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"Empeach" Arafat, Albert Capino
25/06/02Le Président américain a prononçé hier un discours important. Qualifié “d’historique” par le Ministre de la défense israélien, Benjamin Ben Eliezer, ce discours me laisse, personnellement, un peu sur ma faim.
Que Georges W. Bush ait souligné qu’un changement était indispensable, à la tête de l’Autorité Palestinienne, afin de pouvoir envisager un futur Etat, est un élément positif. Qu’il ait mis l’accent sur la corruption, l’encouragement du terrorisme de la présente Direction palestinienne, de même que la nécessité de réformer ses institutions, semble évident.
Ce qu’il l’est moins, ce sont les moyens qu’il compte se donner pour y parvenir.
Saeb Erekat réagissait vivement dès hier soir avec une fin de non-recevoir. Le Président Russe Poutine mettait en garde sur les “dangers” inhérents, selon lui, au fait d’écarter Arafat. Quant à Dominique de Villepin [ministre français des Affaires Etrangères], bien qu’il déclarât, depuis Jérusalem, que “le discours de Bush converge avec les objectifs de la France”, il insistait tout de même sur le fait que “c'est aux Palestiniens seuls qu'il revient de choisir leurs dirigeants”.
Et c’est bien là qu’est le noeud du problème.
Si l’on ne peut contraindre Arafat à partir, est-il pour autant au dessus des lois ? Est-ce en s’abritant derrière les valeurs démocratiques – absentes de son dictionnaire - et le paravent “d’élections libres”, qu’il doit pouvoir continuer à bafouer, par ses actes, ce qu’il loue par ses mots ?
Ce n’est pourtant pas le moindre paradoxe de ce spécialiste du double langage, manipulant l’opinion au point de finir par croire lui-même à ses balivernes.
Reuters rapporte en effet qu’«Arafat juge le discours de Bush "positif"» (!) Dans sa lecture sélective, «l'agence palestinienne Wafa, au nom du président palestinien et de l'Autorité palestinienne, n'évoque pas l'appel sans équivoque du président américain à un remplacement des dirigeants palestiniens, qu'il accuse d'être compromis dans le "terrorisme".»
Ehud Barak, l’ancien Premier Ministre d’Israël, interrogé à chaud sur ses réactions au discours du Président américain, résume fort bien la situation :
“Tant qu’il n’y aura pas une volonté inébranlable d’une Communauté Internationale soudée, unanime dans la condamnation du terrorisme et de la corruption, Arafat s’engouffrera dans la moindre brèche pour s’en sortir par une pirouette”.
Des dictateurs corrompus, des tyrans sanguinaires, de Noriega à Bokassa, en passant par Amin Dada : nul n’a résisté aux pressions visant à les exclure du pouvoir, dès lors qu’il y avait une volonté unanime de rétablir des institutions démocratiques.
Il en va du soulagement des malheurs des peuples de la région, trop longtemps en proie à des extrémismes rétrogrades soutenus par des autocraties radicales (Syrie, Iran, Irak), et encouragés par des démocraties occidentales préoccupées de leurs intérêts partisans.
Le discours de Bush est prémonitoire, à condition qu’aucune discordance ne se manifeste dans la Communauté des Nations prêtes à un réel changement.
C’est la clef qui ouvrira l’avenir de la région à des perspectives de paix et de prospérité.
La question est de savoir si toutes les nations intéressées – sans exception – y sont prêtes ?
Albert Capino











