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Pourparlers de Paix
Analyse : Arafat est en confiance, par Ze'ev Schiff
Haaretz, dimanche 5 octobre 2003Traduction CID
Une discussion sur le sort de Yasser Arafat surviendra presque automatiquement lors de la réunion du cabinet, consécutive à l'attentat-suicide de samedi à Haïfa, qui a tué des familles entières. L'attaque, en cette veille de Yom Kippour, fait immédiatement songer à celle du Park Hotel ; à Netanya ; lors du réveillon de Pessach, en avril 2002. Cette attaque fut suivie par l'opération Mur de Défense, une opération de grande envergure des Forces de Défense d'Israël en Cisjordanie.
Même si Arafat n'a aucun lien avec l'attaque menée par le Jihad islamique, les diverses branches du renseignement des services de sécurité en Israël sont persuadées que son rôle dans les activités terroristes récentes s'est accru. Bien que les réponses israéliennes possibles soient limitées - même si la décision de se débarrasser de "l'obstacle", selon l'expression employée pour désigner Arafat, n'est pas prise -, on s'attend à ce que le noeud coulant qui enserre ses bureaux de la Moukata aille en se resserrant, jusqu'à isolation quasi complète – ce qui signifie qu'on ne lui permettra aucune visite, ni de dignitaires étrangers, ni de diplomates, ni des media, ni non plus de ses propres ministres, y compris du nouveau Premier Ministre palestinien, Ahmed Quorei.
Depuis près de quatre semaines, le calme régnait. Aucun attentat-suicide n'avait été perpétré, aucune roquette Qassam n'avait été tirée de la bande de Gaza. Mais les analystes du Shin Bet - la sûreté [nationale] - n'ont jamais été convaincus du caractère durable de cette accalmie. Au cours du mois dernier, on a dénombré 22 interceptions de kamikazes avant explosion, rien que pour les tentatives provenant de Cisjordanie. Le nombre d'alertes signalées par les
renseignements est encore plus élevé. Il était clair que ce n'était qu'une question de temps pour qu'un kamikaze parvienne à pénétrer les défenses.
Il s'avère, en outre, que, suite à l'appel à ne pas porter atteinte à Arafat, lancé par l'Assemblée Générale des Nations unies à Israël, la confiance en soi du président de l’AP est à la hausse. Il a réussi à déplacer l'attention sur les actions d'Israël. C'est le cas avec la clôture de sécurité et avec les plans de nouvelles constructions dans les implantations déjà existantes.
Ces trois derniers jours, les déclarations sur le Moyen-Orient du Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, se sont focalisées sur les actions "négatives" d'Israël. D'un autre côté, on n'entend aucune critique des déclarations répétées d'Ahmed Quorei [affirmant] que l'Autorité Palestinienne n'a pas intention de prendre la moindre mesure contre les organisations islamiques radicales. Ce n'est [donc] pas une surprise de voir Arafat surfer sur une vague de confiance.
A la faveur de cette confiance retrouvée, Arafat continue de s'opposer à toute tentative de prise de contrôle des appareils de sécurité palestiniens, qui les ferait sortir de sa sphère d'influence. Arafat s'est débarrassé de Mahmoud Abbas et de Mohammed Dahlan, membres du gouvernement précédent.
Entre temps, des attentats de grande ampleur font plus de victimes israéliennes que palestiniennes. Ceci ne semble pas empêcher des ministres et des officiels [israéliens] de haut rang de déclarer, avec une confiance aveugle, qu'Israël continue à avoir le dessus.
Ze'ev Schiff *
* correspondant de Haaretz
Mis en ligne le 7 octobre 2003 sur le site www.upjf.org











