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Propagande anti-israélienne
Sabra et Chatila : que s'est-il passé ? par un groupe d'étudiants juifs
Sabra et Chatila : que s’est-il passé ?Ce document est extrait de « Objectif Info », de mars 2002. Il nous a été aimablement transmis par Gérard Ulmo, de l’Equipe Communication par le WEB du Bnai Brith France, qui l'a lui même reçu de Fradji Guez, lequel précise qu’il s’agit d’un travail d’un Groupe d’étudiants juifs. Que l'un et l'autre soient ici remerciés.
Editorial : La vérité est ailleurs !
En ce début de seconde Intifada, tous les médias braquent leurs objectifs sur le tout petit pays qu’est Israël.
Les images sont fortes, de jeunes palestiniens lancent des pierres sur des soldats israéliens fortement armés.
Les spectateurs sont conquis et sans même savoir le pourquoi de cette situation, ils ont réparti les rôles.
Les jeunes Palestiniens démunis d’armes s’attaquant à la puissante armée israélienne ne peuvent qu’être bons et leur cause juste.
Alors que les israéliens avec leurs tanks et leurs M16 réprimant avec violence les élans de liberté sont forcément méchants.
Pour Israël l’image de David contre Goliath s’est inversée.
Ce jeune pays qui en 1948 se défendait face à des millions d’ennemis, opprime maintenant un jeune peuple.
Le peuple juif héritier du décalogue et divulguant la bonne parole, donnant des leçons de morale est aujourd’hui un peuple qui ne respecte pas les projets de liberté de la jeune nation palestinienne.
Mais cette image manichéenne du conflit israélo-palestinien est-elle la bonne?
Peut être doit-on aller chercher les réponses ailleurs que dans le journal télévisé de 20 heures.
C’est pourquoi de jeunes étudiants se sont replongés dans les livres d’histoire. Dans chaque article, ils essaieront de donner les éléments historiques permettant de se faire une opinion argumentée du conflit.
Il n’y a dans ce projet aucune intention politique, il se veut le plus objectif possible. Le premier exemplaire concerne Sabra et Chatila. Il vous apportera des renseignements sur les événements antérieurs à Sabra et Chatila puis le déroulement de ces terribles jours et enfin l’actualité de ces derniers mois.
Après ce petit éditorial, plongez vous donc dans ce premier article.
Presque 20 ans après, les massacres de Sabra et Chatila font toujours la première page des journaux. Les flots d’information rendent cette période très difficile à cerner.
Dans cet article vous trouverez l’exposé des faits historiques reposant essentiellement sur la commission israélienne Kahane et le rapport MacBride.
Avant de relater ces 16,17 et 18 septembre 1982, il faut connaître l’état des lieux du Liban.
Depuis 1975, le Liban est en pleine guerre civile. Les phalangistes (libanais chrétiens) accusent les palestiniens de bafouer la souveraineté de l’Etat.
Pendant l’été 1975, de nombreux combats meurtriers à Beyrouth, Bekaa ou Tripoli ont lieu. En octobre 1975, « la bataille des grands hôtels » se termina par la première grande défaite des phalangistes. En janvier 1976, les palestiniens de l’ALP (Armée de Libération de la Palestine) et de la Saïka (composée d’effectifs syriens) encerclent la ville chrétienne de Damour, à 20 km du sud de Beyrouth. 500 habitants sont massacrés, des femmes violées et des enfants mutilés. Dans le même temps, à Beyrouth, les chrétiens s’emparent d’une citadelle musulmane dans le quartier de la Quarantine, il y eut des centaines de morts (palestiniens, kurdes ou chiites).
Le 24 janvier 1976, un cessez-le-feu est imposé par les syriens. L’OLP s’engage alors publiquement à respecter la souveraineté du Liban sur tout son territoire.
Ce cessez-le-feu fait naître un grand espoir au Liban. Mais Kamal Joumblat, chef du mouvement national (mouvement islamo-progressiste) n’est pas de cet avis, il trouve donc l’aide des palestiniens, qui ont déjà oublié leurs engagements, et les combats reprennent. Les phalangistes surpris de l’attaque ne peuvent se défendre. Les forces phalangistes encerclées sont alors prêtes à signer leur reddition. Mais une aide surprenante des syriens permet aux phalangistes de desserrer l’étau. Mais quelles sont les raisons de l’intervention des syriens dans le conflit ? Pour répondre à cette question il faut comprendre la vision syrienne concernant le Liban.
A la suite des accords franco-britanniques dits « Sykes Picot », en 1916, c’est la France qui devient mandataire en Syrie et au Liban. La France va contribuer à la proclamation de l’indépendance du Liban (1er septembre 1920). Cependant la Syrie n’a jamais reconnu pleinement la souveraineté du Liban, considéré par beaucoup de syriens comme une province abusivement séparée de leurs pays par la puissance mandataire. Dans ce drame libanais, la Syrie joue un jeu terrible. Elle soutient alternativement les différents protagonistes de manière à ce qu’aucun des camps n’obtienne l’avantage, elle empêche ainsi la mise en place d’une autorité libanaise forte qui diminuerait son influence sur la région.
Après cette intervention syrienne, la situation s’inverse et les chrétiens progressent. La ligue arabe écoutant les appels à l’aide de Yasser Arafat décide de remplacer les troupes syriennes par une Force de Paix Arabe (FPA). Par la suite, Assad (président de la Syrie) obtient le remplacement de la FPA par une Force de Dissuasion Arabe (FAD) composée de 30000 hommes (dont 25000 syriens). Puis les contingents non syriens furent progressivement retirés pour que la FAD soit finalement exclusivement syrienne. Le président Assad avait donc bien manœuvré puisque il avait étendu son pouvoir au Liban.
Après une certaine accalmie, de nouveaux troubles apparaissent. Le commandant chrétien Haddad se rapproche d’Israël. Assad voyant cette alliance d’un mauvais œil, des affrontements entre syriens et chrétiens débutent.
Le 17 mars 1978, les israéliens franchissent massivement la frontière Libanaise pour créer une ceinture de sécurité. Deux jours plus tard, le conseil de sécurité exige le retrait des forces israélienne et envoie une Force Intérimaire des Nations Unies pour le Liban (FINUL). Les israéliens se retirent le 13 juin 1978 en remettant les territoires de la « ceinture de sécurité » à Haddad. Quatre ans après, le 6 juin 1982, les israéliens entreprennent une seconde intervention au Liban. On est alors en droit de se demander pourquoi Israël intervient dans le conflit.
L’objectif est double :
D’une part, éliminer les bases palestiniennes du Sud Liban qui depuis leur position tirent sur Israël.
D’autre part, et ceci en s’alliant aux forces libanaises (la milice chrétienne, dominée par le parti phalangiste), libérer le restant du pays de l’emprise des syriens et des palestiniens. Après quoi, on espère que les phalangistes rétabliront une autorité libanaise sur le pays et qu’un nouveau gouvernement signera la paix avec Israël.
Le 25 juillet 1982, un mois et demi après l’entrée des forces israéliennes au Liban, la ville de Beyrouth-Ouest est entièrement encerclée par Tsahal. Ce qui précipite le retrait des forces syriennes et palestiniennes. Des informations de diverses sources indiquent que ce retrait n’a pas été total et que quelques 2000 combattants sont restés sur place.
Le 23 août, le dirigeant chrétien Bechir Gemayel est élu président du Liban. Mais il est tué le 14 septembre, dans un attentat, par Habib Tanies Shartuni (membre secret du SNSP: Parti Nationaliste Social Syrien). Sa mort remet en question l’équilibre des forces.
Sous peine de perte de contrôle, les dirigeants israéliens décident que Tsahal doit entrer dans la ville de Beyrouth-Ouest. Cependant, il est stipulé que les forces israéliennes ne pénétreront pas dans les camps.
A partir du 15 septembre, des tirs nourris sont dirigés depuis l’intérieur des camps contre le poste de commandement de Tsahal situé sur le toit d’un immeuble avoisinant les camps palestiniens de Sabra et Chatila.
Dés lors, il est décidé, au cours d’une réunion entre Ariel Sharon (ministre de la défense) et Raphaël Eytan ( commandant en chef de Tsahal), que les forces libanaises pénétreront dans les camps palestiniens pour neutraliser les combattants qui s’y trouvent encore.
Le lendemain a lieu une première réunion de coordination entre Tsahal et les forces libanaises, au cours de laquelle il est clairement stipulé par le général Amos Yaron, commandant des forces israéliennes dans la région, que l’objectif est de faire cesser les attaques armées, mais qu’aucun tort ne doit être causé aux civils palestiniens.
L’opération commence ce même 16 septembre, à 18 heures.
A partir de ce moment, les israéliens n’ont plus aucune information directe sur ce qui ce passe à l’intérieur des camps. En dépit des directives adressées au chef phalangiste, Elie Hobeika, des rumeurs font état d’exactions commises à l’encontre de civils palestiniens. Mais celles-ci semblent trop vague pour justifier une intervention.
Cependant, le lendemain, les rumeurs deviennent des certitudes lorsque des militaires Israéliens positionnés à proximité des camps, sont témoins de meurtres commis par des phalangistes sur des civils palestiniens. Mais, dans l'après-midi, le commandant en chef de Tsahal, le général Eytan, rencontre les officiers phalangistes qui l'informent que l'opération dans les camps est achevée et qu'ils quitteront les lieux le lendemain à cinq heures du matin. Au matin du samedi 18 septembre, les Phalangistes sont toujours dans Sabra et Chatila. Le général Yaron exige alors d’Hobeika qu'il retire ses hommes immédiatement. Les Phalangistes obéissent, et les derniers d'entre eux quittent les camps à huit heures du matin.
Combien y a-t-il eu de morts palestiniens à Sabra et Chatila ?
Selon les services de renseignements de Tsahal, entre 700 et 800. De source palestinienne, on donne des chiffres plus élevés (entre 1800 et 2000). Quoi qu'il en soit, les statistiques ne changent rien à l'horreur. La commission [d’enquête israélienne, présidée par le juge Kahane] se pose alors la question de la responsabilité de l'État d'Israël. Il est certain, souligne-t-elle, qu'aucune responsabilité directe ne saurait être invoquée. " Nous n'avons aucun doute sur le fait qu'il n'y a pas eu de complot ni de conspiration entre qui que ce soit de la direction civile d'Israël, ou de la direction de Tsahal, et les Phalangistes. La décision de laisser les Phalangiste entrer dans les camps avait pour but d'éviter de nouvelles victimes israéliennes dans cette guerre ; de répondre aux pressions de l'opinion publique israélienne, qui reprochait aux Phalangistes de bénéficier des résultats de la guerre sans y avoir pris part ; et de profiter de l'expertise des Phalangistes pour ce qui est d'identifier des terroristes et de découvrir des caches d'armes." La responsabilité directe du massacre repose donc entièrement sur les Phalangistes, et eux seuls. Reste la responsabilité indirecte. Sur ce point, la commission Kahane innove, en mettant en accusation des dirigeants israéliens qui n'ont pas prévu ce qui résulterait de l'entrée des Phalangistes dans les camps de Sabra et Chatila, ou qui n'ont pas eu suffisamment de présence d'esprit, lorsque les premières rumeurs sur le massacre ont commencé à circuler, pour intervenir et faire sortir les Phalangistes. D'autres parties pourraient être mises en cause, dit la commission : les dirigeants libanais qui ont refusé de faire entrer l'armée dans les camps, et même l'ambassadeur des États-Unis qui a refusé de faire pression en ce sens. Ainsi, sont blâmés par la commission, à des degrés divers : le premier ministre Menahem Begin, le ministre de la défense Ariel Sharon, le ministre des affaires étrangères Itzhak Shamir, le commandant en chef de Tsahal Raphaël Eytan, le chef des renseignements militaires Yehoshoua Saguy, le commandant de la région nord Amir Drori, et le général Amos Yaron. La recommandation la plus sévère est celle visant Ariel Sharon, qui doit quitter ses fonctions.
Le 18 juin 2001, le parquet Belge a accepté la plainte pour « crime de guerre, génocide et crime contre l’humanité », déposée par 23 rescapés de la tuerie. Depuis 1993, une loi belge autorise n’importe quel juge du pays à instruire les plaintes pour crime contre l’humanité ou crime de guerre, quel que soit le lieu où ils ont été commis et quelle que soit la nationalité des victimes et des accusés. Dans cette affaire, malgré les documents prouvant sa participation directe, la plainte ne vise pas nommément HK (nom de guerre de Elie Hobeika). Les attaques sont ciblées sur Ariel Sharon et Amos Yaron. La réponse des avocats des plaignants à cette constatation est que selon le droit international les commanditaires portent une responsabilité plus grande que les exécutants ce qui signifie que les avocats ont d’ores et déjà conclu : pour eux, les commanditaires ne sont autres qu’Ariel Sharon et Amos Yaron.
Pour Robert Hatem (garde du corps de HK) il en va autrement. Dans son livre « D’Israël à Damas », il dénonce l’implication de son ex-patron dans le carnage. Il explique que Sharon a donné des ordres stricts à HK en lui demandant que son armée se comporte honorablement et pas comme des « soldats de chocolats ». Cependant, HK a donné ses propres ordres : « extermination totale… camps bien nettoyés ». Cela dit, ce livre a été interdit en France, car HK a attaqué Robert Hatem pour diffamation. L’avocat de HK était Me Henri Leclerc vice président de la ligue des droits de l’homme…
L’assassinat récent de HK a soulevé de nombreuses interrogations, car il avait parlé d’importantes révélations. Les médias se sont tout de suite braqués sur Sharon qui nie toute participation à l’attentat.
Il faut noter qu’HK était un personnage ambigu car il a souvent changé de camp, ce qui lui a valu de se faire beaucoup d’ennemis. C’est ainsi qu’après Sabra et Chatila, il obtint la protection des syriens et s’assura, par la même occasion, la tranquillité quant à cette affaire. Mais cette tranquillité était-elle légitime ?











