Vous êtes :
Accueil » Conflit palestino-israélien» Pourparlers de Paix
Pourparlers de Paix
Oslo 10 ans après - Espoir contre logique, Limor Livnat
17/09/03Oslo, dix ans après : l'échec. Il est à présent évident que les accords d'Oslo ont échoué. Depuis dix ans, le comportement palestinien n'a pas changé, pas plus que leurs revendications. Aujourd'hui, Oslo n'est plus et le terrorisme fait toujours rage.
Jerusalem Post
16 septembre 2003
Le temps avance vite au Proche-Orient. Dix ans sont bien plus que suffisants pour évaluer correctement la stratégie diplomatique d'Israël. Et lorsqu'il s'agit d'Oslo, de nombreux Israéliens, si ce n'est la majorité, n'ont jamais eu véritablement besoin d'une perspective historique pour se rendre compte des erreurs monumentales commises au cours du processus.
Le rôle d'Israël à Oslo est une histoire d'espoirs et de rêves délirants qui ont pris le dessus sur la logique et l'endurance nationale.
A Oslo, Israël a accepté de faire des compromis définitifs, en échange d'efforts palestiniens pour combattre le terrorisme. La mise en garde des adversaires d'Oslo, qui avançaient que cet effort n'était pas mesurable, et que seuls les résultats étaient quantifiables et constituaient la base responsable de tout compromis, s'est révélée juste.
Non seulement la terreur palestinienne n'a pas été combattue, mais, qui plus est, elle a été alimentée, sous l'autorité de nos interlocuteurs palestiniens, et érigée en un trait culturel caractéristique de la nation, ravissant la vie de plusieurs centaines d'innocents et terrorisant la population dans son ensemble.
A Oslo, Israël a décidé, à tort, de porter seul le fardeau du "problème palestinien". Mais ce problème n'en demeure pas moins le résultat de dizaines d'années de dissidence arabe que de dizaines d'années d'autodéfense israélienne. Oslo a exonéré les Etats arabes - qui partagent la responsabilité du problème - de leur responsabilité dans la solution du problème.
Mais, plus grave encore, Oslo a accordé une légitimité au terrorisme palestinien. Des hommes qui se sont livrés à des activités terroristes, toute leur vie durant, ont obtenu non seulement une grande partie de ce qu'ils voulaient, mais aussi - chose des plus importantes pour eux - la légitimité.
Quant à la justice, au respect de la vie humaine et aux droits légitimes des Juifs, ils sont tous passés à la trappe. Non seulement la clémence face aux meurtres leur a été accordée, mais - plus tragique encore - la cause qu'ils avançaient pour justifier ces meurtres a été légitimée. Tout cela a engendré davantage de terreur.
Ce n'est que tardivement, lorsqu'Arafat a été jugé incompétent et mis hors-jeu, que la première rupture vis-à-vis du processus d'Oslo s'est opérée. Le terrorisme a alors été délégitimé, et les terroristes ont été pénalisés.
Mais ni l'un ni l'autre n'ont été vaincus. Et ce parce que, à l'instar du cas de Saddam Hussein et du mollah Omar, Arafat n'est pas l'unique lépreux. Il était nécessaire que, tant en Afghanistan qu'en Irak, les ennemis de la paix et les partisans de la terreur soient vaincus dans leur totalité. Les membres du gouvernement, les différents appareils de l'Etat, les apparatchiks des partis et les hommes de main n'ont pas été simplement réprimés dans leurs bureaux, ils ont été révoqués et chassés.
Les jusqu'au-boutistes d'Oslo sont à mettre sur le même plan que ceux qui se sont opposés au renversement du Baas et des Talibans. Mais le monde dans son ensemble, et le Proche-Orient en particulier, se portent mieux maintenant que l'un est en train de mourir et que l'autre a déjà disparu.
Pour ceux qui auraient toujours un doute, ce que démontre largement la destitution, forcée et orchestrée, d'Abou Mazen par Arafat, c'est qu'en ce qui concerne les négociations de paix, il faut effectuer une véritable mise hors-jeu des leaders néfastes, en s'inspirant du paradigme mis au point par les Américains pour Bagdad et Kaboul.
Et comme il nous a été donné de l'observer dans les deux cas, dans la bataille contre le terrorisme, le temps peut et doit avancer encore plus vite que d'habitude.
Limor Livnat *
© Jerusalem Post
* L'auteur est la ministre de l'Education de l'Etat d'Israël.
[Texte aimablement transmis par Media Eyes Belgium belgium@mediaeyes.com].
Mis en ligne le 20 septembre 2003 sur le site www.upjf.org











