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Pourparlers de Paix
Démission d'Abou Mazen (Aroutz7)
06/09/03Aroutz7 en français
Abou Mazen n’est donc plus le chef du cabinet politique de l’Autorité palestinienne.
Sa décision était en suspens depuis quelques jours, mais c’est dans la nuit de vendredi à samedi qu’il a fait cette démarche.
Selon les sources palestiniennes, il a, ce samedi, présenté sa démission devant le Parlement palestinien, en arguant d’obstacles «intérieurs, israéliens, et américains».
Yasser Arafat, a annoncé qu’il acceptait la démission de son chef de cabinet.
Le conflit entre Abou Mazen et Yasser Arafat était bien présent depuis de nombreuses semaines, notamment à propos du contrôle des services de sécurité. Et la pression exercée par Arafat sur son chef de cabinet allait croissant.
Abou Mazen avait dû s’expliquer sur sa politique et ses résultats devant les membres du Conseil législatif palestinien, réunis jeudi matin à Ramallah.
Abou Mazen, avait alors laissé entendre qu'il quitterait son poste, s'il ne bénéficiait pas du soutien nécessaire. Un vote de confiance avait été repoussé à une date ultérieure, mais le statut d’Abou Mazen apparaissait déjà très compromis.
Arafat l’accusait publiquement de «collaboration avec l’ennemi». Des manifestations avaient même été organisées à Ramallah pour réclamer sa démission.
N’ayant manifestement pas l’appui des responsables palestiniens, Abou Mazen a finalement cédé aux multiples pressions palestiniennes et a remis sa démission.
Arafat a laissé durer le suspense pendant quelques heures pour finalement accepter officiellement le départ d’Abou Mazen. Il a chargé ce dernier d’expédier les affaires courantes avant de quitter son poste dans les jours à venir.
Son remplaçant devrait être nommé dans les trois semaines.
Abou Mazen a officiellement expliqué sa décision, par l’impasse du processus de paix, qu’il a imputé à Israël. Il a aussi accusé la pression des Etats-Unis et déploré le manque de soutien dont il bénéficiait de la part d’Arafat.
Il a précisé s’être battu contre «une résistance interne palestinienne dure et dangereuse contre son gouvernement», qualifiant ainsi les attaques d’Arafat contre lui.
Dans le journal New York Times de samedi, Abou Mazen avait explicitement dénoncé ses confrontations fréquentes avec Arafat et leurs duels pour la prise de pouvoir.
Par exemple, Arafat refusait toujours de céder le contrôle de la moitié des milices de sécurité palestiniennes à «son Premier ministre» ! De ce fait, Abou Mazen n’avait pas de contrôle possible sur le Hamas, le Djihad islamique ou le Fatah, mouvements terroristes agissant avec l’encouragement d’Arafat.
Arafat a donc réussi à évincer son chef de cabinet, qu’il jugeait trop proche des Etats-Unis et d’Israël, donc trop proche d’un possible processus de paix.
L’influence grandissante d’Arafat est redoutée par Israël et les Etats-Unis.
Après l’annonce de la démission d’Abou Mazen, le cabinet du Premier ministre israélien a déclaré, qu’Israël n’accepterait pas qu’Arafat prenne à nouveau les rênes du pouvoir au sein de l’Autorité palestinienne.
Le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom, a déclaré qu’il n’y aurait pas de négociations avec Arafat, ou un des hommes de sa mouvance. «Arafat fait partie du problème, et ne peut être une partie de la solution» a ajouté Shalom.
Comme signe de cette inquiétude, ce sont, à présent, des voix de personnalités israéliennes qui réclament l’expulsion d’Arafat de la région, ou même son élimination…
Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont exprimé leur préoccupation.
Le secrétaire à la Sécurité intérieure Tom Ridge, a estimé que la démission d'Abou Mazen entraînerait un retard inévitable pour le processus de paix.
Même le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin, a fait part, samedi, de ses regrets.
© aroutz7.com en français
Mis en ligne le 07 septembre 2003 sur le site www.upjf.org











