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Propagande/Désinformation
Vérité de limage et image de la vérité, C. Glick
Il n'est plus nécessaire de présenter Caroline Glick. La lecture régulière de ses analyses acérées - souvent ironiques, mais toujours, précises et dévastatrices pour la désinformation qu'elle met au jour avec une inlassable ténacité - sont indispensables à quiconque veut savoir ce que valent les accusations incessantes dont Israël est l'objet. C. Glick a un éditorial hebdomadaire, Column One", dans le quotidien israélien "Jerusalem Post". L'article qui suit est un 'must'. Croyez-moi. (Menahem Macina).
9 septembre 2005
The Jerusalem Post
Original anglais : "The image of the truth"
Traduction française : Menahem Macina
(Reproduction partielle autorisée sous réserve de la mention intégrale, obligatoire, du lien à la présente page.)
On dit quune image vaut mille mots. Aucun doute là-dessus. Mais qui nous est garant que ces mots-là sont lexpression de la vérité ?Le 30 septembre 2000, le New York Times publiait une photographie, qui léditeur de la photo nen doutait pas un seul instant illustrait toute lhistoire de la guerre terroriste contre Israël, qui navait alors que deux jours.
La photo montrait, au premier plan, un jeune homme terrifié, couvert de sang, assis face à un garde-frontière israélien furieux, dressé devant lui, la bouche torve, et brandissant une matraque de police. A larrière-plan, des flammes rougeoyantes et de la fumée noire sélevaient par delà des blocs de ciment.
Léditeur de la photo ne sétait absolument pas demandé de quoi il sagissait. Il allait de soi que le garçon était palestinien et que lassaillant était le policier en colère. Après tout, en tant que citoyen éclairé du monde, il savait ce que sait toute personne au jugement sain : les Palestiniens sont les victimes. Les Israéliens sont les agresseurs. Aussi, la légende de la photographie disait-elle aux lecteurs du Times que ce que léditeur de la photo présumait vrai était la réalité.Malheureusement, les "mille mots" quexprimait la photo étaient autant de mensonges. Le jeune ensanglanté, au premier plan, était un étudiant juif de Chicago, du nom de Touvia Grossman. Il circulait en taxi dans la partie orientale de Jérusalem quand il avait été extirpé de son taxi par une populace palestinienne qui lavait battu et lardé de coups de couteau, le laissant à demi-mort. Rassemblant ses dernières forces, Grossman sétait traîné en criant jusquaux membres des forces de sécurité les plus proches quil avait pu trouver. En fait, le garde-frontière à la matraque le protégeait de la populace [1].
Finalement, après avoir reçu une lettre courroucée du père de Grossman à Chicago, le Times présenta ses excuses pour cette erreur. Grossman passa dix jours dans un hôpital de Jérusalem et resta cloué sur un fauteuil roulant durant cinq mois jusquà la guérison de ses nombreuses blessures.
Lhistoire racontée par cette photo était donc celle de lopinion préconçue de léditeur de la photo du Times.
Le Rappeur noir Kanie West critiquant le Président Bush, lors d'un concert donné au bénéfice des victimes de louragan Katrina.De manière très semblable, les images de louragan Katrina, que lon nous diffuse, racontent une certaine histoire. Les victimes, sur la plupart des photos, sont des Afro-Américains. Et ce qui en émerge, cest une histoire de racisme. Cest à cause de la couleur de leur peau, nous induit-on à penser, que le gouvernement fédéral, blanc (et républicain) a, de manière impardonnable, laissé sécouler un laps de temps considérable avant de secourir et daider les victimes de la terrible tempête. Les clichés, comme les personnes à qui lon demandait de raconter ce qui sétait passé, répétaient, encore et encore, que sil sétait agi de riches Blancs au lieu de pauvres Noirs, la Garde Nationale eût été appelée à la rescousse plusieurs jours auparavant pour rétablir lordre à la Nouvelle-Orléans et évacuer les victimes.
Cest une magnifique histoire et il est facile dy adhérer, car elle permet à des gens en colère de se sentir confortés dans leur haine et leurs préjugés à lencontre des Républicains et du Président George W. Bush. Mais, comme la photo de Touvia Grossman, elle a le regrettable inconvénient dêtre fausse.
Après la première salve de critiques infondées, la réalité de laffaire commence à apparaître, à savoir, que la ville de la Nouvelle-Orléans et lEtat de Louisiane navaient pas mis en uvre leurs propres plans dévacuation, en dépit du fait que les autorités savaient pertinemment que la ville, située au-dessous du niveau de la mer, ne pourrait résister à un ouragan de catégorie 4 comme Katrina.
Et pourtant, dans lintervalle, un mythe était né, qui entonnait lantienne facile du racisme.
Ces deux exemples montrent quà linverse de ce que notre monde submergé dimages nous a amenés à croire, les images ne parlent pas par elles-mêmes. Elles parlent par la voix de ceux qui les ont prises et de ceux qui les diffusent. Chacun de nous accroche ses convictions sous-jacentes à ce quil voit, et est influencé, jusquà un certain point, mais profondément parfois, par les interprétations des images que formulent ceux qui nous les montrent.
En Israël, les images constituent probablement le plus grand défi auquel nous soyons confrontés. Il est important de prendre conscience de cette situation, maintenant que nous entrons dans lépoque où la Palestine sest établie à Gaza. Si nous jetons un simple coup dil aux images qui nous ont été fournies cette semaine, nous comprenons à quel point le défi demeure colossal, et quel danger il constituera si nous ne nous dressons pas pour laffronter.
Avant tout, souvenons-nous : quand, il y a 12 ans, le Premier Ministre Rabin donnait laccolade à Yasser Arafat et à lOLP et nous embarquait par là même dans le processus dOslo, il était parvenu à convaincre les "faucons" de la sécurité du sérieux de sa politique, en expliquant que, désormais, cétaient les Palestiniens, et non Israël, qui seraient examinés à la loupe. Largument de Rabin était que, si les Palestiniens ne se conformaient pas à leurs engagements de mettre fin au terrorisme et de vivre en paix avec Israël, le monde entier prendrait fait et cause pour le droit dIsraël à se défendre. Israël pénétrerait à nouveau dans les zones dont il avait remis le contrôle à lOLP, et la question serait réglée. Cétait un risque, disait-il, mais il était calculé.
Malheureusement, les événements ont prouvé le contraire. Les images fournies au monde par la machine de propagande de lOLP montraient la cruauté des "forces doccupation" israéliennes, qui empoisonnent la vie des Palestiniens persécutés. Le fait que des milliards de dollars daide internationale samassaient dans des comptes bancaires suisses nintéressait personne. Le fait que les effectifs des forces de sécurité palestiniennes créées par Arafat étaient du double de ce qui était autorisé était perçu comme prodigieusement rasoir. Le fait que le terrorisme atteignait des niveaux sans précédent, un an à peine après la poignée de mains sur la pelouse de la Maison Blanche, nétait pas interprété comme une preuve de la duplicité palestinienne, mais comme une justification des appels croissants à davantage encore de transferts de territoires israéliens, renforçant du même coup des milices palestiniennes foncièrement corrompues et adeptes du terrorisme.
Le même cas de figure se reproduisit quand le Premier Ministre Ehud Barak se rendit à Camp David, il y a cinq ans, et demanda à Arafat de créer un Etat sur lintégralité du territoire de Gaza, sur 95 % de la Judée-Samarie, et sur Jérusalem-est, y compris sur le lieu saint le plus sacré du judaïsme, le Mont du Temple, y ajoutant ensuite gratuitement le Néguev, pour faire bonne mesure.
Après quArafat eut déchiré loffre de Barak et déclenché la guerre contre des civils israéliens, Barak affirma que, cette fois, les Européens et les Américains, et bien sûr la Gauche israélienne, accepteraient la vérité. Arafat et lOLP avaient été démasqués. Comme lavait admis, peu avant sa mort, fin 2000, Faysal Husseini, le ministre [palestinien] chargé des affaires de Jérusalem, Oslo avait été un "Cheval de Troie" destiné à détruire Israël de lintérieur [2].
Tout le monde savait cela, et pourtant, les créateurs dimages et leurs publics fervents, de Londres au Département dEtat, refusèrent de bouger. Bien que le nombre des Israéliens assassinés fût passé de quelques dizaines à des centaines, avant de culminer à un millier - outre les milliers de blessés et de mutilés -, les Palestiniens demeuraient les victimes, et les Israéliens, les agresseurs.
Maintenant quIsraël approche de la phase finale du retrait de Gaza et de la Samarie du Nord [3], on nous dit à nouveau : cest un test pour les Palestiniens. Ils ont maintenant la souveraineté sur Gaza. Ils seront forcés dy établir lordre. Ils ne peuvent plus prétendre au statut de victimes. Nous ne sommes plus là. Et pourtant les images de cette semaine nous disent à nouveau que ce nest pas vrai. Mercredi [7 septembre], Moussa Arafat, neveu dArafat et patron de la sécurité, a été assassiné à Gaza par une populace terroriste armée de mitraillettes et de lance-roquettes. Son fils a été kidnappé et lon présume aujourdhui quil est mort. Les agresseurs appartenaient aux Comités de Résistance Populaire. Il sagit dun groupe terroriste créé par Arafat dans les mois précédant la guerre, au printemps 2000 ; il rassemble des éléments du Fatah, du Hamas et du Djihad Islamique. Des membres de ce groupe font également partie des milices palestiniennes officielles.
Ce défi lancé à la direction de lAutorité palestinienne a fait lobjet de faibles protestations de la part du Premier Ministre, Ahmed Qurei, et de ses semblables. De même, les forces palestiniennes sont restées sans réaction, mardi [6 septembre], lorsque des centaines de jeunes hommes et dadolescents se sont lancés à lassaut des ruines de Neveh Dekalim, ont jeté des pierres sur des chars de Tsahal, et tenté de les escalader. Cétait un acte dagression caractérisée, qui navait pas pour but de détruire le char, mais de créer une image de lagression israélienne, dune part, et de son impuissance, dautre part.
Après que lun des assaillants ait été tué par le char, les Palestiniens ont lancé des roquettes contre des civils du kibboutz voisin, Yad Mordechai, limitrophe du nord de Gaza. La presse a expliqué lévénement comme un cycle de la violence. Mais il ny avait pas de cycle de quoi que ce soit. Ce nétait quune escalade de la violence palestinienne, qui avait commencé par des jets de pierres contre un char, et était allée jusquà des tirs de mortiers contre des civils.
Pour les Européens et les gauchistes israéliens et américains, ce que font les Palestiniens na pas dimportance, les images qui proviennent dici seront interprétées comme une justification de lexigence de concessions supplémentaires, à la lumière de la victimisation incessante des Palestiniens.
Pour des publics arabes, en Palestine au nord-est de Gaza -, en Judée et en Samarie, et dans tout le monde arabe, ces deux images, qui proviennent dici, véhiculent deux messages. Celui de la première, qui, selon eux, illustre la brutalité et la cruauté juives, a pour but de justifier la poursuite du massacre de citoyens israéliens. Celui de la seconde image, qui illustre la faiblesse dun Israël désemparé face à ce terrorisme incessant, a pour but de démontrer que cet événement-clé [4] est à lavantage des terroristes. Tout ce quil leur faut faire pour causer la destruction dIsraël est de continuer leur guerre dusure terroriste.
Pour la plupart des Israéliens, ces images disent quelque chose dentièrement différent. Elles montrent la transformation de Gaza en un nouvel Afghanistan, rempli de seigneurs de guerre qui terrorisent leur peuple et leurs voisins ; une société plongée dans le chaos ; et une société dans laquelle des fascistes islamistes ont la haute main sur de simples meurtriers laïques.
Le grand défi auquel Israël fait face consiste à opposer de vraies images aux fausses que montrent ceux qui saccrochent à leurs "reportages" mensongers de la guerre palestinienne contre Israël.
Touvia Grossman a fait son aliya [5], mercredi [7 septembre]. Dans une interview au Jerusalem Post, il a déclaré :
« On ne peut simaginer combien de vies humaines ont été définitivement endommagées par des attentats terroristes. Il y a des gens qui resteront blessés jusquà la fin de leurs jours. Dès que je serai installé, jaimerais aider les victimes de la terreur par tous les moyens possibles. »
Lhistoire de Grossman - tant celle de son expérience de victime, que celle de sa loyauté et de son amour persévérants envers la Terre dIsraël, qui lont motivé à revenir ici et à mener une existence consacré à donner, en dépit de son expérience terrifiante -, est lhistoire du peuple et de lEtat juifs. Cest de cette vérité que nous devons nous faire les champions ; il nous incombe den souligner le contraste avec la barbarie de nos ennemis, si nous ne voulons pas que leurs fausses images deviennent notre réalité.
Caroline Glick
© The Jerusalem Post
Notes du traducteur
[1] Voir, sur le site de lUpjf : "Les images disent-elles toujours la vérité ?".
[3] Rappelons que C. Glick écrivait ces lignes début septembre.
[4] Lauteur emploie de terme "momentum" dans loriginal anglais.
[5] Aliya, terme hébreu, qui signifie littéralement 'montée', utilisé pour définir limmigration dun Juif en Israël, où il est censé 'monter'. Dans le même sens, un Français qui habite en province dit parfois quil "monte à Paris".
Mis en ligne le 14 septembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











