On peut lire une traduction française de cet accord sur notre site, ainsi que le communiqué négatif de l'Ambassade d'Israël en France.
Le Premier ministre palestinien, Ismail Haniyeh, et des membres du nouveau gouvernement,
à Gaza, le 15 mars 2007 (Photo : Reuters).
Après de longues et difficiles tractations, le Premier ministre palestinien issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a présenté, ce jeudi, la liste du futur gouvernement dunion nationale censé mettre fin à la crise politique interne sans précédent entre le Hamas et le Fatah. Plusieurs mois de violences interpalestiniennes ont fait des dizaines de morts. Le nouveau cabinet palestinien devrait, aussi, uvrer pour la levée des sanctions diplomatiques et financières occidentales imposées après la victoire du Hamas aux élections en mars 2006, les Etats-Unis et lUnion européenne ayant inclus le Hamas dans la liste des organisations terroristes.
Le nouvel exécutif palestinien, le premier au sein duquel cohabitent le Fatah et le Hamas depuis la création de lAutorité palestinienne en 1994, compte 25 ministres. Le Hamas du Premier ministre Ismaïl Haniyeh garde dix ministères, dont les portefeuilles de lEconomie, de la Justice et de lEducation. Il compte aussi un ministre dEtat (Wasfi Qabha). Pour sa part, le Fatah dispose de six portefeuilles dans le nouveau gouvernement, dont un poste de vice-Premier ministre (Azzam Al- Ahmad).
Les portefeuilles de lIntérieur et des Affaires étrangères ont été confiés à des indépendants. Hani Al-Qawasmeh, un haut responsable du ministère de lIntérieur, a été désigné à la tête de ce ministère. Le choix du titulaire de ce portefeuille-clé avait constitué le principal point dachoppement pendant les négociations entre le Hamas et le Fatah. Aux Affaires étrangères a été nommé Ziad Abou Amr, député indépendant, ancien conseiller du défunt dirigeant Yasser Arafat. Le portefeuille des Finances a été confié à Salam Fayyad, du petit parti Troisième Voie, poste quil avait déjà occupé dans le passé.
Refus israélien
A peine la composition du cabinet était-elle rendue public qu'Israël refusait de le reconnaître. «La position israélienne reste inchangée. Nous ne reconnaîtrons pas ce gouvernement ni ne traiterons avec lui», a déclaré Miri Eisin, la porte-parole de la présidence du Conseil. Israël considère que «la plateforme de ce gouvernement ninclut, ni explicitement ni implicitement, les trois principes internationaux de la reconnaissance d'Israël, de l'acceptation des accords passés et le renoncement au terrorisme», a souligné Miri Eisin tout en exprimant le souhait que la communauté internationale «fasse preuve de fermeté» en exigeant du nouveau gouvernement palestinien qu'il s'engage à respecter ces trois principes.
Cette première réaction officielle israélienne à l'annonce de la formation du cabinet palestinien d'union est venue contredire des déclarations d'un haut responsable israélien. Celui-ci avait estimé quIsraël adopterait une «approche pragmatique» en cas de libération du soldat Gilad Shalit, enlevé en juin 2006, et si cessent les tirs de roquettes contre le territoire israélien.
Attentisme américain
Avant de le juger, Washington attend de voir le programme du nouveau gouvernement palestinien, selon le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. De son côté, la Maison Blanche a exhorté le président palestinien «à trouver les moyens de remplir les conditions posées par le Quartette afin qu'il y ait des discussions avec le gouvernement d'Israël», selon le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow. La secrétaire dEtat américaine, Condoleezza Rice, qui se rendra la semaine prochaine au Proche-Orient, devrait rencontrer le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah, les 24 et 25 mars.
Réaction française : «L'investiture du nouveau gouvernement palestinien est de nature à ouvrir une page nouvelle dans les relations entre la communauté internationale et ce gouvernement», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, dans un message de félicitations adressé à son homologue palestinien, Ziad Abou Amr. Le chef de la diplomatie française a souligné que cette investiture «conduira aussi, naturellement, la communauté internationale à se montrer très exigeante vis-à-vis des autorités palestiniennes pour lutter contre les groupes terroristes et faire cesser toutes les formes de violence contre Israël et ses citoyens».
Pour la France, comme pour le Royaume-Uni, la mise en place du futur gouvernement doit être récompensée par un geste, même si Israël et les Etats-Unis exigent le respect de toutes les conditions. Selon des observateurs, lUnion européenne envisagerait de reprendre laide directe aux Palestiniens. Une des possibilités pourrait être de donner laide au ministre des Finances, Salam Fayyad, un modéré qui a déjà occupé ces mêmes fonctions de 2002 à 2005 dans un gouvernement du Fatah. Pour l'Union européenne, le futur gouvernement palestinien devra être jugé sur son programme et ses actes. «Nous ne prendrons aucune décision avant de pouvoir juger le programme et les actes du nouveau gouvernement», a souligné la porte-parole de la Commission pour les relations extérieures, Emma Udwin.
Samedi prochain, le nouveau gouvernement palestinien va présenter son programme politique devant le Parlement. Le Premier ministre, Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas, devrait sengager à «respecter les résolutions internationales et les accords signés par lOLP», comme le prévoit laccord de La Mecque, conclu le 8 février sous les auspices de l'Arabie saoudite.
Elisa Drago
© RFI Actualité
Mis en ligne le 19 mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org












