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Pourparlers de Paix
Crise au sein de l'Autorité palestinienne
I. Le Fatah d'Arafat s'enfonce dans la criseSamedi, 28 février 2004
L'Orient-Le-Jour (Beyrouth)
Les jeunes cadres ne parviennent pas à desserrer l'emprise de Yasser Arafat, la vieille garde est sclérosée et les directions politiques et militaires ne semblent pas sur la même longueur d'onde : le Fatah, doyen des mouvements palestiniens, s'enfonce dans la crise.
Si les dirigeants du mouvement s'accordent sur la nécessité de mettre en oeuvre des réformes pour donner un nouvel élan au mouvement, créé il y 39 ans, ils divergent sur leur nature, leur ampleur et les moyens de les appliquer. Ces désaccords ont refait surface lors d'une réunion de l'une des principales instances du Fatah, le Conseil révolutionnaire (CRF), dont la centaine de membres examinaient depuis mercredi une série de mesures destinées à "moderniser" le Fatah et à injecter du sang neuf au sein de sa direction.
Selon des participants, le CRF devait désigner, à la demande de M. Arafat, les membres d'une commission chargée de préparer la tenue d'une conférence générale du mouvement en vue de le doter d'une nouvelle direction élue. Les membres du CRF, instance inférieure au Comité central, sont toutefois divisés sur le nombre de membres que les différentes instances du Fatah doivent chacune avoir au sein de ladite commission, indique-t-on de mêmes sources.
L'élection d'un nouveau Comité central, instance qui n'a pas été renouvelée depuis 15 ans, figure pourtant parmi les principales exigences de la "jeune garde", dont l'un des chefs de file est le colonel Mohammed Dahlane, ancien ministre chargé de la sécurité et homme fort de la bande de Gaza. Cette exigence se heurte toutefois à l'opposition de ténors du Fatah, dont certains siègent au sein du Comité central, et qui risquent d'en être évincés si un nouveau scrutin a lieu.
Violente altercation entre Arafat et Youssef
La réunion a, en outre, été marquée par une violente altercation entre M. Arafat et le général Nasr Youssef, devenu sa bête noire pour avoir exigé davantage de contrôle sur les services de sécurité quand il a été pressenti, l'an dernier, pour devenir ministre de l'Intérieur. M. Arafat avait mis son veto à sa nomination. Furieux d'avoir été interrompu, M. Arafat a lancé un microphone en direction du général Youssef, qui a riposté en lui jetant un stylo, selon des sources qui ont requis l'anonymat. Les deux hommes ont aussi échangé des invectives. La réunion a par ailleurs pris connaissance d'un rapport interne s'inquiétant de "l'opacité" des finances du mouvement, autrement dit de la corruption, et d'un deuxième document soulignant la nécessité d'unifier les différents services de sécurité de l'Autorité palestinienne, idée à laquelle M. Arafat a toujours été hostile.
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II. Arafat promet des élections au Fatah sous un an
Vendredi 27 février 2004
RAMALLAH, Cisjordanie (AP) - Yasser Arafat a accepté, vendredi, d'organiser des élections, sous un an, au sein du Fatah qu'il dirige ; mais de jeunes dissidents du principal parti de l'OLP doutent de sa parole.
Le président de l'Autorité palestinienne, qui s'exprimait lors du dernier des trois jours d'une réunion des 126 membres du Conseil révolutionnaire du Fatah (CRF) à Ramallah (Cisjordanie), a, selon des participants, refusé de fixer un délai de six mois pour la tenue d'un congrès du parti principalement destiné à désigner un nouveau Comité central, l'organe décisionnel de la formation.
Certains réformateurs se montraient circonspects, déclarant qu'Arafat avait souvent fait de telles promesses par le passé et qu'il pourrait facilement prétexter des tensions israélo-palestiniennes pour reporter le rendez-vous.
Les réformateurs reprochent au président palestinien la corruption qui règne au Fatah, ainsi que le refus de la formation de donner aux habitants de Cisjordanie et de la Bande de Gaza une voix prépondérante au Comité central, dominé par des responsables ramenés par Arafat, lors de son retour de Tunisie, en 1994.
Les congrès du Fatah sont censés avoir lieu tous les cinq ans, mais le dernier remonte à 1989. Les délégués viennent du Liban et d'autres pays du Moyen-Orient, ainsi que de Cisjordanie ou de la Bande de Gaza. AP
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III. Démission du maire de Naplouse
Samedi 28 février 2004
NAPLOUSE, Cisjordanie (AP) - Le maire de Naplouse, la première ville de Cisjordanie, a annoncé samedi sa démission pour protester contre l'inaction de Yasser Arafat dans la mise au pas des organisations palestiniennes.
Ghassan Shakaa, depuis longtemps allié du président de l'Autorité palestinienne, a expliqué vendredi qu'il démissionnait pour protester contre la chute dans l'anarchie. "J'ai soumis ma démission au président Arafat, parce que j'assiste à l'effondrement de ma ville et je ne veux pas rester sans rien faire et assister à cet effondrement", a-t-il confié à l'Associated Press.
"Ma démission est un avertissement à l'Autorité palestinienne et aux habitants de Naplouse, parce qu'ils ne font rien pour cette ville".
En novembre dernier, des hommes armés palestiniens ont tué son frère. Le maire de Naplouse avait désigné les suspects, mais les forces de sécurité ne les ont pas interpellés. Ghassan Shakaa a toutefois affirmé que sa démission n'avait rien à voir avec ce meurtre. Il restera à la tête de la ville jusqu'au 1er mai. AP
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IV. Naplouse veut se débarrasser de son image de "Chicago de Cisjordanie"
Bulletin n° 1112 du mardi 16 Décembre 2003
16/12/2003 - 09:47
NAPLOUSE (Cisjordanie), 16 déc (AFP) - Profitant du déclin des services de sécurité depuis le début de l'Intifada, des activistes armés indisciplinés font régner la terreur à Naplouse, devenu aux yeux de beaucoup de Palestiniens le "Chicago de Cisjordanie".
Reconnaissant la pertinence de cette comparaison peu flatteuse, quand il s'agit de décrire l'insécurité à laquelle sa ville est livrée, le maire de Naplouse, Ghassan Al-Chaka, impute ce phénomène à une poignée de gangsters "dirigés par trois au quatre chefs qui servent les intérêts d'Israël".
"Cela est vrai à cause de la situation sécuritaire, mais nous espérons pouvoir changer cette situation", affirme M.Chaka, issu d'une des plus grandes familles de cette ville de 200.000 habitants, du nord de la Cisjordanie.
Règlements de comptes, chantage [exercé] par des hommes armés à la gâchette facile, ou vendettas, le chaos dans lequel Naplouse a graduellement sombré depuis le début de la révolte palestinienne, en septembre 2000, a fait au moins 33 morts "innocents" d'après le maire - dont le frère a été assassiné par des hommes armés, le 25 novembre 2003.
M. Chaka estime que cet assassinat est un "message" qui lui est adressé.
"Ils savent que je suis contre leurs comportements, qu'ils ne peuvent pas me faire chanter et que j'encourage les Palestiniens à rejeter leurs actes. C'est pour ces raisons qu'ils ont visé mon frère", affirme-t-il.
Pour M. Chaka, Israël, dont les fréquentes opérations militaires à Naplouse ont considérablement affaibli les services de sécurité palestiniens, est le premier responsable de cette situation.
Le maire, qui avait tiré la sonnette d'alarme dans une tribune adressée au dirigeant Yasser Arafat après le meurtre de son frère, ne mâche pas non plus ses mots vis-à-vis de l'Autorité palestinienne.
"Depuis le début de l'Intifada, l'Autorité palestinienne n'accorde aucune attention au nord de la Cisjordanie", affirme-t-il.
Selon Hazem Zhokan, chef du mouvement Fatah de Yasser Arafat, à Balata, le camp de réfugiés de la ville, l'insécurité à Naplouse est avant tout la conséquence d'un conflit du pouvoir entre le maire, le gouverneur, et les chefs des différents services de sécurité.
"Les décideurs dans le gouvernorat sont la cause de cette anarchie. Le maire, le gouverneur et les chefs des services de sécurité, déchirés par une lutte de pouvoir, en portent la responsabilité", affirme-t-il à l'AFP.
"Les services de sécurité sont assez forts pour agir s'ils en reçoivent l'ordre", soutient-il.
M. Zhokan reconnaît qu'une grande partie des actes criminels sont commis par des activistes des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé lié au Fatah et composé de cellules sans hiérarchie bien définie.
"Certains membres des Brigades agissent de la sorte car ils souffrent de problèmes financiers. Il y a aussi des individus qui prétendent appartenir aux brigades pour extorquer de l'argent", affirme-t-il.
Selon lui, "les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa [portent] la responsabilité de la plupart des actes, même s'ils ne les commettent pas tous directement".
"Nous sommes différents des autres groupes armés, car nous n'avons pas un commandement hiérarchisé. Certains activistes travaillent pour le peuple mais d'autres travaillent malheureusement contre lui", admet l'un des chefs de file des Brigades, à Balata, Hachem Abou Hamdane, 23 ans.
Selon lui, les Brigades ne comptent, dans la région de Naplouse, que quelque 70 activistes "qui ont pour seul objectif de résister à l'occupation", alors qu'entre 1.500 et 2.000 hommes s'en réclamant sont des "intrus" imposés au groupe par des hommes politiques qui "s'en servent à des fins personnelles".
En dépit de ce sombre tableau, le maire, encouragé par un ras-le-bol de plus en plus exprimé ouvertement par les habitants de la ville, voit un début d'amélioration.
"Je vois le début d'un mouvement populaire pour mettre fin à l'insécurité", dit-il. "Les citoyens et les groupes politiques de bonne volonté savent qu'il est temps de mettre fin au chaos".
© 2003 AFP.
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