Sur le site de lONG (pro-palestinienne) ISM (International Solidarity Movement).
Le plus important syndicat des professeurs de lenseignement supérieur britannique a adopté, cette semaine, le boycott des institutions universitaires israéliennes, plantant ainsi le décor dune lutte acharnée visant à faire casser cette décision.
Le Syndicat des Universités et des Grandes Ecoles [University and College Union], représentant plus de 120 000 professeurs de lenseignement supérieur, a adopté, le 30 mai, une résolution controversée appelant à un boycott des universitaires et des universités dIsraël, ainsi quà un moratoire sur le financement de la recherche israélienne par lUnion européenne.
En même temps, un professeur américain sest présenté comme la victime de lostracisme dune université israélienne.
Yigal Arens, professeur dinformatique à lUniversité de Caroline du Sud, qui est un détracteur déclaré dIsraël, a fait savoir, voici quelques jours, que son invitation à une conférence prochaine à lUniversité Ben Gourion du Néguev a été retirée, en raison de ce quil a appelé ses "opinions antisionistes".
Cette conférence, sponsorisée par lOtan, et prévue pour les 4 et 5 juin, est considérée comme devant représenter un véritable événement politique, puisquelle doit explorer le rôle potentiel dInternet dans la lutte contre le terrorisme.
Laccusation lancée par Arens, qui est le fils de gauche dun ancien ministre israélien de la Défense on ne peut plus de droite Moshe Arens , intervient à un moment où la communauté juive consensuelle est en train de se mobiliser afin de contrer le boycott universitaire.
Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard, et éminent supporter dIsraël, a dit quafin de protester contre le vote (du boycott), il sefforcera de mobiliser un millier de professeurs duniversité américains de diverses spécialités, afin quavec lui, ils se proclament professeurs honoraires duniversités israéliennes.
"Je me considère désormais comme un professeur israélien, et je vais me comporter comme tel", a dit Dershowitz. Et dajouter :
"Sils boycottent Israël", alors, ils me boycottent, moi !". [*]
Une autre action récente, visant à exercer des pressions sur lEtat juif, avait eu lieu en avril. 40 000 membres du Syndicat national (britannique) des journalistes avaient adopté une résolution appelant à un boycott des produits importés dIsraël.
Arens et ses soutiens de gauche disent que cette affaire ébranle un leitmotiv fondamental du mouvement anti-boycott, selon lequel les institutions universitaires israéliennes seraient une cible innocente, car non intrinsèquement politique. Mais les militants anti-boycott disent que, même si lexplication donnée par Arens de lincident (dont il est victime), est inexacte, cela ne justifie nullement que lon ostracise des milliers de professeurs en raison de leur nationalité.
Selon Kenneth Stern, directeur du Comité juif américain contre lantisémitisme et lextrémisme,
"Même si lon peut être troublé par lidée que quelquun puisse être invité, ou voir son invitation annulée, en raison de ses positions politiques, cest très différent du fait daffirmer que quelquun doit être exclu, au seul motif que ce quelquun est israélien".
Et Stern de commenter :
"Une erreur de jugement est une chose, cen est une autre de mettre toute une société au pilori."
Arens a expliqué à The Forward quau début janvier, il avait reçu un appel téléphonique de Paul Kantor, professeur de sciences de linformation à lUniversité Rutgers, linvitant à participer à une conférence internationale, "Sécurité informatique et terrorisme Patrouiller sur le Web". Cette conférence était organisée conjointement par Kantor et par Bracha Shapira, professeur à luniversité Ben-Gourion.
Selon les dires dArens, il aurait confié ses craintes à Kantor, et il sest assuré quil serait traité avec respect ; il sétait en effet senti tenu à lécart quand il avait assisté à une conférence dans lEtat juif, il y a de cela plusieurs années.
Une semaine après cette première conversation, a expliqué Arens, Kantor a retiré linvitation, disant que les responsables du gouvernement israélien qui devaient intervenir lors de cette conférence étaient gênés à lidée quArens y participe.
Arens, qui dirige à la fois le Département des systèmes intelligents de lInstitut des Sciences de lInformation de lUniversité de Caroline du Sud, et le Centre de Recherches sur la Gestion Informatisée, a suscité une colère particulière en Israël, en raison du fait que son père [Moshe Arens] a été un homme politique éminent du
Likoud, des années durant.
Le fait quArens [junior] aurait été snobé (en Israël) a été rapporté par le blog juif de gauche, Tikun Olam.
Le professeur à lUniversité de Caroline du Sud, âgé de cinquante-cinq ans, ayant envoyé un e-mail à Shapira lui demandant pour quelle raison il nétait plus le bienvenu à la conférence, Shapira lui répondit :
"Le professeur Kantor a outrepassé ses prérogatives en lançant cette invitation sans avoir auparavant suffisamment consulté les organisateurs de la conférence. Nous regrettons sincèrement ce contretemps."
Shapira na pas répondu à un appel téléphonique de Forward, sollicitant déventuels commentaires.
Dans un e-mail envoyé à Forward, Kantor a, en revanche, contesté la version de lincident donnée par Arens. Il y écrivait notamment :
« Je ne suis pas certain que lerreur que jai commise en linvitant puisse être qualifiée dannulation dinvitation. »
Kantor na pas répondu à nos questions ultérieures.
Pendant ce temps-là, en Grande-Bretagne, une coalition dassociations juives se réunissait pour condamner le vote du syndicat des universitaires. Jeremy Newmark, secrétaire général du conseil représentatif des juifs de Grande-Bretagne, la commentée en ces termes :
"La motion de boycott, adoptée par lUniversity and College Union est une agression contre les libertés académiques",
"Dès lors quune immense majorité duniversitaires (dans le monde entier) nest pas favorable à un quelconque boycott, la décision [adoptée par les universitaires britanniques] porte atteinte à la crédibilité du monde universitaire britannique dans son ensemble."
Rebecca Spence
© ISM
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[*] Voir la note suivante de Jeff Blankfort (sur le site de ISM)
« Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard, et éminent supporter dIsraël, a déclaré quen signe de protestation contre le vote (du boycott), il sefforcera de mobiliser un millier de professeurs américains de diverses spécialités afin quavec lui, ils se proclament professeurs honoraires duniversités israéliennes. Il a affirmé : "Je me considère désormais comme un professeur israélien, et je vais me comporter comme tel. Sils boycottent Israël, alors, ils me boycottent, moi !". Il y a encore quelques territoires non occupés, et luniversité britannique est lun de ceux-ci. Cest une grande victoire, et je suis persuadé que les professeurs du Royaume-Uni seront très heureux dajouter Dershowitz, ainsi que tous ces professeurs déshonorants à leur liste de gens à boycotter ! ».
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Mis en ligne le 1er juin 2007, par M.











