A nous la rue! Le CPE, exutoire d'une jeunesse déboussolée
Sous le titre laconique "Nuit du 31 mars", introduit par des superlatifs aussi grandiloquents que ridicules («manif sauvage - saut dialectique ! Nuit magnifique !», un contributeur dIndymedia Paris, dont nous reproduisons ici le laïus délirant, apporte involontairement un éclairage révélateur sur létat desprit dune partie de la jeunesse qui a perdu ses repères et joue à la prise de la Bastille («Paris, debout, réveille-toi, le peuple est dans la rue !»), alors quelle na rien à gagner, et tout à gâcher. Insultes grossières et saccages indiscriminés (quelques vitrines de banques défoncées, la permanence de Pierre Lellouche vandalisée - pourquoi lui ?) tiennent lieu de programme politique et citoyen. En guise de Marseillaise on hurle son mépris pour la gentillesse et lidéalisme (« Amélie Poulain, aux chiottes !»). Tristes comportements, plus ou moins explicitement encouragés par la lâcheté et le cynisme dune bonne partie des parlementaires et des syndicats de gauche, qui linstrumentalisent pour reconquérir le pouvoir, et par le silence, mi-apeuré, mi-politiquement correct, dune opinion publique qui nose pas "déplaire aux jeunes". La chienlit, en somme. (Menahem Macina).
Mise en ligne : 04/04/2006