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Désinvestissement: prix du soutien d'Israël par les Evangéliques, J. D. Besser
Israël pris entre deux feux de sanctions 03/03/05
Texte anglais : Divestment push seen as price for support of Evangelicals.
Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org.
La mesure, prise par les églises protestantes du courant majoritaire, d’infliger à Israël des sanctions économiques, fait boule de neige ; elle fait peut-être partie du prix à payer par l’Etat juif pour le soutien croissant et manifeste que des chrétiens évangéliques manifestent à ce pays.
Ce lien de mauvais augure est apparu cette semaine dans des conversations avec des responsables de mouvements interreligieux, et dans une recherche réalisée par un expert politologue de premier plan, tandis que des officiels juifs tentaient de résoudre le plus grand mystère de la controverse autour du désinvestissement : Pourquoi cette initiative a-t-elle lieu maintenant, au moment précis où le Moyen-Orient semble au bord d’un nouveau processus de paix ?
"Personnellement, je crois que l’origine du [désinvestissement] vient presque entièrement de là", affirme James Hutchins, militant de la United Church of Christ [UCC: Eglise Unifiée du Christ], qui s’oppose à la croisade de désinvestissement déclenchée par un vote de l'Eglise Presbytérienne (aux Etats-Unis), l'été dernier.
Plus récemment, les dirigeants de l'UCC ont fait savoir qu’ils envisageaient une résolution de désinvestissement, et, la semaine dernière, le World Council of Churches [Conseil Mondial des Eglises] a recommandé à ses membres de faire de même.
"Une grande part de cette action, particulièrement au sein de la United Church of Christ, a pour origine cette colère contre leur bête noire : les chrétiens de droite", poursuit Hutchins.
John Green, un expert en politologie de l’Université d'Akron, qui étudie la droite religieuse, affirme que les Protestants du courant majoritaire "ont une véritable aversion pour les Evangéliques conservateurs — et leur soutien d’Israël est une cible facile. En outre, il y a, dans plusieurs de ces cercles, une profonde antipathie envers Bush et cela a aussi des répercussions sur Israël".
Les analystes juifs estiment qu’Israël a été pris entre deux feux dans un conflit chrétien interne, qui est à la fois politique – avec une focalisation sur un grand écart de puissance entre les deux groupes, ces dernières années -, et théologique - dont les origines remontent à des centaines d'années.
Peu de groupes juifs sont enclins à renoncer à l'appui des puissants Evangéliques, mais de plus en plus de dirigeants juifs affirment que le désastre du désinvestissement est une conséquence de leur zèle pour Israël.
"Nous sommes reconnaissants du soutien que la communauté évangélique a fourni à Israël, mais il a un prix", déclare Rabbi Gary Bretton-Granatoor, directeur aux Affaires Interreligieuses de l'Anti-Defamation League. "Nous avons bénéficié de cet appui politique parce que nous ne l'obtenons pas ailleurs, particulièrement dans la communauté protestante du courant majoritaire. Mais son prix, entre autres, est le désinvestissement", dit-il.
Les dirigeants juifs mettent en garde contre une vision unidimensionnelle du désinvestissement. Les actions de groupes tels que les Presbytériens, disent-ils, proviennent d'un enchevêtrement de facteurs, dont le soutien chrétien traditionnel du faible, le succès des Chrétiens palestiniens qui posent en victimes de proportions presque bibliques, et un antisémitisme à l’ancienne mode.
Mais beaucoup d'analystes ont été déroutés par le moment choisi pour l'action des Presbytériens, qui a ouvert les vannes du désinvestissement, dont les dirigeants juifs craignent qu’il ne donne une nouvelle impulsion aux campagnes de désinvestissement dans les campus universitaires et dans plusieurs villes connues pour leur activisme libéral.
Les Presbytériens ont entamé leur mouvement de désinvestissement au moment précis où Israël et les Palestiniens s’orientaient vers un nouvel effort de paix, et où le Premier ministre Ariel Sharon accélérait le rythme de son plan de retrait de Gaza.
Quelques dirigeants juifs croient qu’une des réponses à cette énigme est l’animosité politique entre les Protestants du courant majoritaire et leurs adversaires de la droite chrétienne.
Les Presbytériens du courant majoritaire — qui constituaient jadis l'élite politique de la nation et une force dominante en politique — "ont perdu un capital politique, c’est pourquoi ils s’en prennent maintenant à leurs ennemis jurés qui ont usurpé leur rôle politique", estime Rabbi Bretton-Granatoor. Et ils attaquent ceux qu’ils considèrent comme des alliés de leurs ennemis chrétiens, dont Israël et ses partisans.
Selon un autre militant juif impliqué dans la lutte contre le désinvestissement : "les Presbytériens, et d'autres avec eux, ont le sentiment qu’ils perdent beaucoup de temps. Ils considèrent les Evangéliques comme des rétrogrades, aux antipodes de leurs valeurs humanistes. Et ils croient de plus en plus qu’Israël est allié à ces forces de ténèbres. Le fait que Jerry Falwells, Pat Robertsons et Tom DeLays soient de stridents défenseurs des nationalistes et des colons israéliens met de l’huile sur le feu".
Ces quatre dernières années — avec un président qui est officiellement un protestant du courant majoritaire, mais considère la droite religieuse comme sa base, et avec un Congrès tenu fermement par les conservateurs chrétiens — ont été particulièrement dures pour les dirigeants du courant [protestant] majoritaire.
"Ils courent, terrorisés, et frappent toute cible qu'ils peuvent trouver, dont nous", ajoute ce militant juif.
Kenneth Goldstein, un expert en politologie de l’Université du Wisconsin, a réalisé récemment, pour le Jewish Council for Public Affairs, une étude sur un petit groupe de chrétiens de Los Angeles. Bien qu'il insiste sur le fait que ses résultats ne sont que provisoires, il estime que la colère contre la droite religieuse et le lien perçu avec le militantisme en faveur d’Israël constituent "un facteur" de l'intensification de l’effort de désinvestissement.
Sa recherche fait apparaître "une nette et profonde aversion envers les chrétiens évangéliques et fondamentalistes, au sein du sous-groupe de personnes avec lesquelles je me suis entretenu. Et cela m’a semblé - j’insiste sur le mot 'semblé' - lié à leurs problèmes à l’égard d’Israël. Quand ils parlaient des 'Chrétiens Sionistes', c’était sur un ton débordant de mépris".
En fait, la lutte contre les chrétiens sionistes — qui croient, comme les Juifs orthodoxes, que Dieu a donné la terre d’Israël aux Juifs — a constitué un thème parallèle à la campagne de désinvestissement. La même rencontre de Presbytériens qui a mis en route le processus de désinvestissement a également adopté une résolution selon laquelle "le Sionisme Chrétien ne représente pas l’opinion de la majorité des chrétiens américains ni la foi de l'église Presbytérienne (aux Etats-Unis)", précise Goldstein.
Et c’est le lien entre la lutte pour le désinvestissement, et les divisions, vieilles de plusieurs siècles, en matière de prophétie et d'interprétation biblique.
Selon une récente déclaration de dirigeants d’Eglises, les Presbytériens définissent le sionisme chrétien comme "le mouvement, principalement américain, qui croit que l'Etat moderne d’Israël est le catalyseur de la fin des temps, de l’accomplissement des prophéties bibliques, et du retour de Jésus pour le jugement final". "Cette conception dispensationnaliste [1] de la Bible attend avec impatience La Seconde venue [de Jésus], un événement qui ne sera possible que lorsque l'Etat de Israël aura recouvré ses frontières antiques, avec Jérusalem non divisée pour capitale".
Dans le monde d'aujourd'hui, poursuit la déclaration, les sionistes chrétiens "apportent un appui inconditionnel à toute action ayant ce but, et négligent les appels à la justice des Palestiniens et d'autres, qui doivent payer le prix de ce mouvement unilatéral".
L'Eglise insiste sur le fait que l’expression ["sionistes chrétiens"] ne se réfère pas de manière générique aux 'Chrétiens qui soutiennent l'Etat d’Israël'".
Mais 'sionisme' lui-même est devenu péjoratif dans les groupes du courant majoritaire, remarque Goldstein. Le terme a été parasité par ce qui est perçu comme un lien avec la théologie prophétique des conservateurs et une politique moyen-orientale durement stigmatisée dans le monde d'aujourd'hui, et que ces groupes abhorrent.
"Il y existe un soutien à l'Etat juif" chez les Presbytériens, dit-il, "mais sionisme est devenu un mot détestable".
Ces guerres théologiques ont fait rage longtemps avant l’existence d’un Etat d’Israël, mais elles ont pris un nouveau tour aigu maintenant que les chrétiens conservateurs font entendre leur voix de manière aussi bruyante dans le débat à propos de la politique au Moyen-Orient, affirme Rabbi Eric Polokoff, de la Synagogue des B'nai Israel, à Southbury, dans le Massachusetts.
Rabbi Polokoff a fait sa thèse de doctorat sur l'histoire du sionisme chrétien et les conflits qui font rage dans l'Eglise à son propos.
La théologie "prémillénariste" [1], qui est devenue très populaire au XIXe siècle, croit que le peuple juif "doit revenir en Israël pour que les conceptions eschatologiques chrétiennes triomphent", indique-t-il. "C’est ce qui a mis le peuple juif et l’avenir d'une entité politique juive au centre même de l'idée chrétienne de la rédemption".
Mais cela a placé Israël et les Juifs entre deux feux, dans un conflit théologique majeur en matière d’interprétation biblique comme en matière de politique.
"C’est une partie de la guerre culturelle entre les chrétiens libéraux et conservateurs", affirme Rabbi Polokoff. "Ce n’est que sous cet angle que l’on peut comprendre le désinvestissement actuel, au moment précis où l’on parle de compromis israélien"
James D. Besser *
© The Jewish Week
* Correspondant du Jewish Week à Washington.
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Note de la Rédaction d’upjf.org
[1] On trouvera quelques définitions utiles de ces notions qui ne sont pas familières, dans l’article du Dr Ali Menjour, "Sionisme chrétien: Darby et le pré-millénarisme chrétien", en ligne sur notre site.
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[L'original anglais de ce texte nous a été aimablement communiqué par Koira.]
Mis en ligne le 05 mars 2005 sur le site www.upjf.org.
Ce lien de mauvais augure est apparu cette semaine dans des conversations avec des responsables de mouvements interreligieux, et dans une recherche réalisée par un expert politologue de premier plan, tandis que des officiels juifs tentaient de résoudre le plus grand mystère de la controverse autour du désinvestissement : Pourquoi cette initiative a-t-elle lieu maintenant, au moment précis où le Moyen-Orient semble au bord d’un nouveau processus de paix ?
"Personnellement, je crois que l’origine du [désinvestissement] vient presque entièrement de là", affirme James Hutchins, militant de la United Church of Christ [UCC: Eglise Unifiée du Christ], qui s’oppose à la croisade de désinvestissement déclenchée par un vote de l'Eglise Presbytérienne (aux Etats-Unis), l'été dernier.
Plus récemment, les dirigeants de l'UCC ont fait savoir qu’ils envisageaient une résolution de désinvestissement, et, la semaine dernière, le World Council of Churches [Conseil Mondial des Eglises] a recommandé à ses membres de faire de même.
"Une grande part de cette action, particulièrement au sein de la United Church of Christ, a pour origine cette colère contre leur bête noire : les chrétiens de droite", poursuit Hutchins.
John Green, un expert en politologie de l’Université d'Akron, qui étudie la droite religieuse, affirme que les Protestants du courant majoritaire "ont une véritable aversion pour les Evangéliques conservateurs — et leur soutien d’Israël est une cible facile. En outre, il y a, dans plusieurs de ces cercles, une profonde antipathie envers Bush et cela a aussi des répercussions sur Israël".
Les analystes juifs estiment qu’Israël a été pris entre deux feux dans un conflit chrétien interne, qui est à la fois politique – avec une focalisation sur un grand écart de puissance entre les deux groupes, ces dernières années -, et théologique - dont les origines remontent à des centaines d'années.
Peu de groupes juifs sont enclins à renoncer à l'appui des puissants Evangéliques, mais de plus en plus de dirigeants juifs affirment que le désastre du désinvestissement est une conséquence de leur zèle pour Israël.
"Nous sommes reconnaissants du soutien que la communauté évangélique a fourni à Israël, mais il a un prix", déclare Rabbi Gary Bretton-Granatoor, directeur aux Affaires Interreligieuses de l'Anti-Defamation League. "Nous avons bénéficié de cet appui politique parce que nous ne l'obtenons pas ailleurs, particulièrement dans la communauté protestante du courant majoritaire. Mais son prix, entre autres, est le désinvestissement", dit-il.
Les dirigeants juifs mettent en garde contre une vision unidimensionnelle du désinvestissement. Les actions de groupes tels que les Presbytériens, disent-ils, proviennent d'un enchevêtrement de facteurs, dont le soutien chrétien traditionnel du faible, le succès des Chrétiens palestiniens qui posent en victimes de proportions presque bibliques, et un antisémitisme à l’ancienne mode.
Mais beaucoup d'analystes ont été déroutés par le moment choisi pour l'action des Presbytériens, qui a ouvert les vannes du désinvestissement, dont les dirigeants juifs craignent qu’il ne donne une nouvelle impulsion aux campagnes de désinvestissement dans les campus universitaires et dans plusieurs villes connues pour leur activisme libéral.
Les Presbytériens ont entamé leur mouvement de désinvestissement au moment précis où Israël et les Palestiniens s’orientaient vers un nouvel effort de paix, et où le Premier ministre Ariel Sharon accélérait le rythme de son plan de retrait de Gaza.
Quelques dirigeants juifs croient qu’une des réponses à cette énigme est l’animosité politique entre les Protestants du courant majoritaire et leurs adversaires de la droite chrétienne.
Les Presbytériens du courant majoritaire — qui constituaient jadis l'élite politique de la nation et une force dominante en politique — "ont perdu un capital politique, c’est pourquoi ils s’en prennent maintenant à leurs ennemis jurés qui ont usurpé leur rôle politique", estime Rabbi Bretton-Granatoor. Et ils attaquent ceux qu’ils considèrent comme des alliés de leurs ennemis chrétiens, dont Israël et ses partisans.
Selon un autre militant juif impliqué dans la lutte contre le désinvestissement : "les Presbytériens, et d'autres avec eux, ont le sentiment qu’ils perdent beaucoup de temps. Ils considèrent les Evangéliques comme des rétrogrades, aux antipodes de leurs valeurs humanistes. Et ils croient de plus en plus qu’Israël est allié à ces forces de ténèbres. Le fait que Jerry Falwells, Pat Robertsons et Tom DeLays soient de stridents défenseurs des nationalistes et des colons israéliens met de l’huile sur le feu".
Ces quatre dernières années — avec un président qui est officiellement un protestant du courant majoritaire, mais considère la droite religieuse comme sa base, et avec un Congrès tenu fermement par les conservateurs chrétiens — ont été particulièrement dures pour les dirigeants du courant [protestant] majoritaire.
"Ils courent, terrorisés, et frappent toute cible qu'ils peuvent trouver, dont nous", ajoute ce militant juif.
Kenneth Goldstein, un expert en politologie de l’Université du Wisconsin, a réalisé récemment, pour le Jewish Council for Public Affairs, une étude sur un petit groupe de chrétiens de Los Angeles. Bien qu'il insiste sur le fait que ses résultats ne sont que provisoires, il estime que la colère contre la droite religieuse et le lien perçu avec le militantisme en faveur d’Israël constituent "un facteur" de l'intensification de l’effort de désinvestissement.
Sa recherche fait apparaître "une nette et profonde aversion envers les chrétiens évangéliques et fondamentalistes, au sein du sous-groupe de personnes avec lesquelles je me suis entretenu. Et cela m’a semblé - j’insiste sur le mot 'semblé' - lié à leurs problèmes à l’égard d’Israël. Quand ils parlaient des 'Chrétiens Sionistes', c’était sur un ton débordant de mépris".
En fait, la lutte contre les chrétiens sionistes — qui croient, comme les Juifs orthodoxes, que Dieu a donné la terre d’Israël aux Juifs — a constitué un thème parallèle à la campagne de désinvestissement. La même rencontre de Presbytériens qui a mis en route le processus de désinvestissement a également adopté une résolution selon laquelle "le Sionisme Chrétien ne représente pas l’opinion de la majorité des chrétiens américains ni la foi de l'église Presbytérienne (aux Etats-Unis)", précise Goldstein.
Et c’est le lien entre la lutte pour le désinvestissement, et les divisions, vieilles de plusieurs siècles, en matière de prophétie et d'interprétation biblique.
Selon une récente déclaration de dirigeants d’Eglises, les Presbytériens définissent le sionisme chrétien comme "le mouvement, principalement américain, qui croit que l'Etat moderne d’Israël est le catalyseur de la fin des temps, de l’accomplissement des prophéties bibliques, et du retour de Jésus pour le jugement final". "Cette conception dispensationnaliste [1] de la Bible attend avec impatience La Seconde venue [de Jésus], un événement qui ne sera possible que lorsque l'Etat de Israël aura recouvré ses frontières antiques, avec Jérusalem non divisée pour capitale".
Dans le monde d'aujourd'hui, poursuit la déclaration, les sionistes chrétiens "apportent un appui inconditionnel à toute action ayant ce but, et négligent les appels à la justice des Palestiniens et d'autres, qui doivent payer le prix de ce mouvement unilatéral".
L'Eglise insiste sur le fait que l’expression ["sionistes chrétiens"] ne se réfère pas de manière générique aux 'Chrétiens qui soutiennent l'Etat d’Israël'".
Mais 'sionisme' lui-même est devenu péjoratif dans les groupes du courant majoritaire, remarque Goldstein. Le terme a été parasité par ce qui est perçu comme un lien avec la théologie prophétique des conservateurs et une politique moyen-orientale durement stigmatisée dans le monde d'aujourd'hui, et que ces groupes abhorrent.
"Il y existe un soutien à l'Etat juif" chez les Presbytériens, dit-il, "mais sionisme est devenu un mot détestable".
Ces guerres théologiques ont fait rage longtemps avant l’existence d’un Etat d’Israël, mais elles ont pris un nouveau tour aigu maintenant que les chrétiens conservateurs font entendre leur voix de manière aussi bruyante dans le débat à propos de la politique au Moyen-Orient, affirme Rabbi Eric Polokoff, de la Synagogue des B'nai Israel, à Southbury, dans le Massachusetts.
Rabbi Polokoff a fait sa thèse de doctorat sur l'histoire du sionisme chrétien et les conflits qui font rage dans l'Eglise à son propos.
La théologie "prémillénariste" [1], qui est devenue très populaire au XIXe siècle, croit que le peuple juif "doit revenir en Israël pour que les conceptions eschatologiques chrétiennes triomphent", indique-t-il. "C’est ce qui a mis le peuple juif et l’avenir d'une entité politique juive au centre même de l'idée chrétienne de la rédemption".
Mais cela a placé Israël et les Juifs entre deux feux, dans un conflit théologique majeur en matière d’interprétation biblique comme en matière de politique.
"C’est une partie de la guerre culturelle entre les chrétiens libéraux et conservateurs", affirme Rabbi Polokoff. "Ce n’est que sous cet angle que l’on peut comprendre le désinvestissement actuel, au moment précis où l’on parle de compromis israélien"
James D. Besser *
© The Jewish Week
* Correspondant du Jewish Week à Washington.
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Note de la Rédaction d’upjf.org
[1] On trouvera quelques définitions utiles de ces notions qui ne sont pas familières, dans l’article du Dr Ali Menjour, "Sionisme chrétien: Darby et le pré-millénarisme chrétien", en ligne sur notre site.
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[L'original anglais de ce texte nous a été aimablement communiqué par Koira.]
Mis en ligne le 05 mars 2005 sur le site www.upjf.org.











