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Propagande/Désinformation
Sept mensonges sur Jénine, par le Dr David Zangen
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Maariv, 8 novembre 2002

Traduit de l'hébreu par Nicole Baranes (Israël), pour "Etoile-liante"

Voir aussi: "Une haine trop profonde", par Sol Liebgott.


David Zangen a assisté à la projection du film « Jénine Jénine » et est revenu choqué.

J’ai vu le film « Jénine Jénine », de Mohammed Bakri, dans un forum restreint avec la directrice de la cinémathèque de Jérusalem, Lia Van Leer, et quelques journalistes. Au terme de la projection privée de ce film, j’ai réagi et ai dénoncé les mensonges un par un ainsi que le manque d’exactitude.
Une des participantes est intervenue avec colère « Si vous n'acceptez pas les faits de ce film, apparemment vous ne comprenez rien et comment est-il possible que vous soyez médecin ? »
Durant un court instant, j’oubliai que je me trouvais à Jénine au mois d’avril dernier. Je servais alors en tant que médecin de la division régionale et cette honorable spectatrice se nourrissait tout au plus de rumeurs. Bakri tisse en même temps des mensonges et des demi-vérités avec un tel art d’expert qu’il est très difficile de ne pas se laisser séduire par l’image déformée qu’il produit.
Je n’ai pas réussi à convaincre la direction de la cinémathèque d’annuler la projection. On m’a dit que les images des maisons détruites étaient authentiques, c’est pourquoi il y a une part de vérité dans le film, et puis de toute façon le film sera projeté dans le monde entier.

J’ai été invité a la première du film à Jérusalem et j’y ai participé afin d’exposer ma position.

Voici quelques points que j’ai voulu présenter au public.

1) Le directeur de l’hôpital de Jénine, de docteur Abou Ralli, affirme dans le film que l’aile ouest de l’hôpital a été bombardée et détruite et que Tsahal a intentionnellement touché l’alimentation en eau et électricité de l’hôpital.
Non seulement il n’existe pas mais il n’a jamais existé d’aile-ouest de l’hôpital. Et de toute manière aucune partie de l’hôpital n’a été bombardée et encore moins été la cible de tirs. Les soldats de Tsahal ont justement veillé à ne pas pénétrer dans cette zone, bien qu’elle servît d’abri à des terroristes recherchés. Nous avons fait en sorte que l’hôpital ne manque pas d’eau, d’électricité ni d’oxygène pendant toute la durée des combats.
Nous avons même aidé à l’installation d’un générateur d’urgence lorsque le système électrique de la ville fut détérioré. Bakri lui-même apparaît dans le film, dans les couloirs entretenus et propres de l’hôpital, mais pas dans le secteur soi-disant bombardé. Je lui ai demandé s’il avait visité l’aile-ouest de l’hôpital. Au début, il m’a répondu que non et, tout de suite après, il s’est repris: «attendez, vous souvenez-vous de la vitre qui s’est brisée dans le film? Elle vient de là-bas.»
Il est important de préciser qu’Abou Ralli fait office de source autorisée en ce qui concerne le fondement de la thèse du massacre.
Au début de l’opération, il avait été interviewé par la chaîne de télévision Al Jazira et avait fait état de milliers de morts.

2) Un autre extrait impressionnant du film rapporte l’interview d’un habitant de Jénine, âgé de 75 ans, qui pleure amèrement et raconte qu’il a été sorti de son lit en pleine nuit, qu’on lui a tiré dans la main, et que faute d’avoir réussi à obéir aux injonctions des soldats lui intimant l'ordre de se lever, il a été blessé au pied par balle.
J'ai rencontré ce vieillard. On me l’a amené après l’opération de désinfection d’une des maisons du Hamas, dans le camp des réfugiés. Il était en effet légèrement blessé à la main et souffrait d’une égratignure au pied, qui ne provenait en aucun cas d’un tir par balle. Les soldats de Tsahal l’ont transporté à un poste protégé pour s’occuper de ses blessures et il a été soigné en partie par moi. Un des médecins militaires a diagnostiqué chez lui une insuffisance cardiaque. Nous avons tout de suite proposé de le transporter à l’hôpital d'Emek Afula. Il a demandé à être pris en charge à hôpital de Jénine, du fait qu’il ne connaissait pas bien l’hébreu. Après que l’hôpital de Jénine ait refusé de le prendre, nous l’avons transporté à Afula. Il est resté trois jours dans le service interne de hôpital pour des soins relatifs à son problème cardiaque et à une anémie dont il souffrait, suite à une autre maladie chronique.

3) Une autre personne interviewée dans le film fait mention d’un bébé atteint à la poitrine par une balle de fusil qui lui a traversé le corps et a laissé un trou dans son dos.
Toujours d’après le film, le bébé serait décédé à cause des soldats qui auraient l’empêchement qu'on le transporte à l’hôpital.
Le corps de ce tel bébé n’a jamais été trouvé.
De plus, si l'enfant avait subi une telle blessure, il est évident qu’elle aurait été mortelle et, par conséquent, le fait de le transporter à l’hôpital ne lui aurait pas sauvé la vie.
Quel est le nom de ce bébé? Où est passé son corps?

4) Le même interviewé rapporte aussi qu'il a ouvert, avec son doigt, un conduit d’air dans le cou d'un enfant blessé, pour lui permettre de respirer.
Encore une totale affabulation : ce type d'intervention est impossible à réaliser avec un doigt.
Le même «témoin» raconte que des tanks ont écrasé des gens vivants, faisant marche avant et marche arrière sur les corps jusqu’a écrasement total. Mensonge éhonté!

5) Le film fait mention de fosses communes, que Tsahal aurait creusées pour y ensevelir des morts palestiniens.
Toutes les instances internationales qui ont enquêté à ce sujet sont d’accord pour affirmer qu’à Jénine il y a eu 52 morts palestiniens et que tous les corps ont été remis aux Palestiniens afin d’être enterrés.
Bakri ne se donne pas la peine de montrer l’emplacement des dites fosses.

6) Le film prétend que des avions israéliens ont bombardé la ville.
C’est faux. Afin de limiter au minimum le nombre des victimes civiles, l’armée s’est servie d’hélicoptères au tir précis.

7) Bakri n’était pas présent à Jénine, au moment de l’opération «Mur de Protection». Il n'est arrivé à Jénine que deux semaines après la fin de opération.
Dans les photographies qu’il a prises, il montre le terrain détruit au centre de la ville de telle manière qu’il semble beaucoup plus grand qu’il ne l’est en réalité. De plus on ne voit pas les photos des shahids [martyrs] et les slogans du Djihad qui remplissaient les murs au moment de l’opération.
Le film procède, encore et toujours, à une manipulation des images de chars photographiés dans d’autres endroits et les juxtapose artificiellement à des photos d’enfants palestiniens.
De façon générale, il s’agit d’une manipulation grossière, même si elle est bien faite.

A la fin de la projection du film, des centaines de spectateurs ont applaudi longuement Bakri et le monteur du film. Bakri s’est tourné vers l’auditoire et a demandé s’il y avait des questions. Je me suis présenté, je suis monté sur l’estrade et j’ai commencé à recenser de façon systématique les mensonges et les inexactitudes du film.
Au départ il y avait des murmures dans le public, puis les insultes commencèrent à fuser. On me traita d’assassin, de criminel de guerre etc.
Je n’avais pas encore terminé d’exposer le deuxième point qu’une personne de l’auditoire est montée sur l’estrade. Elle était très agressive et a essayé de m’arracher le micro des mains. J’ai décidé de ne pas me laisser aller à la violence; je l’ai laissé prendre le micro et suis descendu de l’estrade. J’ai été surpris de constater qu’une faible poignée de gens se sont élevés contre cette atteinte au droit à la parole et à la liberté d’expression.
J’ai été choqué de voir que le public n’était pas prêt à écouter les faits rapportés par une personne qui était présente au moment de l’opération.
Il m'a été pénible, en tant qu’homme, et douloureux, en tant que médecin, de m'entendre traiter d'«assassin».

J’ai dit que je n’ai assassiné personne, mais les cris se sont enflammés et une haine indescriptible s'est déchaînée contre moi.
Une sensation dure m’accompagne et ne me quitte pas depuis. Je ne regrette pas d’être venu à la cinémathèque ce soir-là. Je suis convaincu que certains de ceux qui m’ont entendu ont changé d'avis à propos des «faits» contenus dans le film.
Je suis sûr que d’autres gens ont été consternés du manque de tolérance dont a fait preuve le public, et malgré cela, il m’est dur de constater qu’ils ont constitué une minorité silencieuse.
Permettez-moi d’exprimer ce que je n’ai pas réussi à dire, ce même soir, a ces personnes animée par la haine.
Je suis fier d’avoir fait partie des forces excellentes et de haute moralité qui ont opéré à Jénine; des soldats de métier et des réservistes pleins de motivation et d’esprit de combat, qui sont allés détruire l’infrastructure du terrorisme dans son fief.
C'est de Jénine que provenaient beaucoup de kamikazes qui ont tué, dans les rues de nos villes, des hommes des femmes et des enfants.
Je suis fier que nous soyons allés là-bas et que nous ayons combattu. Je suis fier aussi de notre conduite morale tout au long des combats. Le camp n’a pas été bombardé par les avions pour empêcher le massacre de civils innocents.
Nous n’avons pas utilisé non plus l’artillerie, bien que nous connaissions avec précision les zones du camp où se barricadaient les terroristes.
Les soldats se sont battus contre les terroristes et uniquement contre eux.
En prélude à la démolition d’une maison d'où provenaient des tirs dirigés contre nos soldats, nous lancions plusieurs avertissements et donnions aux terroristes la possibilité de sortir indemnes.
L’équipe médicale a porté de l’aide à tous les blessé###ême s’ils portaient des tatouages du Hamas sur les mains.
A aucun moment les secours médicaux n'ont été entravés. Ce combat, à la fois héroïque et moral, nous a coûté très cher, car nous avons perdu certains de nos meilleurs les meilleurs combattants!
Nous qui étions là-bas, ceux qui sont tombés au combat, leurs familles et Tsahal ne méritons pas que Mohammed Bakri incite le monde au meurtre et la haine.

[Merci à Jean-Pierre Chemla, qui nous a transmis cet article.]
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