Texte repris du journal marocain "Le Matin"
Divergences autour de la création controversée d'un nouveau service de sécurité
22.04.2006
Le conflit de pouvoir entre le gouvernement du Hamas et Mahmoud Abbas, a connu une escalade samedi après les violentes diatribes du chef du mouvement islamiste Khaled Mechâal contre le président de l'Autorité palestinienne autour de la création controversée d'un nouveau service de sécurité.
M. Mechâal a accusé depuis Damas M. Abbas sans le nommer de «comploter»contre son gouvernement avec l'aide des Etats-Unis et d'Israël, dans le but de «réintégrer le pouvoir».
«Ce qui se passe en Palestine est une politique exécutée par un gouvernement parallèle, un contre-gouvernement qui nous prive de nos prérogatives et des droits de notre peuple. Il s'agit d'un complot», a-t-il ajouté.
Ces déclarations sont intervenues quelques heures après que M. Abbas eut annulé une décision du gouvernement sur la formation d'une nouvelle force de sécurité formée de volontaires de différentes factions armées.
M. Abbas a estimé que les décisions du ministre de l'Intérieur, Saïd Siam, de former cette force et de nommer un activiste recherché par Israël pour la contrôler étaient «illégales et anticonstitutionnelles», assurant que M. Siam avait outrepassé ses «prérogatives».
Le gouvernement du Hamas a au contraire affirmé que ces décisions étaient conformes à la loi fondamentale palestinienne, laissant sous-entendre qu'il ne se plierait pas à la volonté de la présidence.
«La décision de former cette force est conforme à la loi, aux intérêts nationaux et est une décision concertée», a affirmé vendredi soir le porte-parole du cabinet Ghazi Hamad.
«Le coup d'Etat militaro-sécuritaire soutenu par les sionistes et les Américains ne réussira pas et le peuple palestinien mettra le complot en échec», a ajouté à Damas M. Mechâal, avant de lancer violemment: «Ceux qui estiment que l'échec de ce gouvernement leur permettra de réintégrer le pouvoir sur un tapis rouge israélo-américain se trompent».
Ces déclarations ont provoqué l'ire des militants du Fatah de M. Abbas et des responsables du parti.
Environ 500 membres des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, lié au Fatah, ont défilé dès vendredi soir dans le centre-ville de Ramallah, en Cisjordanie, pour exprimer leur soutien à M. Abbas.
«Vive le président Abbas», «Khaled Mechâal veut provoquer la guerre civile», ont crié les manifestants.
En Cisjordanie, quelque 700 militants du Fatah leur ont emboîté le pas samedi à Naplouse et 600 autres à Tulkarem en scandant : «Mechaal est vendu à la Syrie et à l'Iran».
Les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa ont en outre demandé samedi des «excuses» de Mechaal et «des explications» au Premier ministre Ismaïl Haniyeh, affirmant que ces déclarations ne font «qu'aider l'occupation sioniste».
Elles ont aussi accusé le chef politique du Hamas d'inciter à la «sédition interne avec l'argent iranien».
Le conseil révolutionnaire du Fatah a également estimé dans un communiqué que les accusations de M. Mechâal avaient «pour but de provoquer des tensions dans les territoires palestiniens et déclencher une guerre civile».
Il a qualifié ses propos d'»hystériques», et jugé son discours «rempli de complots, de calomnies, de mensonges et de tromperies».
Au milieu de ces échanges verbaux, le vice-Premier ministre Nasseredine Al-Chaër, s'est voulu apaisant. «Les déclarations de Khaled Mechaal ne représentent pas la vision du gouvernement palestinien», a-t-il dit à des journalistes.
Il a appelé les différents groupes armés et partis palestiniens à «préserver l'unité nationale et à protéger les intérêts supérieurs du peuple palestinien».
Mis en ligne le 22 avril 2006, par











