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L'innocence perdue de Yasser Arafat, c'est TF1 qui le dit, par Léonard Vincent
Norbert Lipszyc nous communique ce qui suit, précédé du commentaire suivant : "...Et au même moment France-Inter annonçait: 'échec de Bush au G8, aucun dirigeant n'accepte sa mise à l'écart d'Arafat'. Alors qu'il apparait clairement que seul Chirac continue à faire l'imbécile en continuant à soutenir Arafat. Vive l'information 'publique' française, toujours à la botte du quai d'Orsay, malgré ce qu'elle en dit."source : TF1.fr !
L'innocence perdue de Yasser Arafat
Les efforts d'Israël ont payé. George W. Bush a définitivement clos une époque où Yasser Arafat était vu comme un chef d'Etat aux mains blanches. Les Etats-Unis et l'Europe semblent disposés à reconnaître la complicité du président palestinien avec le terrorisme.
Après des mois d'efforts, Israël semble avoir obtenu gain de cause en persuadant les grandes capitales de la duplicité du président palestinien Yasser Arafat. Déjà, à la fin de l'année 2000, le gouvernement d'Ehud Barak, bien plus disposé à discuter avec une Autorité palestinienne qu'elle savait pourtant complice du déchaînement de violence de la deuxième Intifada, avait dénoncé son double jeu. Les officiels israéliens s'insurgeaient notamment contre les émissions haineuses et mortifères de la télévision palestinienne, pourtant supervisée par un des hommes les plus en vues de l'intelligentsia, Yasser Abed Rabbo.
Plusieurs mois de campagne
Or, depuis plusieurs mois, l'Etat d'Israël, souvent présenté comme l'agresseur, transmet à qui veut l'entendre les preuves de l'imbrication [=implication. Ndlr] de l'exécutif palestinien dans le terrorisme qui ensanglante régulièrement ses villes. Le Washington Post et le New York Times ont même affirmé de concert, jeudi, qu'un rapport des services secrets israéliens, transmis à la conseillère de George W. Bush pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, avait achevé de convaincre Washington de pousser Yasser Arafat dans les marges de la politique (voir ci-dessous). La direction palestinienne, quant à elle, a repoussé avec force ces "mensonges", en dépit des évidences.
"Les Américains savent depuis longtemps à quel double jeu se livre Yasser Arafat, condamnant publiquement le terrorisme mais l'encourageant clandestinement, a ainsi résumé Eran Lerman, colonel des services de renseignements militaires israéliens en retraite. Ce n'est pas non plus un secret pour les services secrets européens".
Mais, près de deux ans après l'échec de Camp David II, qui fut suivi du lancement de la deuxième Intifada sous l'impulsion de la direction palestinienne, c'est le discours de George W. Bush, lundi soir, qui a publiquement tourné la page de cette époque. L'appel du président américain au "peuple palestinien à élire de nouveaux dirigeants, des dirigeants qui ne soient pas compromis avec le terrorisme", a entériné une posture [=position. Ndlr] que beaucoup avaient hésité à prendre. Et que, sans doute, seul Washington peut assumer : poser comme condition préalable à la
création d'un Etat palestinien le départ de son leader historique.
Les Européens prudents, mais convaincus
Même si, pour les Européens, la prudence a été de mise aussitôt le discours prononcé, le Premier ministre britannique Tony Blair a clairement exprimé ses réticences à travailler avec un Yasser Arafat ambigu. "Nous avons une situation où nous n'avons pas été en mesure de faire des progrès, a-t-il déclaré mercredi au G8, et il y a une attitude au regard du terrorisme qui est incompatible avec la notion de sécurité d'Israël". Même le Conseil de l'Europe, d'ordinaire plus favorable à l'égard des Palestiniens, a voté
jeudi une résolution où l'Assemblée demande notamment un contrôle plus efficace de l'usage des moyens financiers accordés à l'Autorité palestinienne, et à cette dernière de "mettre fin à la pratique des compensations financières accordées aux familles terroristes, et à la glorification des 'martyrs'."
Extrêmement réticents à accuser le vieux raïs palestinien d'être un chef terroriste, et ayant à plusieurs reprises réaffirmé qu'ils continueraient à le considérer comme un chef d'Etat légitime, les autres membres de l'UE ou du G8 - dont la France - semblent pourtant de plus en plus timides dans leur soutien. Même si, unanimement, comme l'a déclaré mercredi Jacques Chirac, "il appartient naturellement au peuple palestinien, et à lui seul, de choisir ses représentants."
Pourtant, Yasser Arafat semble commencer à lasser aussi les dirigeants européens. Le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, a ainsi appelé jeudi le président de l'Autorité palestinienne à faire des "efforts d'adaptation". "Il faut faire des transformations, a-t-il insisté, des réformes, et j'espère qu'elles seront faites." Israël, de son côté, attend d'être enfin reconnu comme la nation agressée.
Des documents signés Arafat
Selon le Washington Post et le New York Times de jeudi, Washington a pris la décision d'écarter M. Arafat, après avoir reçu, la semaine dernière, un rapport des services secrets israéliens, qui fait état du soutien financier du président palestinien à un groupe terroriste issu de son mouvement du Fatah, et ayant perpétré de nombreux attentats-suicide. Selon ce document, Yasser Arafat a, entre autres, personnellement autorisé le paiement de 20.000 dollars aux "Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa", responsables de nombreuses tueries aveugles au coeur de villes israéliennes.
L'affaire la plus retentissante avait été celle du Karine-A. Ce cargo avait été intercepté, le 3 janvier, en mer Rouge, par des commandos israéliens, avec, à son bord, 50 tonnes d'armes livrées par l'Iran aux Palestiniens. Téhéran et l'Autorité palestinienne avaient démenti toute implication dans ce trafic, malgré le fait que le capitaine du bateau était un colonel de l'Autorité palestinienne et qu'il avait avoué avoir agi sur ordres de l'exécutif palestinien.
Enfin, deux documents, signés de la main même de M. Arafat et accordant également un soutien financier à des groupes terroristes, avaient également été saisis par l'armée, début avril, dans la Moukataa, le quartier-général du président palestinien, à Ramallah. Les services de renseignements avaient annoncé, le 4 avril, que M. Arafat avait, "sous sa signature", alloué 600 dollars à deux hommes liés au "Tanzim", groupe armé du Fatah. Le second document présenté par les services israéliens concernait une aide financière que M. Arafat avait accordée, le 20 janvier dernier, à douze personnes impliquées "dans des opérations sanglantes".
Léonard VINCENT











