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Pourparlers de Paix
L'élimination d'Arafat, Par Uri Dan
Jerusalem Post 18/9/2003
Traduction française de Henri Orquera
Quand Arafat résidait en Allemagne, à Frankfort, vers 1967, il était déjà engagé dans des opérations terroristes meurtrières contre Israël. Les agents du Mossad avaient réussi à obtenir l’accès de sa chambre à coucher.
Pendant qu’il était engagé dans un adultère effréné avec la veuve de l’un des chefs des Frères Musulmans en Égypte, certains officiers du Mossad continuaient à penser qu’il était essentiel qu’Arafat soit éliminé. Les dirigeants israéliens y étaient opposés, ne comprenant pas qu’il était l’un des plus dangereux agents du fléau terroriste, une menace pour les citoyens innocents.
Mais Yitzhak Rabin, dans sa première période comme Premier Ministre (1974-1977), l‘avait très bien compris. Dans son bureau de la Kyria [bureaux du gouvernement) à Tel Aviv, Rabin m’avait montré fièrement un document top secret, reçu de son ami personnel Henry Kissinger, Secrétaire d’État américain. Dans ce document, les États-Unis se proposaient de refuser l’établissement d’un État Palestinien et de refuser également de reconnaître l’Organisation de Libération de la Palestine.
Rabin avait expliqué à Kissinger que L’Organisation de Libération de la Palestine était une organisation terroriste créée par Arafat. Pendant cette conversation, Rabin avait rajouté «l’établissement d’un État Palestinien serait une sentence de mort pour Israël.»
Il était donc naturel que Menahem Begin donne au Mossad l’ordre d’éliminer Arafat, durant le siège de Beyrouth, à l’été 1982. Begin savait qu’on peut faire la paix avec un ennemi, mais pas avec un tueur qu’il faut poursuivre jusque dans son repaire.
Cependant le Mossad a failli piteusement à sa tâche. Il n’a pas exécuté l’ordre de Begin. Il y avait déjà, dans ses rangs, davantage de diplomates parlant un bel anglais, comme Éphraïm Halévy, que des agents imaginatifs. La plupart des représentants du Mossad qui ont initié la coopération avec les Chrétiens Phalangistes présentaient des factures de dépenses généreuses pour rester au Liban et mangeaient de grandes quantités de houmous et de tehina [plats orientaux typiques]. Mais ils n’ont préparé aucun agent capable de tuer Arafat quand la guerre a éclaté en 1982.
En l’absence d’autre alternative, le Colonel Dayan a été chargé de diriger, depuis le sommet d’une colline du Liban, l’avion qui devait bombarder Beyrouth-Ouest dans l’espoir d’atteindre Arafat et ses compagnons. Un ancien officier supérieur du Mossad, Zvi Malchin, est intervenu, au dernier moment, pour éviter que Dayan exécute la mission de bombardement, parce qu’elle était sans valeur. Il m’a appelé au bureau du Ministère de la Défense depuis le sommet de sa colline, me demandant que j’en réfère à Sharon, Ministre de la Défense. Sharon a immédiatement annulé la sortie.
À cause de la faillite du Mossad, la vie d’Arafat a été sauvée, et Sharon l’a expulsé de Beyrouth.
Dans son second mandat de Premier Ministre, il y a 10 ans, Rabin est tombé dans le piège que lui ont astucieusement tendu Shimon Pères et Yossi Beilin [très à gauche]. À Washington, il a serré la main d’Arafat et l’a amené aux portes de Jérusalem, à la tête d’une armée de milliers de terroristes en armes.
Ce n’est donc pas une surprise que Pères défende maintenant Arafat avec lequel il partage le Prix Nobel de la Paix, en s’opposant à son expulsion ou à son élimination, par le truchement des mêmes médias qui ont fait de la propagande pour les accords d’Oslo.
Ceci est typique de la Gauche Israélienne, qui est prête à approuver la mise à mort d’Ousama Ben Laden et de Saddam Hussein par les Américains, mais sont encore enclins à considérer Arafat, le meurtrier de leurs propres compatriotes, comme un partenaire, alors qu’eux-mêmes peuvent très bien devenir ses prochaines victimes.
Même Sigmund Freud aurait été incapable de soigner de telles gens, comme Uri Avnery. Il n’existe aucun vaccin contre la maladie psycho-politico mentale qui a affligé une partie de la nation juive tout au long des générations, une maladie qui se manifeste par le désir de coopérer avec ses meurtriers potentiels.
La décision, adoptée la semaine dernière par le gouvernement israélien, «d’éliminer le problème Arafat, puisqu’il est un obstacle à la paix», a ouvert une opportunité à la fois pour les Israéliens et pour les Palestiniens.
Avec Arafat, il est impossible de progresser vers un accord entre les deux nations ; sans lui, il y a une chance, un espoir que le processus de réconciliation puisse commencer.
Seuls des gens manquant d’imagination, ou les fous habituels de la gauche, ont immédiatement commencé à expliquer qu’éliminer Arafat était risqué, et combien de dangers supplémentaires causeraient son expulsion ou sa mort.
Il y a d’autres moyens de neutraliser Arafat. La cabine de verre, construite pour Adolf Eichmann [lors de son procès] existe encore, et pourrait être utilisée pour juger Arafat en Israël. Il y a suffisamment de preuves de meurtres, non seulement d’Israéliens innocents, mais aussi d’Américains et de citoyens d’autres pays. Les preuves sont tellement accablantes, qu’Arafat pourrait être jugé pour crimes de guerre.
Le temps est venu que les responsables des services de renseignements, les militaires, et la police rassemblent tous les éléments en un seul document, qui serait soumis, pour étude, à des juristes internationaux. Aux États-Unis, en Angleterre, et même en France, il y a des juristes prêts à défendre les Juifs. Ceci aiderait Israël à «éliminer le problème Arafat.»
En conséquence, la décision du gouvernement israélien a été une bonne décision de principe, et il est important qu’elle ait été rendue publique. Dans sa signification historique et morale, même avant son exécution, elle constitue l’équivalent de la décision secrète de ramener Adolphe Eichmann de Buenos Aires à Jérusalem, en 1960, et à celle d’expulser Arafat de Beyrouth, en 1982.
Uri Dan
© Jerusalem Post pour l’original anglais et H. Orquera pour la traduction française.
• L’auteur est le correspondant israélien du New York Post.
Mis en ligne le 21 septembre 2003 sur le site www.upjf.org











