Vous êtes :
Accueil » Conflit palestino-israélien» Pourparlers de Paix
Pourparlers de Paix
Arafat perdra-t-il les élections internes du Fatah, à Gaza? A. Hass
[Shou hada ? What’s that ? Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est moi, le Raïs !]
Haaretz, 06/07/2004
Traduction française : CID, Bruxelles.
Malgré les objections du président de l'Autorité palestinienne (AP) Yasser Arafat, le Fatah, à Gaza, est en plein processus électoral interne, lequel processus a commencé le 26 mai et doit se poursuivre encore plusieurs semaines.
Selon des sources au Fatah, jusqu'ici, la grande majorité des élus appartiennent au camp réformiste, qui demande plus de démocratie dans le mouvement, et la vieille garde est en train de perdre. D'autres sources affirment sans ambages que c'est le camp de Mohammed Dahlan qui l’emporte.
A cause du succès du camp Dahlan, Arafat a ordonné, le week-end dernier, un arrêt du processus électoral. Néanmoins, le scrutin de la région de Rimal, au nord de Gaza, a eu lieu comme prévu dimanche. La participation, à Rimal, était de 1.060 membres locaux du Fatah. Depuis mai, des élections se sont tenues dans 5 circonscriptions de Gaza: Beit Hanun, 450 membres; Jabalya City; deux quartiers du camp de réfugiés de Jabalya, avec 950 membres votant dans l'un de ces districts; et Beit Lahia, avec 650 membres votants. Selon les organisateurs, la participation est de plus de 95% des membres bénéficiant du droit de vote.
Le Fatah est organisé en 7 districts, à Gaza, et chacun d'entre eux comporte 5 circonscriptions électorales, sauf pour Khan Yunis, qui en a 4. En tout, il y a 34 circonscriptions électorales dans la Bande de Gaza. Le processus actuel doit aboutir à l'élection de 38 représentants dans chaque district, auxquel il faut ajouter 12 cooptés. Les élus des circonscriptions d'un même district élisent, à leur tour, 11 représentants pour le district, le leadership local de chaque district nomme 4 représentants, de telle sorte que chaque district a 15 représentants, et ces 105 représentants des 7 districts viennent s'ajouter aux représentants de Cisjordanie et de la "Diaspora" pour élire le nouveau conseil révolutionnaire qui, à son tour, procède à l'élection du nouveau comité central du mouvement.
Arafat a donné l'ordre d'interrompre les élections indirectement, par l'intermédiaire du chef des forces de Sécurité Générale à Gaza, Abed Razik al Majada, qui a lui-même donné l'ordre au secrétaire général du Fatah à Gaza, Ahmed Hilis, d'annuler les élections et de supprimer des listes tous les membres des forces de sécurité se présentant pour ces élections, ces derniers étant considérés comme les plus susceptibles de les remporter. Majada a exprimé clairement qu'il agissait sur ordre d'Arafat.
L'importante participation a encouragé les organisateurs à ignorer les ordres d'Arafat. Un haut responsable du Fatah a déclaré à Haaretz : "nous voulons encourager le Fatah à Gaza, en Cisjordanie et dans la "Diaspora", à nous suivre et à organiser des élections internes, de telle sorte que nous puissions élire un nouveau comité central du Fatah. La dernière fois qu'un comité central a été élu, c'était il y a 16 ans."
Les membres actuels du comité central sont tous, excepté un, des "Tunisiens", c'est-à-dire des Palestiniens de l'extérieur revenus dans les territoires avec la création de l'AP, dans la foulée des accords d'Oslo, en 1993. Personne n'a directement défié le leadership d'Arafat pendant les campagnes électorales.
Une des régions où les élections pourraient être postposées est la région de Sejea, parce ce que c'est le fief de Hilis, qui est considéré comme arafatiste.
Mais un des organisateurs a déclaré à Haaretz que lui et ses collègues feront tout pour que ces élections réussissent et se propagent à toute la Bande de Gaza.
Amira Hass
Correspondante de Haaretz à Gaza
© Haaretz pour l’original et CID, Bruxelles, pour la version française.
Mis en ligne le 06 juillet 2004 sur le site www.upjf.org.











