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Propagande/Désinformation
La bataille de Jénine : Rapport palestinien
Enquête et analyse / Recherches sur le djihad et le terrorisme/Autorité Palestinienne N° 90, 25 avril 2002 [Nous avions mis en ligne récemment la version anglaise de ce texte, déjà publié par IMRA. Fidèle à son souci de donner une grande diffusion à ces publications, cet organisation méritante en publie aujourd'hui une version française, que nous reproduisons ci-après. La version anglaise est placée immédiatement après la traduction française. Menahem]
Ces derniers temps, les médias arabes se sont longuement étendus sur le « massacre » qu’aurait perpétré l’armée israélienne à Jénine. Parallèlement, de nombreux témoignages de commandants des factions palestiniennes à Jénine ont été publiés par la presse arabe, aussi bien pendant qu’après les affrontements. En voici des extraits :
L’opposition aux Forces de Défense Israéliennes
Le cheik Jamal Abu Al-Hija, commandant des Brigades Izz Al-Din Al-Qassem (du Hamas) au camp de réfugiés de Jénine, a révélé au site du Hamas, au cours d’une interview, que les membres des différentes factions, « rejoints par des volontaires des forces de sécurité palestiniennes », s’étaient préparés à l’éventualité d’une incursion israélienne. (1) Le cheik Abu Al-Hija a fourni des précisions supplémentaires au cours d’un entretien téléphonique accordé à Al-Jazira, la chaîne télévisée du Qatar, affirmant : «[Nous avons placé] des engins explosifs sur les routes et dans les maisons ; une surprise attend les forces de l’occupation. En divers endroits, des affrontements opposent moudjahidin (2) et forces de l’occupation… Les forces de l’occupation, prises de panique, fuient le camp de Jénine. Mais elles intensifient [leur action] en ayant recours à des bulldozers, des avions et des tanks contre le camp. Les combats se déplacent de quartier en quartier, comme dans une guérilla. Les moudjahidin utilisent des fusils automatiques, des engins explosifs et des grenades...» (3)
Al-Sharq al-Awsat, quotidien arabe diffusé à Londres, a cité le cheik Abu Al-Hija en ces termes : «Les forces de combat de toutes les factions du camp ont été équipées en ceintures d’explosifs et en grenades.» (4) Le cheik Abu Al-Hija a déclaré à l’hebdomadaire jordanien Al-Sabil : « Les moudjahidin ont assiégé une maison où se trouvaient neuf soldats sionistes, l’ont bombardée de grenades et de bombes jusqu’à ce que toute la maison soit en feu, avec les soldats de l’occupation dedans. Des témoins ont affirmé que les forces de l’occupation en ont extrait leurs soldats carbonisés et brûlés.» (5)
Des cartables bourrés d’explosifs
Abu Jandal, commandant du djihad islamique au camp de Jénine, (6) a été interviewé à plusieurs reprises par Al-Jazira au cours des combats. Dans l’un de ces entretiens, Abu Jandal a déclaré : «C’est le deuxième jour consécutif que les forces israéliennes d’occupation essaient [de pénétrer dans le camp] avec des hélicoptères Apache et des tanks. Mais la détermination des combattants, qui ont juré au début de la bataille qu’ils ne laisseraient pas [Tsahal] se rapprocher du camp, protège l’honneur de la nation… Il y a eu des tentatives [de progression] par plusieurs parcours différents, mais tous étaient bloqués. Le fait est que nos combattants sont passés à l’attaque ; aujourd’hui, nous avons lancé l’offensive. Le commandant de l’unité israélienne a été tué ce matin, à cinquante mètres de l’endroit d’où je vous parle. Moi, commandant de la bataille du camp de Jénine, ai choisi de m’appeler «martyr Abu Jandal», parce que tous les combattants qui m’entourent sont des martyrs. Croyez-moi quand je vous dis qu’il y a des enfants postés dans des maisons à côté de ceintures d’explosifs… Aujourd’hui, un enfant est venu me trouver avec son cartable ; je lui ai demandé ce qu’il voulait. Il m’a dit : 'Au lieu de livres, je veux un engin explosif, pour attaquer…'»
Quand on lui a demandé combien de temps ses hommes pourraient faire face aux forces israéliennes, munis qu’ils étaient de leurs seules armes légères, Abu Jandal a répliqué : «Non. Ce n’est pas vrai. Nous possédons l’arme de la surprise. Nous possédons l’arme de l’honneur. Nous possédons l’arme divine, l’arme d’Allah qui se tient à nos côtés. Nos armes sont meilleures que les leurs. C’est moi qui suis dans le vrai, et je place ma foi en Allah, alors qu’eux placent leur foi dans un tank.» (7)
Le cheik Abu Al-Hija a lui aussi affirmé : «Certains jeunes remplissaient résolument leurs cartables d’engins explosifs» (8) En une autre occasion, le cheik Abu Al-Hija s’est montré hésitant quant au nombre exact de victimes israéliennes : «Il est difficile de transmettre des données exactes et nous ne pouvons évaluer [le cours de] la bataille en comptant les pertes ennemies. Mais le fait que l’ennemi ait rapporté le nombre de 24 morts et 130 blessés confirme que ses pertes ont été importantes. La liste de l’armée d’occupation ne comporte que le nom des victimes juives, omettant les Druzes et des soldats du Lahad [l’armée du Sud Liban] qui ont participé à toutes les incursions et continueront de le faire à l’avenir. Nous estimons que les pertes ennemies sont beaucoup plus importantes. » (9)
Al-Sharq al-Awsat rapporte qu’à Jénine, une Palestinienne, du nom d’Ilham Ali Dasouqi, s’est fait exploser au milieu de soldats israéliens, faisant ainsi deux morts et six blessés. Le journal cite une source des Brigades de martyrs d’Al-Aqsa, qui explique : «Elle a suivi la voie de Nasser Uweis» qui, selon le même journal, se serait fait exploser à Naplouse, à proximité des soldats. (10) Uweis, commandant des Brigades de martyrs d’Al-Aqsa (dépendantes du Fatah) en Samarie, a toutefois été arrêté quelques jours plus tard : il semble que les rapports annonçant sa mort au cours d’un attentat suicide aient été conçus pour faciliter son évasion.
L’hebdomadaire Al-Ahram, subventionné par le gouvernement égyptien, a publié une interview d’Omar, jeune manchot artificier du Djihad islamique, connu pour être «ingénieur», qui raconte comment les Palestiniens ont truffé Jénine d’engins piégés, avec la participation des femmes et des enfants : (11) «Il est membre du Djihad islamique, mais affirme qu’à Jénine, toutes les factions étaient fidèles a une seule et même cause : la libération ou la mort… : 'De tous les combattants de la rive Ouest, nous étions les mieux préparés', dit-il, ajoutant : ‘Nous avons commencé à mettre notre plan à exécution : piéger les envahisseurs de l’armée et les faire sauter à partir du moment où les tanks israéliens se retireraient de Jénine, le mois dernier.' »
Le journal précise : «Omar et les autres 'ingénieurs' ont créé des centaines d’engins explosifs, puis ont soigneusement décidé de leur emplacement : ‘Nous avions plus de 50 maisons piégées autour du camp. Nous avons choisi de vieux immeubles vides et les maisons de ceux qui étaient recherchés par Israël, nous doutant que les soldats israéliens tenteraient de les retrouver', raconte Omar, qui poursuit : 'Nous avons sectionné des conduites d’eau, bourrant d’explosifs et de clous les morceaux coupés. Puis nous les avons placés à quatre mètres de distance les uns des autres, en truffant les maisons – [il y en avait] dans les placards, les lavabos, les canapés.' Les combattants espéraient rendre inutilisables les tanks de l’armée israélienne en plaçant des bombes beaucoup plus puissantes dans les poubelles de la rue. D’autres explosifs ont été cachés dans les voitures des hommes de Jénine les plus recherchés. Reliées à des fils électriques, les bombes étaient déclenchées à distance, grâce au courant fourni par la batterie d’une voiture.
D’après Omar, tous dans le camp, enfants compris, savaient où se trouvaient les explosifs, ce qui rendait nul le risque de victimes parmi les civils. Ce fut le seul point faible du plan : 'Nous avons été trahis par les espions qui se trouvaient parmi nous', dit-il. Plus d’un tiers des bombes ont eu leurs fils électriques coupés par les soldats, accompagnés de collaborateurs : 'Sans ces espions, les soldats n’auraient jamais pu pénétrer dans le camp. Une fois qu’ils étaient dedans, il était beaucoup plus difficile d’en assurer la défense.'»
«Que pouvez-vous dire de l’explosion et de l’embuscade de mardi dernier, qui ont fait treize morts parmi les soldats ? 'On les y a attirés', dit-il, 'Nous avons tous cessé de tirer et les femmes sont sorties dire aux soldats que nous étions à court de balles et que nous quittions les lieux.' Puis les femmes ont prévenu les combattants que les soldats avaient atteint l’endroit piégé. 'Quand les officiers supérieurs ont compris ce qui se préparait, ils ont crié dans les porte-voix qu’ils voulaient un cessez-le-feu immédiat. Nous les avons laissé venir à la rescousse de leurs hommes, puis avons ouvert le feu. Certains des soldats étaient si choqués et effrayés qu’ils se sont mis, par erreur, à courir vers nous.'»
Jamel Huweil, l’un des commandants des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa du camp de Jénine, a informé le quotidien arabe Al-Hayat, diffusé à Londres, que «quatre soldats israéliens ont été tués et que [des Palestiniens] se sont emparés de leurs armes automatiques. Les jeunes, avec leurs engins explosifs, ont aussi mis hors service quatre tanks israéliens.» (12)
Raïd Abbas, combattant issu de Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) du camp de Jénine, a rapporté au même quotidien : «Tous les combattants avaient juré de se battre jusqu’au bout… Nous n’avions d’autre choix que de nous battre, et tous les combattants ont pris leur décision en conséquence. Ce que l’on raconte sur des combattants qui se rendent est complètement faux. Si c’était vrai, comment expliquer que deux soldats israéliens aient été tués lundi matin ? Nous estimons que leurs pertes sont beaucoup plus importantes que ce qu’ils en disent. Nous nous battons à très peu de distance les uns des autres. Toutes leurs tentatives de rapprochement ont échoué ; nos combattants se font sauter devant eux et placent des engins explosifs sur les routes. La situation est terrible. Les forces de l’air [israéliennes] poursuivent leurs bombardements. Il y a quelques instants, ils ont envoyé plusieurs missiles qui ont mis le feu aux maisons.» (13)
Tous les Palestiniens interviewés ont insisté sur leur volonté de se battre jusqu’à la mort, même aux derniers moments de la bataille. Les propos du cheik Abu Al-Hija sont rapportés par Al-Bayan, quotidien des Emirats Arabes Unis, en ces termes : «A l’issue de ces jours de détermination et de résistance exceptionnelles, les combattants de Jénine réitèrent leur devise : 'Non à la capitulation – oui à la victoire ou au martyre.' Notre force vient de ce que nous sommes de vrais moudjahidin affrontant les nouveaux nazis.» (14) Des sources palestiniennes non identifiées ont ajouté : «Les combattants du camp sont à court de munitions et ont opté pour le martyre. Ils se battent avec des couteaux et des pierres, se font sauter devant les soldats de l’occupation.» (15) Haj Ali, l’un des commandants des Brigades d’Al-Qods du Djihad islamique, a déclaré que la résistance continuait avec la même intensité et ne permettrait pas aux soldats d’occupation de s’emparer du camp. (16)
Civils et combattants
Parmi les Palestiniens interviewés, certains ont évoqué la participation de la population civile aux combats. Toutefois, les rapports se contredisent sur la question du départ des civils :
Le cheik Abu Al-Hija affirme : « Les jeunes aussi ont joué un rôle déterminant dans le soulèvement. Ils ont refusé de quitter le camp avant l’incursion, et ont, pour la plupart, été arrêtés par les forces d’occupation… On n’a demandé à personne de rester ni de partir ; les combattants n’ont donné aucune instruction aux résidents. Ces derniers ont fait leur choix comme ils l’entendaient. Certaines femmes ont dû rester dans le camp pour servir les combattants. Les résidents se sont comportés de façon honorable : ils étaient décidés à rester sur place, à traverser toutes les épreuves aux côtés des moudjahidin et à les servir.
…Quand des moudjahidin se retrouvaient à court de munitions, ils sautaient dans les tanks pour arracher leurs armes aux soldats qui s’y cachaient. Il y a donc eu des combats à mains nues avec les soldats sionistes. Certains jeunes remplissaient résolument leurs cartables d’engins explosifs ; certains garçons sont restés quatre jours sans manger ni boire. Bien que les femmes aient su à quel point la situation était dure, elles ont, pour la majorité, préféré rester pour préparer à manger aux moudjahidin, leur amener à boire au risque de perdre la vie, et remonter le moral des combattants – ce qui les a beaucoup renforcés dans leur détermination. » (17)
D’autres Palestiniens ont toutefois rapporté que la plupart des civils avaient quitté le camp de réfugiés : Abd El-Salam, commandant des membres du Hamas dans le camp de Jénine, a déclaré que femmes, enfants et personnes âgées avaient quitté le camp, et que les combattants comptaient se battre jusqu’à ce que soit versée la dernière goutte de sang. (18) Abu Muhammad a, pour sa part, rapporté à Al-Jazira, de Jénine : «A chaque tentative d'approche de Tsahal, une surprise les attend : l’un des immeubles du camp de Jénine explose. Alors ils se ruent pour récupérer les cadavres et les blessés israéliens, se retirent, puis font venir des bulldozers qui détruisent sans discernement les maisons, que leurs habitants se trouvent ou non chez eux. Ils ont fait partir la plupart des civils [du camp de réfugiés], mais il reste quand même un grand nombre de civils dans le camp.» (19)
Raïd Abbas, commandant du FDLP, a précisé que les Israéliens «ont détruit plusieurs maisons. Ils essaient d’assouvir leur vengeance sur les civils. L’armée évacue de force [les résidents du] camp afin de se rapprocher le plus possible des combattants.» (20)
Parallèlement, le Djihad islamique a annoncé que son commandant à Jénine, Muhammad Tawalbeh, avait empêché les civils de quitter le camp. Le site Internet du Djihad islamique a annoncé la mort de M. Tawalbeh, alors que ce dernier faisait sauter sa maison piégée, en présence de soldats israéliens, le 6 avril. Le commentaire suivant accompagne l’annonce de sa mort : «Tawalbeh avait déjoué toutes les tentatives de l’occupation visant à évacuer les résidents, car les Israéliens auraient alors facilement pu détruire le camp et avec, les combattants.» (21)
L’avenir de la lutte[/]
Le cheik Abu Al-Hija a insisté sur le fait qu’il fallait tirer les leçons de la bataille du camp de réfugiés de Jénine : « Nous sommes fiers [de cette bataille], et nous espérons qu’elle servira d’exemple aux autres villes, afin que là-bas aussi les résidents se préparent matériellement et psychologiquement à l’affrontement. Nous devons apprendre de cette bataille, et je souhaite que l’opposition de ces quelques dizaines de combattants à l’armée la plus arrogante de la région serve de leçon aux armées arabes. Les peuples arabes doivent tirer la leçon de telles victoires pour ne pas rester prisonniers de régimes qui leurs refusent [l’exercice de] leurs droits les plus élémentaires.
Le camp a reçu un coup dur, mais même si ce coup nous avait tués, il n’aurait pas eu raison de la résistance armée. Dans peu de temps ses rangs se rempliront [de nouveau], quand une nouvelle génération se chargera du soulèvement, brandissant de nouveau notre drapeau. Ceci n’est ni la première bataille, ni la dernière. Notre peuple ne se calmera que quand sa terre sera libérée et indépendante.» (22)
Abu Ahmed, l’un des dirigeants des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa à Jénine, a déclaré à un journaliste d’Al-Intiqad, hebdomadaire du Hezbollah, au cours d’un entretien téléphonique : «La résistance palestinienne va perpétrer d’autres opérations comme l’opération martyre de Haïfa, pour montrer qu’elle existe toujours, qu’elle conserve sa force et sa capacité, en dépit des coups [reçus]. L’opération martyre d’Andalib Taqatqah [à Mahané Yehouda, marché de Jérusalem] prouve la capacité des Brigades [martyres d’Al-Aqsa] à frapper l’entité [sioniste] à n’importe quel moment, n’importe où… Les opérations martyre ont été inventées pendant l’occupation sioniste de la rive Ouest, et il importe peu que les [forces] se trouvent dans les villes ou à l’extérieur des villes.» (23)
Ali Safouri, commandant des Brigades d’Al-Qods du Djihad islamique dans le camp de Jénine, a révélé sur le site Internet du Djihad islamique, au début des affrontements : «Nous réservons des surprises à l’ennemi. Nous sommes décidés à lui rendre au double [ce qu’il nous a infligé] et à lui donner une leçon qu’il ne sera pas prêt d’oublier. Nous allons l’atteindre en profondeur : à Jérusalem, à Haïfa et Jaffa, partout. Qu’ils soient les bienvenus : nous avons préparé, spécialement pour eux, un cimetière dans le camp de Jénine. Nous avons juré sur les martyrs d’instaurer le couvre-feu sur les villes sionistes et de venger chaque goutte de sang versé sur notre terre sacrée. Nous appelons les soldats de Sharon à lui désobéir parce qu’une incursion dans le camp de Jénine… la capitale des [opérations-] martyre, serait leur dernière action avant de mourir.» (24)
Dans une interview accordée à Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, le Dr Ramadan Abdallah Shalah, dirigeant du Djihad islamique, a tenu les propos suivants : «Les combattants du camp de Jénine nous ont dit qu’il s’agissait d’une bataille où l’on 'frappe sans fuir’', qu’ils se battaient jusqu’à la dernière goutte de sang et jusqu’à la dernière balle – et c’est [effectivement] ce qu’ils ont fait. L’ennemi sioniste s’imagine qu’il nous prépare un Massada palestinien, que nous avons décidé de nous suicider, mais nous lui disons qu’il se trompe : nous ne créons pas un Massada palestinien, mais une Karbala (25) palestinienne, qui hâtera [l’avènement du] deuxième Massada juif… jusqu’à ce que l’entité sioniste cesse d’exister… Aujourd’hui a eu lieu la renaissance du camp de Jénine, non sa destruction…» (26)
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Notes
(1) www.palestine-info.info, le 20 avril 2002
(2) c.-à-d. les guerriers de djihad
(3) Al-Jazira (Qatar), le 8 avril 2002
(4) Al-Sharq al-Awsat (Londres), le 7 avril 2002
(5) Cité dans Al-Shaab (Egypte), le 19 avril 2002
(6) Le rapport hebdomadaire du Centre palestinien des droits de l’homme fait état de violations des droits de l’homme par Israël dans les territoires palestiniens occupés, 11-17 avril 2002. Après que fut rapportée sa mort au combat, son vrai nom a été révélé comme étant Hazem Ahmed Rayhan Qabha.
(7) Al-Jazira (Qatar), le 4 avril 2002
(8) www.palestine-info.info, le 20 avril 2002
(9) www.palestine-info.info, le 20 avril 2002
(10) Al-Sharq al-Awsat (Londres), le 7 avril 2002
(11) www.ahram.org.eg/weekly/2002/582/6inv2.htm
(12) Al-Hayat (Londres), le 5 avril 2002
(13) Al-Hayat (Londres), le 9 avril 2002
(14) Al-Bayan (Emirats Arabes Unis), le 10 avril 2002
(15) Al-Bayan (Emirats Arabes Unis), le 11 avril 2002
(16) Al-Jazira (Qatar), le 8 avril 2002
(17) www.palestine-info.info, le 20 avril 2002
(18) Al-Jazira (Qatar), le 8 avril 2002
(19) Al-Jazira (Qatar), le 8 avril 2002
(20) Al-Hayat (Londres), le 9 avril 2002
(21) www.jihadonline.com, le 10 avril 2002
(22) www.palestine-info.info, le 20 avril 2002
(23) Al-Intiqad (Liban), le 19 avril 2002
(24) www.qudsway.com, le 3 avril 2002
(25) Au cours de la bataille de Karbala (en 680), Hussein, qui dirigeait les Shiitels, a été canonisé.
(26) Télévision Al-Manar (Liban), le 10 avril 2002, cité sur www.jihadonline.com
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The Palestinian Account of the Battle of Jenin
Inquiry & Analysis – Jihad and Terrorism Studies/Palestinian Authority, 4/24/02, No. 90
The Palestinian Account of the Battle of Jenin
The Arab media has in recent days focused much attention on the consequences of the Jenin refugee camp battle, which according to their reports, resulted in a massacre, perpetuated by the Israeli army. At the same time, the Arab media published numerous testimonies given by commanders of the Palestinian factions in Jenin, both during the conflict and after it ended, regarding the fighting. Following are excerpts from these accounts:
Fighting the IDF
Sheikh Jamal Abu Al-Hija, the commander of the Hamas Izz Al-Din Al-Qassam Brigades in the Jenin refugee camp, told the Hamas website in an interview that the members of the various factions, "along with volunteers from the Palestinian security forces," prepared in advance for the Israeli incursion.[1] Sheikh Abu Al-Hija provided more details on the fighting by phone to the Qatari television channel Al-Jazeera, saying, "[We placed] explosive devices on the roads and in the houses; surprises [await] the occupation forces. In several places, there are clashes between the Mujahideen[2] and the occupation forces… The occupation forces flee in panic from the Jenin camp – but they escalate by using tractors, airplanes, and tanks against the camp. The truth is that the fighting is being conducted from neighborhood to neighborhood, like guerilla warfare. The Mujahideen are using automatic rifles, explosive devices, and hand grenades…"[3]
The London based Arabic-language daily Al-Sharq Al-Awsat quoted Sheikh Abu Al-Hija as saying, "The fighting forces, from all the factions in the camp, have been equipped with explosive belts and grenades."[4] Sheikh Abu-Al-Hija told the Jordanian weekly Al-Sabil, "The Mujahideen managed to besiege nine Zionist soldiers inside one of the houses, and attacked them using hand grenades and bombs until the entire house went up in flames with the soldiers of the occupation inside. Witnesses said that the occupation forces extracted the soldiers charred and burned."[5]
Palestinian Children and School Bags Filled with Explosives
The Islamic Jihad commander in the Jenin refugee camp, Abu Jandal,[6] was interviewed several times by Al-Jazeera during the fighting. In one conversation, Abu Jandal said: "This is the second successive day that the Israeli occupation forces are trying [to enter the camp] with the help of Apache helicopters and tanks. But the steadfastness of the fighters, who swore at the beginning of the battle not to permit [the IDF] to advance towards this camp, defends the honor of the Arab nation from the alleys of the Jenin refugee camp. There were several attempts from several routes, but these were blocked. The truth is that our fighters have switched to an offensive; today we went on the offensive. The Israeli unit commander was killed this morning, 50 meters from the place from which I am speaking to you. I, the commander of the battle of the Jenin camp, have chosen for myself the name 'The Martyr Abu Jandal,' because all the fighters around me are martyrs. Believe me, there are children stationed in the houses with explosive belts at their sides… Today, one of the children came to me with his school bag. I asked him what he wanted, and he replied, 'Instead of books, I want an explosive device, in order to attack…'"
Asked how long his men would be able to stand against the Israeli military when all they had were light weapons, Abu Jandal replied: "No. That's not true. We have the weapon of surprise. We have the weapon of honor. We have the divine weapon, the weapon of Allah who stands at our side. We have weapons that are better than theirs. I am the one with the truth, and I put my faith in Allah, while they put their faith in a tank."[7]
Sheikh Abu Al-Hija also stated, "Some of the youths stood fast, and filled their school bags with explosive devices."[8] On another occasion, Sheikh Abu Al-Hija had difficulty assessing the number of Israeli victims: "It is hard to provide accurate data, and we cannot assess the battle by counting enemy losses. But the enemy's acknowledgement of 24 killed and 130 wounded attests that it has taken many losses. The list announced by the occupation army includes only the names of the Jews [killed] and disregards the names of the Druze and the Lahad soldiers [i.e. South Lebanon Army] who participated in all past incursions and [will participate] in the future as well. Our estimate is that the enemy has suffered much greater losses."[9]
Al-Sharq Al-Awsat reported that in Jenin, a Palestinian woman named Ilham 'Ali Dasouqi had blown herself up among Israeli soldiers, killing two and wounding six. The paper quoted a source in the Al-Aqsa Martyrs Brigades, who said that she had "followed the path of Nasser 'Uweis," who the paper said had blown himself up near soldiers in Nablus.[10] However, 'Uweis, the commander of Fatah's Al-Aqsa Martyrs Brigades in Samaria, was arrested several days later. It appears that the reports of his death in a suicide bombing were an attempt to facilitate his escape.
The Egyptian government-sponsored Al-Ahram Weekly ran an interview with "Omar," a young, one-armed Islamic Jihad bomb maker known as an 'engineer' who discussed how the Palestinians booby-trapped Jenin, including the participation of women and children in the battles.[11] "He is a member of the Islamic Jihad, but says in Jenin all the factions were loyal to only one cause: liberation or death…' Of all the fighters in the West Bank we were the best prepared,' he says. 'We started working on our plan: to trap the invading soldiers and blow them up from the moment the Israeli tanks pulled out of Jenin last month.'"
The newspaper explained: "Omar and other 'engineers' made hundreds of explosive devices and carefully chose their locations. 'We had more than 50 houses booby-trapped around the camp. We chose old and empty buildings and the houses of men who were wanted by Israel because we knew the soldiers would search for them,' [Omar] said. 'We cut off lengths of main water pipes and packed them with explosives and nails. Then we placed them about four meters apart throughout the houses – in cupboards, under sinks, in sofas.' The fighters hoped to disable the Israeli army's tanks with much more powerful bombs placed inside garbage bins on the street. More explosives were hidden inside the cars of Jenin's most wanted men. Connected by wires, the bombs were set off remotely, triggered by the current from a car battery."
"According to Omar, everyone in the camp, including the children, knew where the explosives were located so that there was no danger of civilians being injured. It was the one weakness in the plan. 'We were betrayed by the spies among us,' he says. The wires to more than a third of the bombs were cut by soldiers accompanied by collaborators. 'If it hadn't been for the spies, the soldiers would never have been able to enter the camp. Once they penetrated the camp, it was much harder to defend it.'"
"And what about the explosion and ambush last Tuesday which killed 13 soldiers? 'They were lured there,' he says. 'We all stopped shooting and the women went out to tell the soldiers that we had run out of bullets and were leaving.' The women alerted the fighters as the soldiers reached the booby-trapped area. 'When the senior officers realized what had happened, they shouted through megaphones that they wanted an immediate cease-fire. We let them approach to retrieve the men and then opened fire. Some of the soldiers were so shocked and frightened that they mistakenly ran towards us.'"
Jamal Huweil, an Al-Aqsa Martyrs Brigades commander in the Jenin camp, told the London-based Arabic-language daily Al-Hayat that "four Israeli soldiers were killed and [the Palestinians] took their automatic weapons. The youths with the explosive devices also put four Israeli tanks out of commission."[12]
Raed 'Abbas, a fighter from the Democratic Front for the Liberation of Palestine (DFLP) in the Jenin camp, told Al-Hayat, "All the fighters were sworn to fight to the end… We have no choice but to fight, and this is the decision of all the fighters. The talk of fighters surrendering is completely untrue. If it were true, how come two Israeli soldiers were killed Monday morning? We estimate that their losses are much greater than what they are reporting. Battles between them and us are being waged at extremely short range. They have failed in all their attempts to advance, and our fighters are blowing themselves up in front of them and planting explosive devices on the roads. The situation is extremely dire. The [Israeli] air force is continuing its bombing. A few moments ago they launched several missiles, which set fire to many houses."[13]
All the Palestinians who were interviewed emphasized their intent to fight to the death, even in the last days of the battle. Sheikh Abu Al-Hija was quoted by the United Arab Emirate (UAE) daily Al-Bayan as saying, "After these days of steadfastness and unique resistance, the fighters in Jenin reiterate their motto: 'No surrender – either victory or martyrdom.' Our strength lies in our being true Mujahideen in the face of the new Nazis."[14] Unidentified Palestinian sources added, "The ammunition of the fighters in the camp has run out, and they have chosen martyrdom. They are fighting with knives and stones, and blowing themselves up in front of the soldiers of the occupation."[15] Haj 'Ali, a commander of the Islamic Jihad's Al-Quds Brigades, said that the Palestinian resistance persists in its intense fighting, and will not permit the soldiers of the occupation to take over the camp."[16]
Civilians and Fighters
Some of the Palestinian's interviewed discussed the role played by the civilian population in the fighting. However, their reports regarding whether civilians left the camp were contradictory:
Sheikh Abu Al-Hija said, "Even the youths had a significant role in the uprising. They refused to leave the camp before the incursion, and most of them are now under arrest by the occupation forces… No one was asked [by us] to stay or go; no instructions were issued to the residents by the fighters, and the choice remained in their own hands. It was necessary for some of the women to remain [in the camp] to provide services for the fighters. The behavior of the residents was honorable; they were determined to remain, to go through everything the Mujahideen are going through, and to provide them with services."
"…When some Mujahideen ran out of ammunition, they leaped onto the tanks in an attempt to grab weapons from the soldiers, who were hiding inside the tanks. As a result, some of them engaged in barehanded combat with the Zionist soldiers. Some of the youths steadfastly filled their school bags with explosive devices; some of the boys remained without food or water for four days. Although the women knew how bad the situation was, a large portion of them preferred to remain, to prepare food for the Mujahideen, to risk their lives by bringing water for them, and to raise morale – something that greatly encouraged [their] steadfastness."[17]
However, other Palestinians who were interviewed reported that most of the civilians left the refugee camps. The commander of Hamas members in the Jenin camp, Jamal 'Abd Al-Salam, said that the women, children, and elderly had left the camp, and that the fighters intended to fight to the last drop of blood.[18] Another man, Abu Muhammad, reported to Al-Jazeera from Jenin: "Every time [the IDF] tries to advance, a surprise awaits it – the blowing up of one of the buildings in the Jenin camp. Then they rush to retrieve the Israeli bodies and wounded, withdraw, and try to advance Israeli tractors that destroy houses indiscriminately on top of their owners, whether they are in the houses or not. They have sent away most of the civilians [from the refugee camp], but there is still a large number of civilians inside the camp."[19]
On this matter, Raed 'Abbas, the DFLP commander, said that the Israelis "destroyed many houses. They are trying to wreak vengeance upon the civilians. The army is evacuating the [residents of the] camp forcibly, in order to close in more and more on the fighters."[20]
In contrast, the Islamic Jihad announced that its commander in Jenin, Muhammad Tawalbeh, had prevented civilians from leaving the camp. The Islamic Jihad website announced that Tawalbeh died in his booby-trapped home when he blew it up on the Israeli soldiers inside it on April 6. The announcement went on to say that Tawalbeh "had thwarted all attempts by the occupation to evacuate the camp residents to make it easier for the Israelis to destroy [the camp] on the heads of the fighters."[21]
The Future of the Struggle
Sheikh Abu Al-Hija insisted that it was necessary to learn from the battle in the Jenin refugee camp. "We are proud [of the battle], and hope that it will serve as a model for the rest of the cities, so that there [too] the residents will be materially and morally prepared for any confrontation. We need to learn the lessons from this battle, and I hope the few dozen fighters who managed to face down the most arrogant army in the region will serve as a lesson for the Arab armies. The Arab peoples must learn from these victories, and not remain captives in the hands of the regimes that keep their basic rights from them…"
"The camp took a hard blow – but even had the blow killed us, they would not have killed the [armed] resistance. It will not be long until the ranks fill [again], until a new generation takes the uprising into its hands and raises the flag anew. This is not the first battle, nor the last. Our people will not be still until it sees our land liberated and independent."[22]
"Abu Ahmad," an Al-Aqsa Martyrs Brigades leader in the Jenin refugee camp, said in a telephone conversation with the Hizbullah weekly Al-Intiqad, "The Palestinian resistance will carry out more operations like the martyrdom operation in Haifa, in order to emphasize that it still exists and that it maintains its strength and its capability in spite of the blows [it has taken]. The martyrdom operation by 'Andalib Taqatqah [in Jerusalem's Mahane Yehuda market] is proof of the [Al-Aqsa Martyr] Brigades' capability of striking at the [Zionist] entity any time, anywhere… Martyrdom operations were invented during the time when the Zionists occupied the West Bank, and it does not matter much whether the [forces] are in the cities or outside the cities."[23]
'Ali Safouri, a commander of Islamic Jihad's Al-Quds Brigades in the Jenin camp, reported to the Islamic Jihad website in the early days of the fighting: "We have prepared unexpected surprises for the enemy. We are determined to pay him back double, and teach him a lesson he will not forget… We will attack him on the home front, in Jerusalem, in Haifa, and in Jaffa, everywhere. We welcome them, and we have prepared a special graveyard in the Jenin camp for them. We swore on the martyrs that we would place a curfew on the Zionist cities and avenge every drop of blood spilled upon our sacred land. We call on the soldiers of Sharon to refuse his orders, because entering the [Jenin] camp… the capital of the martyrs' [operations], will, Allah willing, be the last thing they do in their lives."[24]
In an interview with Al-Manar, the Hizbullah television channel, Islamic Jihad leader Dr. Ramadan Abdallah Shalah, stated as follows: "The fighters in the [Jenin] camp told us that this is a 'hit-and-not-run' battle, and that they are fighting to the last drop of blood and to the last bullet – and that is what they did. The Zionist enemy thinks he is creating a Palestinian Masada for us – that is, that we have chosen to commit suicide – but we say to him that he is mistaken. We are not creating a Palestinian Masada, but a Palestinian Karbalaa,[25] which will hasten the second Jewish Masada… until the Zionist entity ceases to exist… Today the Jenin camp was reborn, not destroyed…"[26]
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[1] www.palestine-info.in fo, April 20, 2002.
[2] i.e. Jihad warriors.
[3] Al-Jazeera (Qatar), April 8, 2002.
[4] Al-Sharq Al-Awsat (London), April 7, 2002.
[5] Cited in Al-Shaab (Egypt), April 19, 2002.
[6] The Palestine Center for Human Rights, Weekly Report on Israeli Human Rights Violations in the Occupied Palestinian Territories, April 11-17, 2002. After his death in the battle was reported, it was announced that his real name was Hazem Ahmad Rayhan Qabha.
[7] Al-Jazeera (Qatar), April 4, 2002.
[8] www.palestine-info.in fo, April 20, 2002.
[9] www.palestine-info.in fo, April 20, 2002.
[10] Al-Sharq Al-Awsat (London), April 7, 2002.
[11] www .ahram.org.eg/weekly/2002/582/6inv2.htm.
[12] Al-Hayat (London), April 5, 2002.
[13] Al-Hayat (London), April 9, 2002.
[14] Al-Bayan (United Arab Emirates), April 10, 2002.
[15] Al-Bayan (United Arab Emirates), April 11, 2002.
[16] Al-Jazeera (Qatar), April 8, 2002.
[17] www.palestine-info.in fo, April 20, 2002.
[18] Al-Jazeera (Qatar), April 8, 2002.
[19] Al-Jazeera (Qatar), April 8, 2002.
[20] Al-Hayat (London), April 9, 2002.
[21] www.jihadonline.com, April 10, 2002.
[22] www.palestine-info.in fo, April 20, 2002.
[23] Al-Intiqad (Lebanon), April 19, 2002.
[24] www.qudsway.com, April 3, 2002.
[25] In the battle of Karbula (680) Hussein, the leader of the Shi'itels, was canonized.
[26] Al-Manar Television (Lebanon), April 10, 2002, cited at www.jihadonline.com.
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