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Propagande/Désinformation
Oui, la Suisse est trop sévère avec Israël, Klaus Netter
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Courrier des lecteurs, paru dans la Tribune de Genève

vendredi 11 mars 2005

C’est à une lettre de Paul Berthoud (ancien directeur au secrétariat des Nations unies), parue dans une édition antérieure de la Tribune de Genève, que réagit le présent écrit de Klaus Netter. Intitulée "Sommes-nous trop sévères à l’égard d’Israël ?", cette lettre de lecteur, particulièrement désobligeante et injuste envers l’Etat d’Israël, n’est pas accessible sur le Net, mais on peut en lire un extrait sous la plume d’un journaliste algérien, qui le cite avec éloges [1]. Il faut lire avec attention cette excellente réplique aux accusations incessantes dont est l’objet l’Etat d’Israël, réputé, à tort et au mépris des évidences historiques, être l’unique responsable du conflit palestino-israélien et de la souffrance de la population palestinienne. De manière machiavéliquement habile, les ennemis irréductibles de l’Etat juif ont su tirer parti des mesures drastiques, pénibles, voire douloureuses pour le peuple palestinien, qu’à dû prendre l’Etat juif pour défendre son existence, politique et physique, face aux tentatives multiformes et incessantes des pays arabes, en général, et de la direction politique palestinienne, en particulier, pour le déstabiliser, démoraliser sa population et affaiblir son économie, par une guerre de harcèlement. Le résultat en est une détérioration sans précédent de l’image et de la réputation d’Israël, ignominieusement salie par des campagnes internationales de diabolisation, très largement relayées dans l’opinion publique par des ONG complaisantes et une presse partisane, qui font totalement abstraction non seulement de la genèse de ce conflit, mais de la responsabilité écrasante des pays arabes et de la direction palestinienne dans son envenimement, depuis la Guerre des Six Jours, en 1967. Klaus Netter remet opportunément les pendules à l’heure. Mais qui consulte encore l’horloge de la vérité historique ? Menahem Macina.


Dans une récente et récurrente analyse de la situation au Proche-Orient (Tribune de Genève, 11 février), M. Paul Berthoud, un ancien collègue du Palais des Nations, considère qu'Israël est à la fois l'«agresseur» et l'«oppresseur», alors que les Palestiniens ne se sont rendus coupables que d'«errements» [1]. Pourquoi ce déséquilibre dans l'appréciation?

M. Joschka Fischer, ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, avait bien dit que celui qui jette tout le blâme pour ce conflit sur une des deux parties, indique par là-même qu'il n'a rien compris au fond du problème.

A-t-on oublié que le rôle d'occupant est la conséquence directe des trois Non (Non à la paix, Non aux négociations et Non à la reconnaissance de l'Etat d'Israël) décrétés par le Sommet arabe de Khartoum (septembre 1967), auquel avait participé l'OLP?

Cette résolution répondait à la proposition israélienne du 19 juin 1967, quelques jours après la guerre des Six Jours, proposant la restitution du Golan à la Syrie, du Sinaï à l'Egypte et de la quasi-totalité de la Cisjordanie à la Jordanie; tout ceci en échange d'un traité de paix, de l'établissement de relations normales et de la garantie de la libre navigation à travers le détroit de Tiran (casus belli). A ce moment-là, le problème de la colonisation des territoires occupés ne se posait même pas, puisqu'il n'y en avait point.

Se souvient-on des «errements» politiques commis lors de la première guerre du Golfe, lorsque M. Arafat avait fait cause commune avec l'agresseur du Koweït, pays qui fournissait une grande partie de ses finances ? M. Mahmoud Abbas s'est vu, du reste, contraint d'exprimer ses regrets, en décembre 2004, pour ces «errements» de son prédécesseur.

A-t-on oublié que la Seconde Intifada – cette série d'attentats monstrueux contre des civils – a été déclenchée en pleine négociation qui devait aboutir au Plan Clinton accepté par Israël, mais rejeté par M. Arafat ? Est-il besoin de rappeler que ce Plan prévoyait le retour aux Palestiniens de la quasi-totalité des territoires occupés, le partage de Jérusalem, avec l'installation du gouvernement palestinien dans cette ville, et surtout le droit de retour des réfugiés vers le nouvel Etat palestinien ainsi créé?

Alors, on a le droit de s'interroger: comment expliquer qu'en cette période d'espoir pour un règlement pacifique du conflit, votre invité refuse d'admettre que l'atmosphère politique créée par M. Abbas est nettement différente de celle qui régnait sous son prédécesseur?

Comment est-il possible de condamner sans appel l'érection de la barrière de séparation sans rappeler la raison même de sa construction, les centaines d'attaques meurtrières contre la population civile israélienne ? Pas un mot non plus sur le déplacement de la barrière, imposé par une décision de la Cour suprême d'Israël, ramenant le pourcentage du territoire palestinien séparé par la barrière de 16% à 7% (The Economist, 26.02.05). Nous sommes loin des 40% estimés par votre correspondant. Peut-on ignorer que le nombre d'attentats est tombé de 80% depuis la construction de cette barrière tant contestée?

M. Berthoud fait un amalgame un peu trop facile entre les résolutions du Conseil de Sécurité adressées aux deux parties, seules résolutions ayant un caractère contraignant, d'une part, et la pléthore de condamnations concoctées par le bloc arabo-islamique, qui peut mobiliser une majorité automatique au sein de l'Assemblée générale et de la Commission des droits de l'homme, d'autre part.

Est-ce que la «désinformation» dont M. Berthoud se plaint comprend le manque d'information sur le veto suisse, encore la semaine dernière, à l'admission d'Israël dans le groupe d'Etats occidentaux au sein de la Commission des droits de l'homme, ce qui place Israël dans la situation unique de n'appartenir à aucun groupe régional, et partant, non éligible à la Commission, qui compte pourtant dans ses rangs des parangons de la défense des droits de l'homme, comme, p. ex., le Zimbabwe, le Soudan ou encore Cuba ?

Faut-il rappeler la récente visite à Ramallah de Mme Calmy-Rey et son hommage appuyé envers celui qui a laissé régner la peur, la violence et laissé commettre des actes terroristes infâmes pendant quatre ans ? Alors, à la question rhétorique de votre invité relative à l'excès de sévérité de la Suisse envers Israël, vos lecteurs auront répondu par eux-mêmes.

Klaus Netter *


© Tribune de Genève


* ancien Directeur adjoint à l’ONU.

[Texte aimablement communiqué par Yigal Palmor.]

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Note de la Rédaction d’upjf.org

[1] Extrait de la lettre de Paul Berthoud, parue dans la Tribune de Genève du 11 février 2005 (source : Abdelhak Benelhadj, "De la sous-information comme forme de désinformation", El Watan (www.elwatan.com), 27 février 2005 :

«A l’occasion de la visite au Proche-Orient de la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, le gouvernement israélien s’est plaint des jugements hostiles portés en Suisse sur Israël [...] Il est vrai que l’opinion, en Suisse, dans ses diverses expressions, est aujourd’hui beaucoup plus critique de la politique du gouvernement israélien qu’il y a une dizaine d’années [...] Le souvenir de la Shoah pesait comme une chape de plomb sur la question et rendait difficile une appréciation objective de ses paramètres fondamentaux [...] Figée dans la compassion qu’évoque naturellement le traitement atroce subi par le peuple juif pendant la Seconde Guerre mondiale, culpabilisée aussi en face d’une abomination qui avait germé dans la culture chrétienne occidentale, l’opinion semblait incapable d’apprécier d’une manière objective l’évolution de la question de la Palestine [...]
Dans l’affrontement qui déchire actuellement le Proche-Orient, Israël est l’occupant et le peuple palestinien l’occupé, Israël, l’oppresseur, et le peuple palestinien, l’opprimé. L’occupant poursuit inlassablement, depuis plus de trente-sept ans, l’accaparement progressif de portions de la terre palestinienne et le contrôle de sa population, et bafoue, ce faisant, avec arrogance, le droit international, au mépris de la communauté des nations
[…] La Suisse place le respect et le développement du droit international parmi les éléments importants de sa politique étrangère, et il n’est guère surprenant que l’opinion suisse s’indigne des actions d’un gouvernement qui met au défi [lire : «qui défie» NDLR d’upjf.org] la communauté internationale avec autant de persistance et autant de désinvolture.
Le poids du passé, les silences dont la situation dans les territoires occupés fait l’objet, et la désinformation à laquelle nous sommes constamment exposés au sujet des positions et des intentions des parties nous empêchent encore trop souvent de nous prononcer sur les actions du gouvernement israélien avec la sévérité qu’elles méritent.»


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Mis en ligne le 07 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
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