tel Saeb Erekat – capables de persuader jusqu’à la victime d’une attaque terroriste qu’elle est coupable de la mort de l’agresseur-kamikaze ? Sont-ce la veste sur mesures, l’élégance du crâne chauve et des montures de lunettes, qui font réussir la duperie ? Ou bien est-ce le barrage de puissants clichés conditionnés ("oui, nous dénonçons, mais…") qui détruit et met en pièces tout ce qui se trouve sur son chemin, et met toujours Israël au banc des accusés ?
Réagissant à la photo du bébé, les Palestiniens ont commencé par nier la réalité. Puis, quand ils reconnurent que la photo n’était pas une falsification, ils rejetèrent avec dégoût la "propagande à bon marché" qui exploite des photos d’enfants (opposée à la "propagande couteuse" qui tire bénéfice des photos du jeune Mohamed Dura, tué à Gaza, en septembre 2000).
Parmi des remarques qui rappellent, de manière terrifiante, la déclaration morale de Golda Meir ("nous ne pardonnerons pas aux Arabes de nous forcer à les tuer"), on a cité Hanan Ashrawi, affirmant que le bébé-suicide était surtout une honte pour Israël, car la photo illustre l’état émotionnel auquel les Palestiniens sont réduits. Pour sa part, le complaisant correspondant pro-palestinien de la chaîne Sky News a avancé la possibilité que le déguisement du bébé-suicide témoigne simplement du merveilleux sens de l’humour de sa famille, voire au tempérament généralement agréable du peuple palestinien.
La réaction la plus représentative a été diffusée dans le journal en ligne "Salon", qui se référait à une déclaration du Ministre du Travail palestinien Ghassan Khatib. Ce dernier a déclaré, en effet, que si l’armée israélienne avait l’intention de démontrer que les Palestiniens éduquent leurs enfants dans la haine et les actes hostiles à l’égard d’Israël, "alors, je reconnais que c’est vrai". Selon Khatib, c’est une réaction naturelle, même si lui-même et l’Autorité palestinienne dénoncent officiellement les attaques terroristes. Non, il n’approuve pas les attaques. Au contraire, elles sont indésirables. "Pourtant, d’un autre coté, elles sont inévitables et en plus la majorité des palestiniens les soutiennent". Prenez cette classique réponse tortueuse, vous aurez ainsi la substance de la théologie de la terreur et le travail de génie de générations de conseillers palestiniens en relations publiques.
Mais où mène donc tout cela ? Que signifie cette chicane à propos de cette photo ? En fait, c’est totalement grotesque. Pendant que, comme des procureurs polis dans un tribunal, nous brandissons tel ou tel document ( le "lynchage", la "photographie"), les foule de supporters du Hamas appellent ouvertement à la destruction d’Israël par des attaques terroristes et des armes de destruction massive. A quoi cela ressemble-t-il? A une personne qui, un énorme couteau planté dans le dos, s’efforce de prouver devant un Juge de Paix que son voisin a des intentions malveillantes.
Tel est le talent singulier d’Israël en matière de relations publiques. Israël décrit chaque fait comme une rumeur et chaque sentiment comme un fait. Le niveau 'macroscopique' est trop petit pour nous, C’est pourquoi nous abandonnons la grande image (l’occupation, le problème des réfugiés) à la propagande palestinienne, pour nous nous occuper de manière répétitive du 'microscopique' qui étale la détresse et la victimisation ("regardez à quel point ils nous haïssent !").
Comment cela peut-il faire avancer les choses ? Où cela mène-t-il ? Nous n’en avons pas la moindre idée. Cela signifie peut-être que notre 'génie' particulier n’est pas seulement à l’œuvre dans notre travail de relations publiques mais aussi dans notre approche générale du conflit.
Haaretz : www.haaretzdaily.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=181473&contrassID=2&subContrassID=15&sbSubContrassID=0&listSrc=Y
[Article aimablement transmis par M.D., Israël.]











