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La Haut-Commissaire des Nations Unies Mary Robinson à Durban: "Je suis juive"
Par Herb Keinon et Janine ZachariaTraduction par Menahem Macina
The Jerusalem Post, 30 août 2001
Hier soir, au cours d’un dîner d'Organisations Non Gouvernementales, Mary Robinson, Haut-Commissaire des Nations Unies, brandissant un livre de dessins antisémites distribué à la conférence contre le racisme de Durban, s ’est écriée, dans un geste dramatique d'identification avec les Juifs calomniés dans la brochure : "Je suis juive"
Shimon Samuels, du Centre Simon Wiesenthal, à Paris, rapporte qu'après qu'il ait montré la brochure à Robinson, elle s'est levée, l’a agitée en disant : "Cette conférence se propose de promouvoir la dignité humaine. Mon mari est caricaturiste, j'aime les caricatures politiques, mais quand je vois le racisme de cette brochure de caricatures de l'Union des Avocats arabes, je dois dire que je suis juive - car ces victimes sont blessées. Je sais qu’il vous sera difficile de me comprendre, mais vous êtes mes amis, aussi je vous dis que je suis juive, et que je n'accepterai pas que ces machinations torpillent la conférence."
Selon Samuels, qui est à la tête du Comité juif à la conférence contre le racisme, la brochure qui, dit-il, contient d’abominables caricatures antisémites, a été distribuée au bureau d’accueil et d’enregistrement des congressistes, et plusieurs groupes juifs à Durban se sont plaints à ce propos.
En attendant, moins de 24 heures avant l’heure fixée pour le décollage de l'avion de la délégation israélienne pour la conférence des Nations Unies contre le racisme, à Durban, aucune décision n'a encore été prise concernant la participation israélienne et son niveau de représentation.
"Nous devrons décider ce matin, parce que notre dernier avion en partance est pour demain soir", a déclaré un fonctionnaire du Ministère des Affaires Etrangères qui doit participer à la conférence.
Les Etats-Unis ont annoncé hier qu’ils envoyaient en Afrique du Sud le sous-Secrétaire d'Etat pour les Questions d’Organisation Internationale, Michael Southwick, et une petite délégation, pour essayer de modifier la formulation du communiqué final proposé, qui est blessante pour Israël et pour les Juifs, et ce avant l’ouverture de la conférence qui a lieu demain.
Richard Boucher, le porte-parole du Département d'Etat, a indiqué que Southwick pourrait quitter Durban avant l'ouverture officielle de la conférence, si les passages visant Israël ne sont pas enlevés.
Le Département d'Etat a annoncé au début de cette semaine que le Secrétaire d'Etat Colin Powell n’assisterait pas à la Conférence en raison des clauses anti-israéliennes.
La semaine dernière, le Président George W. Bush a affirmé que les Etats-Unis ne participeront pas du tout à la conférence si celle-ci "critique violemment" ou dénigre Israël pour son traitement des Palestiniens.
"Nous avons estimé qu’il était nécessaire que nous ayons des représentants là-bas pour faire ce que le Président nous a demandé de faire, c’est-à-dire travailler à éliminer cette langage", a dit Boucher hier. "Si nous y parvenons, nous pourrons ensuite prendre les décisions subséquentes concernant la manière dont nous participerons." Si Southwick reste, Israël devra décider s’il délègue le vice-Ministre des Affaires étrangères, Michael Melchior, ou un fonctionnaire de rang inférieur.
On rapporte que certains dirigeants juifs américains qui ont influencé Powell pour qu’il n’assiste pas à la conférence, ont insisté auprès de Melchior pour qu’il n’y aille pas.
Une source au Ministère des Affaires Etrangères a affirmé que si une délégation était envoyée, ce devrait être à un niveau qui lui permette d'être aussi efficace que possible.
Les tentatives faites par les Etats-Unis pour éliminer la phraséologie anti-israélienne des résolutions proposées n’ont pas encore abouti, ont indiqué les fonctionnaires israéliens.
Une source au fait des intentions américaines a indiqué que le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, aurait persuadé Powell que les formulations critiquées – y compris les clauses décrivant le sionisme comme un mouvement basé sur la supériorité raciale, et d'autres décrivant les actions israéliennes comme une purification ethnique – ne pourraient être supprimées du document que si une délégation américaine était présente pour appuyer une telle mesure.
Le ministre canadien des Affaires Etrangères, John Manley, a déclaré qu'il n ’avait toujours pas décidé s’il serait présent, et que le Canada avait de "très sérieuses" préoccupations à propos d’une pression visant à stigmatiser Israël.
Se faisant l’écho de commentaires émis auparavant par Powell, Manley a déclaré : "le but de cette conférence est de tracer des repères que les nations devraient observer pour tenter d’éradiquer les pratiques racistes. Il ne devrait viser aucun pays en particulier. Le texte que j’ai vu, tel qu’ il est va beaucoup trop loin en singularisant un pays, en l’occurrence, Israël."
Selon un rapport reçu par le Ministère des Affaires Etrangères, un groupe de l'Union Mondiale des Etudiants Juifs, qui avait érigé un stand, hier, lors de la session de la conférence réservée aux Organisations Non Gouvernementales, a été pris à partie par des étudiants palestiniens qui chantaient des slogans anti-Israéliens.
Selon ce Ministère, les étudiants juifs ont chanté: "Nous ne disons qu’une chose : donnez une chance à la paix." Les Palestiniens ont répondu par le chant : "Nous libérerons la Palestine par le sang et par le feu." Ce n’est là qu’une des nombreuses plaintes exprimées par des groupes juifs en matière de harcèlement, bien que le directeur de la conférence, Moshe More, affirme qu’aucun incident sérieux n’a été rapporté jusqu'ici.
Pour sa part, Anne Bayefsky, professeure à la Faculté de Droit de l'Université de Colombia, à New York, a déclaré : "Je me sens assiégée, il y a de la littérature d'antisémitisme et de haine à la conférence mondiale sur le racisme. Rien de pire ne pouvait arriver. Certains délégués juifs cachent leur badge d'accréditation parce qu'il les identifie comme venant d'Israël, ou comme juif. Certains envisagent quitter carrément Durban." D’autres, plus nombreux, disent : "Les protestataires peuvent exprimer leurs opinions, mais nous avons un solide contingent de police. Il n'y a eu aucune attaque physique contre quiconque." Stacy Burdett, qui représente la Ligue contre la Diffamation [et l’antisémitisme], a affirmé que plusieurs des 200 représentants juifs à Durban ont été choqués du traitement qui leur a été réservé, et qu’ils se sont sentis injustement singularisés.
Des brochures distribuées lors de la réunion des ONG caricaturaient les juifs, et des affiches portaient des slogans sur une étoile de David avec une croix gammée. Beaucoup de délégués pro-Palestiniens portaient des t-shirts frappés d’un slogan identifiant Israël à la ségrégation et au colonialisme, et le désignant comme une puissance d'occupation qui tue des civils.
"On perçoit un réel sentiment d'hostilité envers les personnes juives", dit Karen Pollock, directeur de l’Holocaust Education Trust, de Londres. " On nous menace." La police sud-africaine a affirmé que la sécurité des 7.000 délégués qui assistent à la réunion est une haute priorité, et que plus de 3.000 policiers et soldats ont été déployés.
© The Jerusalem Post











