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Pourparlers de Paix
Abou Alla a-t-il plus de chances de succès que Mazen?
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08/09/03

© aroutz7.com en français


Abou Alla succède à Abou Mazen

Le comité directeur de l’OLP a autorisé d’une seule voix la nommination d’Abou Alla au poste de Premier ministre de l’Autorité palestinienne conformément à la volonté de Yasser Arafat exprimée dimanche. Le Fatah a donné également son feu vert. Ces informations viennent annuler celle d’un retour possible du Premier ministre démissionnaire Abou Mazen. Abou Alla n’a pas encore réagi officiellement à sa nomination. L’homme politique, connu pour être un proche d’Arafat, a jusqu’à présent été le principal médiateur entre ce dernier et Abou Mazen dans les moments de crise. Il n’avait pu que constater le gouffre entre les deux leaders animés d’une haine tenace l’un envers l’autre. Lors d’une interview accordée à la chaîne qatarie Al-Jazira il y a quatre jours, il avait annoncé qu’il n’avait pas l’intention d’accepter le poste de Premier ministre pour des raisons de santé et parce qu’il souhaitait passer plus de temps avec sa famille. A-t-il caché ses véritables objectifs par rapport à Abou Mazen ? Pendant toute cette période, il a mené de nombreux échanges avec les Américains et les Européens pour tester leurs dispositions envers lui s’il était nommé à la place de Mazen.
Depuis les accords d’Oslo, Abou Alla est devenu une personnalité incontournable de la scène politique palestinienne et a joué le rôle d'intermédiaire et de conciliateur à plusieurs reprises. Arafat aurait déjà des idées très claires sur les personnes qu’il veut voir nommer au poste de la sécurité intérieure et à celui de Premier ministre adjoint. Il n’a pas encore dévoilé officiellement leur identité, mais il serait question du général Youssouf à la sécurité intérieure.


Abou Alla : 5 semaines pour former un gouvernement

Avant même que le président du Conseil législatif palestinien ait donné son assentiment à la décision de Yasser Arafat de le nommer Premier ministre de l’Autorité palestinienne, l’Union européenne l’a assuré de son soutien. Abou Alla a finalement accepté d’endosser ses nouvelles fonctions après avoir réservé sa réponse dans l’attente d’engagements israéliens et américains. Il doit entamer les pourparlers visant à la composition du nouveau gouvernement qui se prolongeront plusieurs jours, voire cinq semaines.

Israël a l’intention de suivre pas à pas les étapes de la formation du nouveau cabinet ministériel palestinien. Le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom, s’exprimant sur la nomination d’Abou Alla, a déclaré qu’il sera jugé sur ses actes et les décisions stratégiques qu’il prendra. "La question qui préoccupe Israël est de savoir si Abou Alla saura combattre le terrorisme et suivre le chemin de la paix". A l’issue de son entretien cet après-midi avec Yasser Arafat, Abou Alla a choisi d’employer un ton ferme vis-àvis d’Israël, voire de mise en garde : il a exigé des garanties américaines et israéliennes concernant l’arrêt de la politique d’élimination de terroristes. Il a demandé également qu’Israël modifie sa façon de traiter le vieux leader palestinien. "A quoi bon former un nouveau gouvernement si Israël ne change pas sa politique vis-à-vis des Palestiniens", a-t-il lancé.


Dahlan fidèle à Abou Mazen

Muhammad Dahlan reste fidèle : «Je ne serai ministre dans aucun gouvernement palestinien. Il n’y a rien à rajouter» déclare-t-il dans une interview accordée au quotidien Maariv. Selon lui, certains palestiniens (Dahlan a refusé de fournir leurs noms) n’ont pas pu supporter que le cabinet Abou Mazen ait réussi à mettre en place des réformes : «Ces personnes ont proféré et diffusé des menaces contre notre gouvernement».

Israël n’échappe pas aux critiques de Mr Sécurité : «Israël n’a montré aucune volonté d’avancer selon la Feuille de route. Le peuple palestinien pense qu’Israël n’était pas sérieux dans ses intentions de paix». Lorsqu’on lui reproche de ne rien avoir tenté contre les infrastructures terroristes, Dahlan répond qu’il lui fallait d’abord remettre en place les infrastructures de la police palestinienne.

Et on revient toujours au cercle vicieux où Israël demande à l’AP qu’elle combatte les terroristes, tandis que la direction palestinienne exige tout d’abord que de nouvelles facilités soient accordées aux Palestiniens. Israël rappelle alors qu’à chaque fois que les barrages ont été levés, un attentat s’est produit. Et le cercle reprend… Dahlan ne sera donc pas chargé du dossier Sécurité dans le prochain gouvernement d’Abou Alla. Son remplaçant est encore inconnu.


Rivline préfère Arafat en quarantaine

Le Président de la Knesset, Reouven Rivline, a exprimé son désaccord quant à l’expulsion de Yasser Arafat. Selon lui, «il est préférable de laisser Arafat en quarantaine à la Moukata que de le renvoyer à l’étranger».

Rivline s’explique : «Lorsqu’il est emprisonné seul et sans possibilité de se déplacer, il est au plus bas et n’influe sur quasiment rien. Son expulsion renforcera son statut et son influence. Lorsqu’il sera libre de faire du tourisme et de se promener de par le monde, il pourra diffuser sa propagande et les dégâts qu’il nous causera seront beaucoup plus importants que ceux qu’il nous cause aujourd’hui».


Beilin ne se fait pas d’illusions

Yossi Beilin, un des architectes des accords d’Oslo, ne se fait pas beaucoup d’illusions quant aux chances d’Abou Alla de réussir dans son nouveau rôle de Premier ministre de l’Autorité palestinienne.

Selon lui, «il ne fait pas de doutes qu’Abou Alla est en train de prendre les plus grand risque politique de sa carrière et qu’il risque d’échouer très rapidement». D’autre part, Beilin ne pense pas qu’Abou Alla ait l’intention de combattre réellement le Hamas.


Abou Alla plus extrémiste qu’Abou Mazen

Des responsables politiques, faisant partie de la suite du Premier ministre en route pour l’Inde, ont déclaré qu’Israël craignait fort qu’Abou Alla, nouveau dirigeant de l’Autorité palestinienne, ne soit en fait qu’un pantin entre les mains d’Arafat. Ils ont ajouté que le cas échéant, Arafat continuerait à contrôler toutes les forces de sécurité palestiniennes, privant Abou Alla de certaines prérogatives qui lui auraient permis de lutter contre le terrorisme.

Abou Alla a annoncé, pour sa part, qu’il n’accepterait d’assumer ses nouvelles fonctions que si les Etats-Unis et l’Europe lui accordaient des garanties lui permettant de promouvoir le «processus de paix». L’Union européenne a déjà annoncé qu’elle approuvait la nomination d’Abou Alla à la tête de l’Autorité palestinienne.

Au cours du journal parlé d’Aroutz Shéva en hébreu, le journaliste Haggay Huberman a rappelé qu’Abou Alla tenait à tout prix à faire appliquer le «droit au retour» des réfugiés palestiniens. Il a souligné qu’à travers les propos qu’il avait tenus sur cette question, il s'avérait qu'Abou Alla se montrait encore plus intransigeant que son prédécesseur. Un autre fait a été relaté au cours du journal par Haggay Segal, qui a rappelé qu’après la signature des accords d’Oslo, le drapeau israélien avait été déposé aux pieds d’Abou Alla qui l’avait piétiné.


Amos Guilad : Abou Alla est voué à l'échec

Le général Amos Guilad, haut responsable du ministère de la Défense, a déclaré que le nouveau Premier ministre de l'AP Abou Alla n'avait aucune chance de réussite car il est sous les ordres d'Arafat. Ce dernier fera tout pour "torpiller toutes les initiatives concernant la lutte contre le terrorisme et la transformation de l'AP en une entité politique plus moderne".


Israël continue à rencontrer des dirigeants palestiniens
Malgré l’interdiction diffusée par le cabinet du Premier ministre Ariel Sharon selon laquelle Israël gèle toutes les négociations avec la direction palestinienne, Dov Weissglass, directeur du même cabinet, a rencontré la semaine dernière le responsable du dossier Finances dans l’Autorité palestinienne, Salam Fayed.

A Jérusalem, on explique que cette rencontre était vitale pour conserver un minimum de rapports avec l’AP et qu’il n’est pas question de pourparlers.

Le ministre des Transports, Avigdor Lieberman (Ihoud Leoumi), a vivement critiqué cette politique : «Un jour, on élimine ; le lendemain, on négocie. Il est impossible de vaincre le terrorisme de cette manière».

Selon lui, cette tactique ne peut continuer, «que ce soit sur le plan sécuritaire, politique ou économique». Il a ajouté «qu’il est temps pour Israël de mûrir».


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Mis en ligne le 08 septembre 2003 sur le site www.upjf.org
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